Côte d'Ivoire : Le STAM 2026 porte le projet ambitieux d'une usine de smartphones au VITIB à Grand-Bassam
La Côte d’Ivoire veut désormais passer du statut de simple consommateur de technologies à celui de producteur industriel dans le secteur du numérique. Cette ambition a été affichée avec force par Kodioro Fofana, promoteur de l’innovation technologique et commissaire général du Salon des Téléphones et Applications Mobiles d’Afrique (STAM), lors du lancement officiel de la troisième édition du salon, le mercredi 13 mai 2026 à la Maison de l’Entreprise, à Abidjan-Plateau.
Prévu les 8 et 9 juillet prochains au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan, le STAM 2026 réunira des acteurs du numérique, des startups, des universitaires, des entrepreneurs ainsi que plusieurs partenaires institutionnels autour du thème : « L’Afrique, un laboratoire d’innovation mobile : enjeux et perspectives».
Au-delà des conférences et expositions technologiques, cette édition porte une ambition industrielle majeure : jeter les bases de la construction d’une usine de fabrication de smartphones au Village des Technologies de l’Information et de la Biotechnologie (VITIB) de Grand-Bassam.
Pour Kodioro Fofana, l’Afrique doit désormais conquérir les segments stratégiques de la chaîne de valeur technologique afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des grandes puissances industrielles.
« Nous ne pouvons pas rester éternellement dans la simple digitalisation. Si nous nous limitons à la consommation des technologies, nous perdons une grande partie de la valeur ajoutée. L’Afrique doit transformer et produire ses propres smartphones », a-t-il déclaré.
Le promoteur du STAM entend s’appuyer sur les compétences locales pour concrétiser cette vision. Il souhaite notamment mobiliser les étudiants issus des filières scientifiques, technologiques et artistiques afin de créer une synergie entre innovation, recherche et design industriel.
Selon lui, cette initiative s’inscrit pleinement dans les orientations du Plan national de développement (PND) 2026-2030, qui accorde une place stratégique à la transformation numérique et industrielle de la Côte d’Ivoire.
« À l’issue de cette édition du STAM, nous espérons disposer des bases nécessaires pour avancer vers la création d’une usine de smartphones à l’horizon 2030 », a-t-il affirmé.
Le Village des Technologies de l’Information et de la Biotechnologie (VITIB), situé à Grand-Bassam, apparaît comme le site privilégié pour accueillir ce futur projet industriel.
Déjà présenté comme un pôle technologique stratégique en Afrique de l’Ouest, le VITIB pourrait ainsi devenir un centre régional de production et d’innovation dans l’industrie mobile.
Les organisateurs du STAM ambitionnent de fédérer autour de ce projet un véritable écosystème africain du numérique, capable de stimuler la création d’emplois, la recherche appliquée et le transfert de compétences technologiques.
Présent à la cérémonie au nom du ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Coulibaly Lamine a salué une initiative qu’il considère comme porteuse d’avenir pour l’industrialisation du pays. Il a estimé que la fabrication locale de smartphones pourrait constituer une étape importante dans la stratégie ivoirienne de transformation industrielle.
Dans la même dynamique, un expert de la Société pour le Développement Minier de la Côte d’Ivoire (SODEMI) a révélé que plusieurs études géologiques en cours laissent entrevoir la présence potentielle de minerais stratégiques dans le sous-sol ivoirien, notamment le lithium, le coltan et certaines terres rares.
Ces ressources sont aujourd’hui essentielles à la fabrication des composants électroniques et des équipements mobiles.
Le STAM 2026 sera marqué par des panels, conférences et keynotes consacrés aux innovations technologiques africaines. Les startups pourront également présenter leurs solutions dans des secteurs stratégiques tels que la santé, l’agriculture, l’éducation et les services numériques.
Les organisateurs annoncent la participation d’environ 5 000 visiteurs, 80 exposants et une dizaine de pays invités. Le comité scientifique de cette troisième édition est présidé par Kamaté André Banhouman, universitaire et spécialiste des questions technologiques, chargé d’accompagner la réflexion autour des enjeux industriels et numériques du continent.
À travers cette initiative, la Côte d’Ivoire affiche sa volonté de devenir un futur hub africain de l’industrie mobile en misant sur l’innovation locale, la formation des talents et la transformation industrielle.
Wassimagnon
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