Côte d'Ivoire : Filière café-cacao, la colère monte, sept OPA exigent la dissolution du collège des producteurs et réclament un audit des fonds publics
Alors que le prix bord champ du cacao est fixé à 1 200 F CFA le kilogramme, sept Organisations professionnelles agricoles (OPA) de la filière café-cacao montent au créneau. Dans une déclaration rendue publique le 15 septembre 2026, elles dénoncent une situation jugée préoccupante pour les producteurs et réclament notamment la dissolution de l’actuel collège des producteurs, un audit de la gestion des fonds publics ainsi qu’une intervention urgente de l’État pour soutenir les revenus des planteurs.
La grogne monte dans la filière café-cacao. Sept Organisations professionnelles agricoles (OPA) ont décidé de faire entendre leur voix face aux difficultés auxquelles sont confrontés les producteurs, notamment dans un contexte marqué par un prix bord champ du cacao fixé à 1 200 F CFA le kilogramme.
Réunies le vendredi 11 septembre 2026 à Divo à l’initiative de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) café-cacao, les responsables de ces organisations ont échangé sur la situation de la filière et sur les dernières prises de position de leur interprofession.
À l’issue de leurs discussions, les sept OPA ont rendu publique, le 15 septembre à Abidjan, une déclaration dans laquelle elles expriment leur profond mécontentement et formulent plusieurs revendications.
Au cœur de la contestation figure la gestion de la crise liée aux stocks de cacao inventoriés au cours de la campagne 2025-2026.
Selon les organisations signataires, le collège des producteurs de l’OIA café-cacao, qui a notamment pour mission de défendre les intérêts et le bien-être des producteurs, n’aurait pas répondu à leurs attentes dans la gestion de cette crise.
Les sept OPA s’interrogent notamment sur le devenir des volumes de cacao inventoriés lors de la précédente campagne et qui, selon elles, seraient toujours détenus par certains producteurs.
Elles dénoncent ce qu’elles considèrent comme une situation anormale et estiment qu’une clarification est nécessaire sur la gestion de ces stocks et les décisions prises dans ce dossier.
Face à cette situation, les sept organisations demandent en premier lieu la dissolution pure et simple de l’actuel collège des producteurs.
Elles souhaitent la mise en place d’une nouvelle organisation interprofessionnelle agricole qu’elles veulent plus représentative de la réalité du terrain et davantage ouverte aux véritables producteurs issus de la base. Pour les signataires, la restructuration du dispositif interprofessionnel doit permettre de replacer les intérêts des producteurs au centre de la gouvernance de la filière.
Les organisations demandent également la réalisation d’un audit de la gestion des fonds publics affectés aux différentes opérations menées dans la filière café-cacao.
Elles souhaitent que cet audit permette de faire toute la lumière sur l’utilisation de ces ressources et d’apporter des réponses précises aux interrogations des acteurs du secteur.
Pour les sept OPA, cette démarche doit contribuer à restaurer la confiance et à renforcer la transparence dans la gestion de la filière.
Autre revendication majeure : l’intervention directe de l’État de Côte d’Ivoire. Les organisations demandent l’octroi d’une subvention exceptionnelle au titre de la campagne en cours, destinée à soutenir le prix d’achat bord champ et à permettre aux producteurs ainsi qu’à leurs organisations professionnelles de mieux faire face à la faiblesse du prix fixé à 1 200 F CFA le kilogramme.
Cette demande intervient alors que les producteurs font face, selon les organisations signataires, à une situation économique particulièrement difficile.
Les sept OPA appellent également les autorités à renforcer le dispositif sécuritaire aux frontières Est et Ouest du pays.
Elles demandent la mise en œuvre de mesures qu’elles qualifient de « drastiques » afin de freiner la sortie frauduleuse de la production nationale vers les pays limitrophes.
Pour elles, la lutte contre la fuite du cacao constitue un enjeu majeur pour garantir une meilleure commercialisation de la production à l’intérieur du pays et préserver les intérêts des producteurs ivoiriens.
Grève : les OPA font la distinction
Dans leur déclaration, les sept organisations prennent également position sur la motion de grève lancée par l’un des acteurs de la filière.
Elles se disent favorables à toute action collective visant à défendre les intérêts des producteurs et à améliorer leurs conditions de vie.
« Oui à une motion de grève pour la défense des intérêts des producteurs ! Oui à une motion de grève pour l’amélioration des conditions de vie des producteurs ! », affirment-elles.
En revanche, les signataires se démarquent d’une éventuelle mobilisation visant à exiger le départ de responsables nommés par les autorités.
Selon elles, les OPA n’ont pas vocation à réclamer le départ de personnes dont la nomination relève des prérogatives du chef de l’État.
« Non à une motion de grève pour exiger le départ de qui que ce soit ! », soulignent-elles, estimant que les organisations professionnelles agricoles ne sauraient dicter aux responsables gouvernementaux la conduite à tenir en matière de nominations.
Malgré cette réserve sur la nature de certaines revendications, les sept OPA réaffirment leur disponibilité à soutenir toute initiative susceptible d’améliorer concrètement les conditions de vie et de travail des producteurs.
Elles entendent ainsi privilégier les actions portant directement sur les revenus, la commercialisation, la gouvernance de la filière et la défense des intérêts des producteurs.
À travers cette déclaration, les organisations signataires veulent donc interpeller l’État et l’ensemble des acteurs de la filière sur l’urgence de la situation et la nécessité d’apporter des réponses aux difficultés rencontrées sur le terrain.
La déclaration est signée par sept Organisations professionnelles agricoles : la CNMA-CI, la CR-CI, le SYNARFA-CI, le SYPRODA-CI, le SYNAPROCCA-CI, l’UNAJEPA-CI et le SYNAJAM CC-CI.
Ehoura Yao Léonard en est le porte-parole. Ce document constitue un nouvel appel à l’action dans une filière stratégique pour l’économie ivoirienne. Les signataires espèrent désormais une réponse des pouvoirs publics à leurs principales revendications, alors que les producteurs attendent des mesures concrètes pour faire face aux difficultés actuelles.
Wassimagnon
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