Côte d'Ivoire : PPA-CI, après une tribune de Nady Bamba, le militant Ambroise Gnahoua dénonce une dérive idéologique et juge cette sortie de «catastrophique»
La tribune publiée par Nady Bamba épouse Gbagbo continue de provoquer des secousses au sein du PPA-CI. En contestant publiquement l’idée selon laquelle « la gauche ivoirienne n’existerait pas », le militant Ambroise Gnahoua a ouvert un débat sur l’identité idéologique du parti, la liberté de contradiction autour de Laurent Gbagbo et les tensions internes qui traversent actuellement la formation politique à quelques jours de son premier congrès ordinaire.
Une publication d'Ambroise Gnahoua, mardi 5 mai 2026, continue de susciter de vives réactions au sein des militants et sympathisants du PPA-CI. Dans une longue déclaration publiée au lendemain de la polémique, le militant du parti de Laurent Gbagbo est revenu en détail sur les critiques et accusations formulées contre lui après sa prise de position publique contre les propos de Nadiany Bamba épouse Gbagbo, selon lesquels « la gauche ivoirienne n’existerait pas ».
Dans son texte, Ambroise Gnahoua assume pleinement sa sortie et revendique le droit au débat contradictoire au sein de sa famille politique. Pour lui, les réactions hostiles enregistrées depuis sa publication traduisent soit une volonté d’intimidation, soit une incapacité à répondre sur le fond de son argumentaire.
Le militant du PPA-CI affirme avoir parfaitement lu et compris la tribune de Nadiany Bamba Gbagbo, contrairement à ce que certains de ses contradicteurs tentent de faire croire. Il explique avoir volontairement limité sa première réaction à la question de l’existence de la gauche ivoirienne, afin, dit-il, de rester mesuré face à un texte qu’il juge « catastrophique » pour le parti, à seulement quelques jours du premier congrès ordinaire du PPA-CI.
Ambroise Gnahoua s’interroge notamment sur le timing et les motivations de cette tribune signée par celle qui s’est présentée comme « militante de base ». « Pourquoi cette tribune, pour quoi dire ? Pourquoi maintenant et pourquoi elle ? », questionne-t-il, tout en promettant de revenir ultérieurement sur ces interrogations.
L’un des principaux griefs formulés contre lui concerne le fait d’avoir publiquement contredit l’épouse du président Laurent Gbagbo. Une critique qu’il rejette fermement. Selon lui, le débat démocratique a toujours existé dans la gauche ivoirienne, y compris à l’époque du Front populaire ivoirien (FPI), lorsque Simone Ehivet Gbagbo était régulièrement contestée publiquement par des militants de base malgré son statut de vice-présidente du parti et de Première dame.
Ambroise Gnahoua considère donc comme « inacceptable » toute tentative visant à faire taire les opinions divergentes au sein du parti. Il rappelle par ailleurs qu’il ne s’est jamais associé aux attaques personnelles ou aux débats « nauséeux » visant Nadiany Bamba sur les réseaux sociaux depuis le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Toutefois, insiste-t-il, dès lors qu’elle intervient dans le champ politique, elle s’expose naturellement à la contradiction.
Dans sa déclaration, le militant du PPA-CI réfute également l’idée selon laquelle son désaccord avec Nadiany Bamba reviendrait à contester le rôle central de Laurent Gbagbo dans la gauche ivoirienne. Au contraire, affirme-t-il, l’ancien président est depuis longtemps la référence politique et morale de cette famille politique, notamment depuis sa décision historique d’affronter Félix Houphouët-Boigny lors du multipartisme en 1990.
Pour Ambroise Gnahoua, cette réalité est déjà acquise et ne nécessite aucune proclamation particulière. Il estime même que réduire aujourd’hui Laurent Gbagbo au simple statut de « référence de la gauche ivoirienne » constitue une régression politique, au regard de la dimension internationale acquise par l’ancien chef de l’État après son acquittement à la Cour pénale internationale et son retour au pays.
Le militant s’interroge aussi sur les difficultés électorales rencontrées par le camp Gbagbo depuis le retour de son leader. « Comment expliquer que depuis cette éclatante victoire internationale et son retour, nous allions de défaites en défaites au plan local ? », lance-t-il, ouvrant ainsi un autre front de réflexion sur l’avenir politique du PPA-CI.
Ambroise Gnahoua dénonce en outre les tentatives visant à associer ses prises de position à Jean-Gervais Tchéidé, secrétaire général du parti dont il est le directeur de cabinet. Il insiste sur le fait qu’il s’exprime exclusivement en son nom personnel et refuse toute instrumentalisation de sa fonction pour mettre en difficulté le responsable politique.
Enfin, il revient sur une ancienne polémique concernant son départ du FPI. Il affirme n’avoir jamais démissionné du parti, mais seulement quitté en 2017 ses fonctions de représentant du FPI au Sénégal après sa nomination comme chef de cabinet du directeur général de l’ASECNA, un poste incompatible avec des responsabilités politiques actives. Il menace désormais de publier sa lettre de démission de fonction afin de faire taire ceux qu’il accuse de propager des « mensonges » à son sujet.
À travers cette nouvelle sortie, Ambroise Gnahoua relance ainsi le débat sur la liberté d’expression interne, la structuration idéologique du PPA-CI et le positionnement actuel de la gauche ivoirienne. Une polémique qui intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le parti de Laurent Gbagbo, à l’approche de son premier congrès ordinaire.
Jean Chresus, Abidjan
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