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Côte d'Ivoire : Femmes et enfants exposés, le scandale silencieux des produits éclaircissants dénoncé à Yopougon-Gesco
 

Côte d'Ivoire : Femmes et enfants exposés, le scandale silencieux des produits éclaircissants dénoncé à Yopougon-Gesco

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 14 mai 2026 - 13:11

Marcellin Doh à Yopougon Gesco ce jeudi (Ph Koaci)


Au cœur de Gesco, dans un quartier populaire de Yopougon, le Groupe scolaire protestant évangélique UEESO a transformé, ce jeudi 14 mai 2026, sa cérémonie marquant le départ des élèves pour les grandes vacances en une tribune de sensibilisation contre un phénomène devenu un véritable enjeu de santé publique : la dépigmentation artificielle.


Dans une ambiance festive mêlée à un message de forte portée citoyenne, éducateurs, parents d’élèves et acteurs de la société civile ont été interpellés sur les ravages silencieux des produits cosmétiques non conformes qui envahissent les marchés ivoiriens.


Invité à prendre la parole à cette occasion, Marcellin Doh, président de l’ONG Centre d’éducation médicale et citoyenne de Côte d’Ivoire (CEMC-CI), coordonnateur national du programme de prévention contre la dépigmentation artificielle et président du collectif des ONG engagées dans cette lutte, a livré un message sans détour. Face à une assistance composée d’enfants, de parents et de responsables éducatifs, il a appelé à un renforcement urgent des mécanismes de protection des consommateurs, particulièrement les femmes et les enfants, exposés à des substances dangereuses aux conséquences parfois irréversibles.


Pour lui, il devient impératif d’agir dès le plus jeune âge afin de déconstruire les stéréotypes liés à la couleur de peau et restaurer chez les enfants le sens de l’estime de soi. Selon Marcellin Doh, la sensibilisation des plus jeunes constitue aujourd’hui une étape essentielle dans la lutte contre cette pratique, dont les victimes se recrutent désormais jusque dans les milieux scolaires. Il estime que l’enfant doit apprendre très tôt à accepter son identité physique et à comprendre que la peau représente un organe vital, un rempart naturel qu’il faut préserver et non agresser à travers l’usage de substances éclaircissantes.


Dans un ton grave, il a rappelé que l’utilisation de produits destinés à éclaircir la peau d’un enfant mineur constitue une violence et peut être assimilée à une atteinte à l’intégrité physique de celui-ci. Selon lui, toute personne — parent, tuteur ou proche — appliquant volontairement de telles substances sur un enfant s’expose à des poursuites judiciaires. Un message qu’il dit porter en cohérence avec les orientations des autorités sanitaires et sociales du pays.


Au-delà du cercle familial, Marcellin Doh a également lancé un appel appuyé aux responsables religieux, qu’il invite à sortir du silence sur cette question. Pour le président du CEMC-CI, les communautés religieuses doivent désormais s’impliquer activement dans la prévention contre la dépigmentation artificielle, qu’il considère comme un danger sanitaire majeur. Selon lui, chercher à modifier sa couleur de peau revient à rejeter son identité naturelle, avec des conséquences médicales souvent lourdes : maladies dermatologiques, complications organiques, fragilité cutanée et parfois cancers de la peau.


 

« L’heure n’est plus au tabou », a-t-il insisté, appelant les leaders spirituels à jouer un rôle pédagogique auprès de leurs fidèles afin d’éviter que des comportements dangereux continuent d’être banalisés dans les familles et les communautés. Dans son intervention, il a regretté une certaine passivité autour du sujet alors même que les conséquences médicales se multiplient.


Le responsable associatif a également profité de cette tribune pour dénoncer la circulation massive de produits cosmétiques jugés toxiques ou interdits sur le marché ivoirien. Selon lui, malgré les risques encourus par les consommateurs, de nombreuses substances continuent d’être vendues dans une relative impunité, exposant quotidiennement des milliers de femmes et de jeunes filles à des dangers invisibles. Il a invité les autorités compétentes, notamment les structures en charge de la santé publique, de la police sanitaire, du contrôle qualité et de la répression des fraudes, à intensifier les contrôles afin d’assainir le secteur cosmétique.


Estimant que « trop, c’est trop », Marcellin Doh a exhorté le gouvernement à assumer pleinement ses responsabilités face à ce qu’il qualifie d’urgence sanitaire nationale. Il a plaidé pour des actions plus visibles sur le terrain, des sanctions plus fermes contre les distributeurs de produits dangereux et une vaste campagne nationale de sensibilisation au plus près des populations.


À ses côtés, le directeur du Groupe scolaire protestant évangélique UEESO de Gesco, Mahan Betherand, a expliqué les motivations de cette initiative. Si l’établissement célébrait initialement la fête de fin d’année scolaire avant les grandes vacances, les responsables éducatifs ont tenu à associer cette célébration à une action de sensibilisation sur les risques liés à la dépigmentation artificielle. Une décision qu’il justifie par les dégâts observés dans la société, notamment chez les jeunes filles et les femmes.


Pour le responsable scolaire, il est fondamental que l’éducation commence dès l’école primaire, période où les comportements et les perceptions de soi se construisent. En exposant les enfants à des messages de prévention dès leur plus jeune âge, l’école espère contribuer à former une génération plus consciente des dangers liés à ces pratiques esthétiques extrêmes.


La présence des parents d’élèves à cette cérémonie a également constitué une opportunité pour diffuser plus largement ce message de prévention. Le directeur a insisté sur la nécessité de sensibiliser non seulement les enfants, mais aussi leurs familles, souvent premières prescriptrices ou témoins silencieux de ces pratiques. Il a enfin plaidé pour que les autorités éducatives intègrent officiellement des modules de sensibilisation sur les dangers de la dépigmentation artificielle dans les activités extrascolaires des établissements du pays.


 

À Gesco, derrière les chants d’enfants et l’ambiance de fête de fin d’année, un message fort a donc été lancé : celui d’une société appelée à protéger ses enfants contre les diktats de la peau claire et contre un marché cosmétique parfois incontrôlé. Car pour les acteurs mobilisés, prévenir aujourd’hui, c’est éviter demain des drames sanitaires et psychologiques qui touchent déjà de nombreuses familles ivoiriennes.





Jean Chresus, Abidjan


 
 
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