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Cameroun : Un chef traditionnel, recherché après la mort de deux hommes brûlés vifs dans sa chefferie, a été capturé par la gendarmerie
 

Cameroun : Un chef traditionnel, recherché après la mort de deux hommes brûlés vifs dans sa chefferie, a été capturé par la gendarmerie

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 17 juin 2026 - 13:21


Charly Constant Noussi Pokam, chef supérieur du village Baloum, département de la Menoua, dans la région de l'Ouest du Cameroun situé dans l'arrondissement de Penka-Michel, a été appréhendé par la gendarmerie nationale après avoir été activement recherché à la suite de la mort de deux jeunes hommes survenue le 5 juin 2026 dans l'enceinte même de sa chefferie.



Les faits



Selon les témoignages recueillis, Ndiffo Steve Achille Sijamo et Kamta Bostel auraient été appréhendés et conduits à la chefferie après avoir été accusés de vol de tôles. Sur des images largement diffusées sur les réseaux sociaux, l'un des deux hommes clame son innocence et réclame que des témoins soient entendus pour confirmer sa version des faits. Selon plusieurs sources, des propos lui auraient été attribués au chef, lui annonçant qu'il ne quitterait pas les lieux vivant. De l'essence aurait ensuite été versée sur lui avant que le feu ne soit allumé, sous le regard du chef traditionnel, d'après les témoignages disponibles.



À ce stade, aucune source officielle - gendarmerie, parquet ou ministère de l'Administration territoriale - n'a confirmé la nature exacte du rôle joué par le chef dans le déroulement des faits. L'enquête judiciaire, désormais ouverte, devra établir les responsabilités.



Mandat d'amener


 

Le 16 juin 2026, la gendarmerie nationale a diffusé un avis de recherche urgent visant Charly Constant Noussi Pokam, né le 18 août 1971 à Baloum, marié et père de plusieurs enfants. Le message porté, signé du colonel Saïdou Abba, commandant la légion de gendarmerie de l'Ouest, était adressé à l'ensemble des légions, brigades, directeurs de police judiciaire ainsi qu'au Bureau central national d'Interpol.



Cet avis s'appuyait sur un mandat d'amener délivré le 15 juin 2026 par le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Dschang. L'instruction donnée aux forces de l'ordre était explicite : rechercher activement le chef traditionnel, l'interpeller en cas de découverte, et le conduire à l'état-major de la légion de gendarmerie de l'Ouest, à Bafoussam, ou auprès de l'unité d'enquête déjà saisie du dossier.



Selon plusieurs médias locaux, le chef avait quitté son village dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 juin, déguisé et aidé par des notables de la chefferie. La brigade de gendarmerie de Penka-Michel avait constaté, à l'aube du mardi, que la chefferie était vide.



Capture du fugitif



Un temps en fuite, le chef supérieur de Baloum a finalement été capturé par la gendarmerie nationale, quelques heures seulement après la diffusion de l'avis de recherche. Il se trouve désormais entre les mains des autorités de gendarmerie et de la justice, conformément aux instructions du mandat d'amener.


 

Le chef traditionnel est visé par plusieurs chefs d'accusation : assassinat, complicité d'assassinat, séquestration, torture, non-assistance à personne en danger, destruction de preuves, outrage à cadavre et association de malfaiteurs. La famille des victimes avait déposé plainte sur cette base et réclame, selon ses conseils, une réparation intégrale du préjudice matériel, moral et corporel subi.



La mère d’une des victimes avait publiquement réclamé que justice soit rendue, indiquant que sa famille aurait fait l'objet de pressions depuis le drame. L'affaire a par ailleurs suscité une vague d'indignation sur les réseaux sociaux et a été relayée par plusieurs organisations de défense des droits humains, qui appellent les autorités à faire toute la lumière sur les circonstances de ce double décès.



Cette affaire relance le débat sur les limites du pouvoir traditionnel au Cameroun, sur l'articulation entre justice coutumière et justice étatique, ainsi que sur la responsabilité des chefferies dans la prévention des violences populaires. Conformément au principe de la présomption d'innocence, Charly Constant Noussi Pokam demeure présumé innocent jusqu'à ce qu'une décision de justice définitive ne statue sur les faits qui lui sont reprochés. L'enquête se poursuit désormais avec le chef placé sous le contrôle des autorités judiciaires.



-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 
 
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