Cameroun : Crise anglophone, l'ex chef du renseignement accuse Ngoh Ngoh d'avoir saboté les pourparlers de paix et parle de "président prisonnier"
Nouvelles secousses au sommet de l’État. Dans un nouvel entretien accordé au journaliste Morgan Palmer et publié ce jeudi soir, le capitaine Effoudou Awussi, ancien cadre du renseignement à la présidence, a tiré à boulets rouges sur Ferdinand Ngoh Ngoh.
L’ex-officier désigne le Secrétaire Général à la Présidence comme le principal responsable du blocage de la paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
"Des mains tendues rejetées"
Selon le capitaine Effoudou, une fenêtre de sortie de crise s’était ouverte. Des leaders séparatistes détenus à Yaoundé, dont Ayuk Tabe, auraient saisi une "main tendue" venue du Chef de l’État, Paul Biya.
Des discussions confidentielles auraient même été lancées. D’abord sous la médiation de l’Église catholique, à la paroisse Jean XXIII de Yaoundé, avec l’aval présidentiel. Ensuite via des canaux diplomatiques portés par la Suisse et le Canada.
Verdict de l’ancien officier : "Toutes ces initiatives ont été torpillées par M. Ngoh Ngoh Ferdinand".
"Structure bis" au cœur du pouvoir
Le plus grave tient dans la description du fonctionnement de la présidence. Le capitaine dénonce l’existence d’un "circuit parallèle" logé au secrétariat général.
Sa mission selon lui, intercepter et réécrire les notes de renseignement produites par la DGRE avant qu’elles n’arrivent sur le bureau du Président.
"Le Chef de l’État est devenu prisonnier des monstres qu’il a lui-même enfantés", lâche-t-il, dépeignant un Paul Biya mal informé et isolé.
"Il mérite une sanction publique"
Allant au-delà, l’ancien homme des services secrets n’y va pas par quatre chemins. Il estime que le ministre d’État, en poste depuis 15 ans, devrait répondre de son "impact négatif sur l’avenir du Cameroun".
Dans ses propos les plus durs, il va jusqu’à réclamer une sanction publique et exemplaire à son encontre.
Au cours du même entretien, l'ex chef des renseignements a déclaré qu'au sein des casernes militaires, le président Paul Biya a été battu" lors de l'élection présidentielle de 2025.
Il a aussi révélé que Ferdinand Ngoh Ngoh utilise l’homme d’affaires Jules François Famawa comme prête-nom pour contrôler le marché de l’importation du pétrole raffiné. Il pointe du doigt le secrétaire général à la présidence comme le commanditaire de l’attaque de la Société nationale de raffinerie (SONARA), à Limbe, fin mai 2019. Le but du sabotage des installations de la SONARA, selon le capitaine Effoudou, était de faire fructifier le business de l’importation du pétrole raffiné.
Silence radio à la présidence
Ces révélations jettent un pavé dans la mare. Elles remettent sur la table la question du NOSO et des zones d’ombre dans la gestion de l’appareil d’État.
Pour l’heure, aucun démenti ni communiqué n’a été publié par les services de la présidence de la République.
Ces accusations, d’une extrême gravité, engagent uniquement leur auteur. KOACI relaie les propos du capitaine Effoudou Awussi sans en cautionner le contenu.
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
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