Côte d'Ivoire : Enseignement supérieur, Adama Diawara dévoile sa vision pour une université ivoirienne plus performante et tournée vers l'emploi
Face à un amphithéâtre comble réunissant enseignants-chercheurs, personnels administratifs et techniques (PAT) ainsi que d'étudiants de l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB), le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, a dressé un état des lieux sans complaisance du système universitaire ivoirien. Durant plusieurs heures d’échanges directs et ouverts, il a répondu aux nombreuses préoccupations de la communauté universitaire, tout en présentant les grandes orientations destinées à renforcer la compétitivité et la qualité de l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire.
Dès l’ouverture de la rencontre, le ministre a rappelé que les réformes entreprises dans le secteur s’inscrivent dans la vision de modernisation portée par le Président de la République, Alassane Ouattara, depuis son accession au pouvoir.
« Nous sommes dans un système dynamique. Les problèmes d’hier ne sont pas forcément ceux d’aujourd’hui. Il faut constamment adapter nos réponses, sinon nous sommes vite dépassés », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’enseignement supérieur ivoirien fait face à plusieurs défis majeurs, notamment l’insuffisance des capacités d’accueil des universités publiques, le déficit d’enseignants dans certaines filières scientifiques, les faibles performances académiques dans certains domaines ainsi que l’inadéquation persistante entre les formations dispensées et les besoins du marché de l’emploi.
Adama Diawara a mis en avant les avancées réalisées depuis 2011 en matière d’infrastructures universitaires. Il a souligné que le nombre d’universités publiques est passé de trois à dix établissements à travers le pays, témoignant de la volonté de l’État de rapprocher l’enseignement supérieur des populations.
« En 2011, nous avions trois universités publiques. Aujourd’hui, nous en comptons dix. Ce sont des réalisations concrètes et vérifiables », a-t-il affirmé.
Parmi ces établissements figure notamment l’Université d’Odienné, la dixième université publique de Côte d’Ivoire, implantée sur un vaste campus de 402 hectares destiné à soutenir le développement de l’enseignement supérieur dans le nord-ouest du pays.
Le ministre a également évoqué l’ambitieux projet de la ville universitaire d’Adiaké, actuellement en construction dans le cadre du Programme de Décentralisation des Universités (PDU).
Conçue comme un pôle d’excellence technologique à vocation sous-régionale, cette future cité universitaire sera spécialisée dans les disciplines stratégiques telles que les mathématiques, la physique, l’informatique, l’intelligence artificielle, l’ingénierie et les technologies appliquées.
Ce projet vise à former une nouvelle génération de compétences capables de répondre aux exigences de la transformation numérique et industrielle de l’économie ivoirienne et africaine.
Abordant la question du chômage des diplômés, Adama Diawara a reconnu qu’il s’agit d’une préoccupation importante pour les étudiants et leurs familles. Il a insisté sur la nécessité de renforcer l’adéquation entre les programmes universitaires et les besoins réels des entreprises.
« Nous devons former des diplômés dont les compétences correspondent réellement aux attentes du marché du travail », a-t-il expliqué.
Dans cette perspective, le ministère entend renforcer davantage l’apprentissage de l’anglais, de l’informatique, du numérique et de l’entrepreneuriat dans les cursus universitaires. L’objectif est de favoriser non seulement l’employabilité des diplômés, mais également leur capacité à créer eux-mêmes des opportunités économiques.
Le ministre a également annoncé la mise à disposition de nouveaux mécanismes de financement destinés à soutenir la recherche scientifique et l’innovation.
Ces fonds permettront d’accompagner des projets à fort potentiel économique et social, tout en encourageant la valorisation des résultats de la recherche au service du développement national.
Pour Adama Diawara, l’université doit être un acteur majeur de la transformation économique du pays à travers la production de connaissances, l’innovation technologique et la formation de ressources humaines hautement qualifiées.
Satisfait des progrès réalisés ces dernières années, le ministre s’est félicité du positionnement croissant des établissements ivoiriens dans les classements universitaires africains.
« Aujourd’hui, l’Université Félix Houphouët-Boigny figure parmi les meilleures universités du continent. Cela montre que les efforts consentis portent leurs fruits », a-t-il souligné.
Cette amélioration de la visibilité internationale traduit, selon lui, les investissements réalisés dans les infrastructures, la gouvernance universitaire, la recherche scientifique et la qualité des enseignements.
Au terme de cette rencontre marquée par un dialogue franc et constructif, les enseignants, les personnels administratifs et techniques ainsi que les étudiants ont salué la disponibilité du ministre et la clarté de ses réponses.
Nombre d’entre eux ont exprimé leur satisfaction d’avoir pu échanger directement avec le premier responsable du secteur et de constater la volonté des autorités de les associer aux réflexions sur l’avenir de l’enseignement supérieur.
Cette séance d’échanges aura ainsi permis de réaffirmer les ambitions du gouvernement pour une université ivoirienne plus performante, davantage connectée aux réalités économiques et résolument tournée vers l’innovation, la recherche et l’excellence.
Wassimagnon
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