Côte d'Ivoire : Vente présumée irrégulière de thé amincissant, une plainte déposée contre « MaaBio », le Procureur de la République saisi
MaaBio et ses produits (Ph Koaci)
Le président de l'ONG Centre d'Éducation Médicale et Citoyenne de Côte d'Ivoire (CEMC-CI), également président du Collectif des ONG de lutte contre la dépigmentation et les produits non conformes et coordonnateur national du Programme national de prévention contre la dépigmentation, Marcellin Doh, a annoncé, mercredi 1er juillet 2026 au cours d'une conférence de presse à Yopougon Bimbresso, avoir officiellement saisi le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d'Abidjan-Plateau d'une plainte visant Kouamé Virginie Yeelen, connue sous le nom commercial de « MaaBio ».
Selon le document de plainte daté du 28 mai 2026 et enregistré au Parquet le 7 juin 2026 sous le numéro d'arrivée 3671, l'ONG reproche à l'intéressée un « exercice illégal de vente de produit d'hygiène corporelle (thé amincissant) », qu'elle estime constitutif d'une violation des dispositions du décret n°2015-288 du 29 avril 2015 portant réglementation des produits cosmétiques et des produits d'hygiène corporelle.
Dans cette plainte, l'ONG CEMC-CI explique agir dans le cadre de ses missions de veille sanitaire et de protection de la santé publique. Elle indique se constituer partie civile contre « MaaBio », estimant que les faits dénoncés exposeraient les consommateurs à d'éventuels risques sanitaires si les produits commercialisés ne répondent pas aux exigences réglementaires en vigueur.
Lors d'une conférence de presse, Marcellin Doh a affirmé que les produits commercialisés par « MaBio » ne disposeraient pas des autorisations administratives et sanitaires requises. Il a également soutenu qu'ils ne seraient pas accompagnés de certificats d'analyse délivrés par les structures techniques compétentes. Selon lui, des vérifications auraient été entreprises auprès du Laboratoire national, sans qu'à ce stade ces affirmations aient été confirmées publiquement par les autorités concernées.
Le responsable associatif soutient également que Kouamé Virginie Yeelen aurait entrepris certaines démarches administratives en vue de la régularisation de ses produits, sans qu'elles n'aient abouti à une certification officielle. Ces déclarations relèvent exclusivement des affirmations du plaignant et n'ont pas été corroborées par les services compétents.
Dans sa correspondance adressée au Procureur, l'ONG rappelle qu'elle intervient sous l'agrément n°660/INT/GDC/DVCOM/SDER et affirme mener ses actions en partenariat avec le ministère de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, le ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfant ainsi que le Conseil national des droits de l'Homme. Elle sollicite l'ouverture d'une procédure afin que les faits dénoncés fassent l'objet des vérifications judiciaires nécessaires.
« Nous venons par la présente porter plainte contre Yeelen Virginie Kouamé alias MAA BIO pour exercice illégal de vente de produit d'hygiène corporelle (thé amincissant) en violation du décret n°2015-288 du 29 avril 2015 », peut-on notamment lire dans la plainte transmise au Procureur.
Pour Marcelin Dooh, cette procédure vise avant tout à garantir la protection des consommateurs et à assurer le respect des textes régissant la commercialisation des produits d'hygiène corporelle en Côte d'Ivoire. Il appelle les autorités judiciaires, les services de la police sanitaire ainsi que les administrations compétentes à faire toute la lumière sur ce dossier dans l'intérêt de la santé publique.
À ce stade de la procédure, aucune décision judiciaire n'a été rendue. Les allégations contenues dans la plainte devront faire l'objet des investigations des autorités compétentes afin d'en établir, le cas échéant, la réalité et les responsabilités.
Au moment de la publication de cet article, Kouamé Virginie Yeelen, dite « MaaBio », n'avait pas réagi publiquement aux accusations formulées à son encontre. Elle bénéficie, comme toute personne mise en cause, de la présomption d'innocence jusqu'à une éventuelle décision de justice.
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
