Côte d'Ivoire :Cacao en crise, Koné Moussa (SYNAP-CI) hausse le ton: « Tant que les stocks de la grande campagne ne sont pas évacués, nous n'accepterons pas de vendre notre cacao à 1 200 FCFA »
La tension monte dans la filière café-cacao. En tournée dans le district des Montagnes, le président du SYNAP-CI, Koné Moussa, a lancé un avertissement ferme aux acteurs du secteur : les producteurs refusent désormais toute vente à perte et pourraient durcir leur position si leurs revendications ne sont pas satisfaites.
Jeudi 26 mars 2026, près de 20 000 producteurs se sont mobilisés à Méo, dans le département de Toulépleu, pour écouter le leader syndical. Une mobilisation massive qui témoigne du climat de frustration grandissant au sein des planteurs, confrontés à une chute brutale des prix et à des difficultés persistantes de commercialisation.
Au cœur des revendications : l’effondrement du prix du cacao, passé de 2 800 FCFA/kg lors de la grande campagne à seulement 1 200 FCFA pour la petite campagne. Une baisse que les producteurs jugent insoutenable, d’autant plus que des stocks importants restent invendus.
Selon les données évoquées lors de la rencontre, entre 55 000 et 60 000 tonnes de cacao issues de la grande campagne demeurent encore dans les coopératives, faute de rachat. Une situation qui expose les producteurs à des pertes financières considérables.
« Tous les producteurs ont vendu leur cacao après l’annonce du prix garanti, mais la commercialisation est aujourd’hui bloquée », a dénoncé Koné Moussa, pointant une gestion défaillante du système d’écoulement.
Le président du SYNAP-CI n’a pas hésité à mettre en cause certaines pratiques dans la filière, évoquant des transferts de stocks vers des pays voisins ainsi que des incohérences dans la gestion des fonds destinés au rachat.
Il a notamment soulevé des interrogations autour des financements publics mobilisés pour soutenir la filière, appelant à plus de transparence et à une vigilance accrue des producteurs.
Une menace claire : blocage du cacao
Mais c’est surtout la fermeté du message lancé qui marque un tournant. Face à la situation, Koné Moussa a annoncé une ligne dure : « Tant que les stocks de la grande campagne ne seront pas évacués, nous n’accepterons pas de vendre notre cacao à 1 200 FCFA. Rien ne doit quitter nos plantations pour Abidjan. »
Cette déclaration sonne comme une menace directe de blocage de la chaîne d’approvisionnement, avec des conséquences potentiellement lourdes pour l’ensemble de la filière cacao ivoirienne, pilier de l’économie nationale.
Soutenus par les autorités locales et les représentants communautaires présents, les producteurs affichent une unité renforcée autour de leur leader. Leur objectif, contraindre les autorités et les acteurs du secteur à rétablir des conditions de commercialisation équitables.
La tournée de Koné Moussa se poursuivra à Duékoué, où d’autres mots d’ordre pourraient être annoncés. À terme, le syndicat entend structurer une riposte organisée, dans le respect des règles, mais avec une détermination affichée.
Dans un contexte de crise persistante, la filière cacao ivoirienne entre ainsi dans une phase de tension ouverte, où le bras de fer entre producteurs et institutions semble désormais inévitable.
Wassimagnon
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