Cameroun : Eau potable à l'Extrême-Nord, Camwater et le Hcr unissent leurs forces pour les réfugiés de Minawao
À l'Extrême-Nord du Cameroun, l'eau est devenue un enjeu aussi vital que sensible. Dans une région où la pression démographique liée à l'afflux de réfugiés nigérians met à rude épreuve des ressources hydriques déjà limitées, la Cameroon Water Utilities (Camwater) et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr) viennent de signer une convention de partenariat destinée à sécuriser durablement l'accès à l'eau potable pour les réfugiés et les populations hôtes.
L'accord a été paraphé par le Directeur général de Camwater, Dr Blaise Moussa, et la représentante du Hcr au Cameroun, Mme Yvette Muhimpundu. Il s'inscrit dans le cadre du projet « Solutions alternatives au camp de Minawao », porté avec l'appui de l'Union européenne et de la Coopération allemande (GIZ).
Camp sous tension démographique
Le choix de Minawao comme zone prioritaire d'intervention n'est pas anodin. Selon les données du Hcr, le camp accueille aujourd'hui environ 79 384 réfugiés nigérians, dans des conditions de vie globalement précaires. Cette concentration de population pèse directement sur les infrastructures locales, dont les capacités hydrauliques, conçues à l'origine pour des besoins bien moindres, peinent à suivre.
Plus largement, le Cameroun héberge environ 460 000 réfugiés et demandeurs d'asile relevant de la compétence du Hcr, dont près de 332 000 Centrafricains installés essentiellement dans les régions de la façade orientale, et environ 120 000 Nigérians, concentrés principalement dans l'Extrême-Nord, selon les mêmes données du Hcr.
Répartition des rôles
Concrètement, Camwater mettra son expertise technique au service de la conception, de la réalisation et du suivi des ouvrages d'alimentation en eau, tandis que le Hcr poursuivra son appui à la protection des réfugiés et au renforcement de leur résilience, en lien avec les autorités camerounaises.
Pour les deux institutions, cette collaboration dépasse la seule logique humanitaire d'urgence : elle vise à inscrire l'accès à l'eau dans une perspective de développement local et de cohésion sociale entre réfugiés et communautés d'accueil, ces dernières partageant souvent les mêmes points d'eau et les mêmes contraintes de ressources.
Défis
Lors de la cérémonie de signature, les responsables des deux institutions ont salué une collaboration stratégique appelée à améliorer les conditions de vie des réfugiés et des populations hôtes, tout en répondant aux défis posés par la pression démographique et la disponibilité des ressources en eau dans cette région sahélienne déjà soumise à un climat aride.
Pour Camwater, cette convention réaffirme également sa mission de service public et son engagement en faveur d'un accès équitable à l'eau potable, conformément aux objectifs de développement durable. Elle marque, selon les deux parties, une étape importante vers des solutions pérennes en faveur des populations vulnérables de l'Extrême-Nord camerounais.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com
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