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Côte d'Ivoire : Éducation privée,105 milliards FCFA d'impayés, des établissements au bord de l'axphixie, la colère des fondateurs monte d'un cran
 

Côte d'Ivoire : Éducation privée,105 milliards FCFA d'impayés, des établissements au bord de l'axphixie, la colère des fondateurs monte d'un cran

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 23 avril 2026 - 15:04


La tension monte dans le secteur de l’éducation privée en Côte d’Ivoire. La Coordination des faîtières du secteur éducation-formation ne cache plus son inquiétude face à une situation financière jugée critique. Son porte-parole, Bety Effinistand, alerte avec gravité : « Nous prenons l’opinion à témoin d’une situation d’une extrême gravité qui menace la survie même de l’école ivoirienne. »


Au cœur de la crise, un chiffre alarmant : 105 milliards de francs CFA. Il s’agit du montant que l’État doit encore aux fondateurs d’établissements privés pour l’année scolaire 2024-2025. Une dette colossale qui exacerbe les tensions entre les acteurs du secteur et les pouvoirs publics. « Sur un budget de 120 milliards, seulement 15 milliards ont été payés », précise Karamoko Ibrahim, président de la FENEPLACI, lors d’un échange avec la presse. « Il reste donc 105 milliards impayés, sans même évoquer l’année scolaire 2025-2026 », ajoute-t-il.


Pour les responsables du secteur, cette situation résulte en grande partie d’un circuit de paiement jugé excessivement long et inefficace. Théoriquement prévu pour s’effectuer en deux semaines, le processus peut s’étendre sur plusieurs mois, en violation de la convention de 1992 qui encadre les relations entre l’État et les établissements privés, laquelle prévoit des paiements échelonnés dès le mois de mars.

« Aujourd’hui, nous cumulons plus de deux ans d’arriérés. Comment voulez-vous que les établissements tiennent dans ces conditions ? », s’interroge Karamoko Ibrahim.


Les conséquences de ces retards sont déjà visibles sur le terrain. De nombreux établissements peinent à assurer leur fonctionnement : salaires des enseignants en retard, factures impayées, activités pédagogiques perturbées.


« Les fondateurs sont exsangues », martèle Bety Effinistand, évoquant un risque réel de faillites en cascade si la situation perdure.


À cette crise financière s’ajoute une autre source de tension : le recrutement par l’État de 2 000 enseignants en pleine année scolaire. Si le principe n’est pas contesté, son calendrier suscite de vives critiques.

« Le problème n’est pas le recrutement, mais le moment choisi », explique le porte-parole. « Lorsqu’il intervient en fin d’année, pendant les vacances, nous pouvons nous adapter. Mais en pleine préparation des examens, cela crée un véritable choc. »


 

Pour Karamoko Ibrahim, cette situation perturbe profondément le suivi pédagogique : « Un enseignant qui a accompagné ses élèves pendant sept mois doit pouvoir terminer l’année avec eux. Il existe un lien pédagogique, mais aussi affectif. » Ces départs en cours d’année entraînent, selon lui, « un déséquilibre moral et académique » chez les élèves.


Face à ces départs, les établissements tentent de s’adapter tant bien que mal : redistribution des heures de cours, surcharge de travail pour les enseignants restants, organisation de sessions de rattrapage. « Ce sont des palliatifs, pas des solutions durables », reconnaît le président de la FENEPLACI.


Les responsables pointent également un problème plus profond : un déséquilibre budgétaire structurel hérité de la période Covid-19. « Chaque année, on règle les dettes de l’année précédente avec le budget en cours », explique Karamoko Ibrahim, décrivant un système devenu intenable.

Autre source de frustration : l’absence de concertation avec les autorités. « Nous sommes trop souvent mis devant le fait accompli », déplore Bety Effinistand, rappelant que le protocole de 2016 prévoyait pourtant un cadre de dialogue permanent, resté sans application effective.


Malgré la montée des tensions, les organisations du secteur se veulent responsables. Elles appellent à un apurement immédiat des 105 milliards dus, à une meilleure fluidité des paiements et à l’instauration d’un dialogue constructif avec les pouvoirs publics.


Elles s’appuient sur un constat majeur : l’enseignement privé scolarise plus de 60 % des élèves en Côte d’Ivoire, à travers plus de 3 000 établissements.


 

À l’approche des examens, l’enjeu dépasse désormais la seule question financière. C’est l’équilibre global du système éducatif ivoirien qui est en jeu. Et cette fois, les acteurs du privé semblent déterminés à faire entendre leur voix au-delà des simples alertes.


Wassimagnon





 
 
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