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Côte d'Ivoire-Mali : Plus de 90 % du tracé frontalier validés, un pacte de paix et de prospérité scellé à N'Gandana
 

Côte d'Ivoire-Mali : Plus de 90 % du tracé frontalier validés, un pacte de paix et de prospérité scellé à N'Gandana

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 18 juin 2026 - 22:35



La Côte d’Ivoire a célébré ce jeudi la Journée africaine des frontières (JAF) dans le village frontalier de N’Gandana, dans le département de M’Bengué, à la frontière ivoiro-malienne. Placée sous le thème de la paix, de la coopération transfrontalière et du développement durable, cette édition 2026 a réuni autorités administratives, élus locaux, partenaires techniques, chefs traditionnels ainsi qu’une importante délégation venue du Mali.


Présidant la cérémonie au nom du Premier ministre Robert Beugré Mambé, président de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI), le Secrétaire exécutif de l’institution, Diakalidia Konaté, a délivré un message fort en faveur de la fraternité entre les peuples frontaliers.


Dans son allocution, Diakalidia Konaté a rappelé que la Journée africaine des frontières s’inscrit dans la vision de l’Union africaine visant à transformer les frontières du continent en espaces de paix, de sécurité et d’intégration.


« Nous refusons que les frontières soient des espaces de tensions, de méfiance ou de division. Nous voulons qu’elles deviennent des espaces de paix, de solidarité, d’opportunités et de prospérité partagée », a-t-il déclaré devant les populations de N’Gandana et de Dovong, village malien voisin.


Le Secrétaire exécutif de la CNFCI a particulièrement insisté sur la nécessité de renforcer la cohésion sociale dans les zones frontalières confrontées à des défis récurrents tels que les conflits fonciers, les tensions entre agriculteurs et éleveurs, la transhumance transfrontalière ou encore le manque d’infrastructures de base.


Abordant la question sensible de la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Mali, Diakalidia Konaté a annoncé une avancée significative dans le processus de délimitation. Selon lui, plus de 90 % du tracé frontalier font désormais l’objet d’un consensus entre les deux États.


« Nous sommes aujourd’hui très avancés dans ce processus. Très prochainement, une rencontre à Bamako permettra d’achever ce travail et d’ouvrir la voie à la signature du traité de délimitation, de démarcation et de bornage de la frontière entre nos deux pays », a-t-il indiqué.


Pour les autorités ivoiriennes, cette étape constituera une victoire diplomatique mais surtout un gage de stabilité, de sécurité et de développement pour les populations vivant de part et d’autre de la frontière.


Au-delà des discours, la célébration a été marquée par plusieurs initiatives destinées à améliorer le quotidien des populations frontalières.


La CNFCI a procédé à l’installation d’un Comité local de paix chargé de prévenir et gérer les conflits communautaires. Une coopérative transfrontalière a également été mise en place afin d’accompagner les producteurs agricoles grâce à des formations aux techniques culturales durables et à la distribution d’intrants.


Moment fort de la journée, l’inauguration d’un château d’eau à N’Gandana est venue répondre à l’une des principales préoccupations des habitants : l’accès à l’eau potable.


 

Des équipements communautaires composés notamment de chaises, de bâches et de matériels divers ont également été remis aux populations.


Représentant le ministre-directeur de cabinet du Président de la République et président du Conseil régional du Poro, Fidèle Sarassoro, le sixième vice-président du Conseil régional, Coulibaly Aboudramane, a salué l’engagement de la CNFCI en faveur du développement des espaces frontaliers.


« Nos frontières doivent être des espaces de rencontre et non de séparation, des espaces d’opportunités et non de division », a-t-il affirmé.


Il a annoncé plusieurs projets structurants destinés à renforcer l’intégration économique entre les communautés frontalières, notamment la création de coopératives agricoles inclusives, la mise en place de champs-écoles paysans et le déploiement de formations en agriculture climato-intelligente.


Il a également plaidé pour l’installation de comités locaux de paix inspirés des mécanismes traditionnels africains de règlement des différends.


Prenant la parole au nom de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), son chef de mission en Côte d’Ivoire, David Preu, a souligné l’importance stratégique des zones frontalières pour le développement régional.


Selon lui, les femmes représentent près de 70 % du petit commerce transfrontalier informel dans la sous-région, ce qui justifie davantage d’investissements dans les infrastructures et le capital humain.


« Les frontières sont bien plus que des lignes sur une carte. Elles représentent un véritable potentiel de richesse et de développement », a-t-il déclaré.


L’OIM a réaffirmé son engagement à accompagner les initiatives de coopération transfrontalière ainsi que la prochaine édition de l’Abidjan Border Forum.


Chef de la délégation malienne, le préfet du cercle de Kadiolo, Diakité Bakary, a livré un message empreint d’émotion et de fraternité.

« Entre le Mali et la Côte d’Ivoire, il n’y a pas de frontières », a-t-il lancé sous les applaudissements de l’assistance.


Le responsable malien a appelé à une gestion concertée des questions frontalières impliquant davantage les autorités administratives, coutumières et religieuses des deux pays.


Il a également proposé que Kadiolo et M’Bengué deviennent symboliquement des « cercles jumeaux », renforçant ainsi les liens historiques qui unissent les deux territoires.


 

Le préfet de la région du Poro, Karim Diarrassouba, a réaffirmé l’engagement de l’administration territoriale à accompagner toutes les initiatives favorisant la paix, la cohésion sociale et le développement économique des localités frontalières.


Il a salué les efforts entrepris par les autorités ivoiriennes et maliennes pour faire des frontières des espaces de coopération et non de confrontation.


Cette édition 2026 de la Journée africaine des frontières intervient dans un contexte marqué par la volonté des États ouest-africains de renforcer leur coopération face aux défis sécuritaires, économiques et climatiques.


L’atelier bilatéral tenu récemment à Kogo sur les groupements locaux de coopération transfrontalière a d’ailleurs été présenté comme une avancée importante vers une gouvernance frontalière plus efficace et mieux adaptée aux réalités des populations.


À N’Gandana, le message porté par l’ensemble des intervenants est resté le même : les frontières ne doivent plus être perçues comme des lignes de séparation, mais comme des espaces de dialogue, de développement et de prospérité partagée.


Une vision résumée par l’appel lancé aux populations de N’Gandana et de Dovong à tourner définitivement la page des incompréhensions pour construire ensemble un avenir fondé sur la paix, la fraternité et le développement.



Wassimagnon





 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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