Cameroun : « Un Camerounais colonisé », la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla insulte Mbappé, le Cameroun visé en plein cœur
Après l'élimination du Paraguay par les Bleus (1-0) en huitième de finale de la Coupe du monde 2026, la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla s'en est pris violemment à Kylian Mbappé sur les réseaux sociaux. Au-delà de l'attaque contre le joueur, c'est le Cameroun tout entier, terre d'origine du père du capitaine français, qui se retrouve insulté.
Sortie raciste
Furieuse après le penalty décisif inscrit par Mbappé à la 70e minute, qui a envoyé la France en quarts de finale, l'élue paraguayenne a publié sur X un message d'une violence rare. Elle y écrit : « Cette brute n'a même pas appris à écrire. Au lieu du lait maternel, il tétait des noix de coco, et les êtres les plus instruits qu'il ait jamais entendus étaient des chimpanzés. Tu aurais dû lui faire un doigt d'honneur, Orlando Gil. Je le fais au Sénat et il ne se passe rien !!! »
Elle poursuit, visant cette fois directement les origines du joueur :
« Un Camerounais colonisé, qui fait semblant d'être français, rancunier, nouveau riche, arrogant et laid. Il était nerveux et mort de peur pendant tout le match, comme toute son équipe. Ils n'ont même pas réussi à marquer un seul but, ils ont gagné sur un coup de chance... La seule chose que beaucoup d'entre nous reprochons à l'Albirroja, c'est de ne pas lui avoir donné une gifle à pleine main à la fin du match. Et pourtant, je ne suis pas fan de foot. »
Cameroun, double cible
Ce que beaucoup d'observateurs relèvent, c'est la nature à double tranchant de cette attaque. Mbappé n'est pas seulement insulté en tant que footballeur : il est visé en tant qu'homme d'origine camerounaise. En le qualifiant de « Camerounais colonisé », la sénatrice ne se contente pas d'une pique sportive, elle ressuscite des clichés coloniaux et racistes qui touchent bien au-delà du stade — jusqu'au Cameroun lui-même, pays dont le père du joueur, Wilfried Mbappé, est originaire.
Les images associant un athlète noir à des « noix de coco » et à des « chimpanzés » comptent parmi les stéréotypes racistes les plus anciens et les plus violents dirigés historiquement contre les personnes noires et africaines. En les employant publiquement, l'élue paraguayenne ne s'attaque pas qu'à un joueur : elle insulte, par ricochet, tout un continent et sa diaspora.
Plus inquiétant encore, la sénatrice a elle-même reconnu la nature choquante de ses propos, tout en assumant l'impunité dont elle jouit : « Je le fais au Sénat et il ne se passe rien. »
En France, la ministre des Sports Marina Ferrari a immédiatement condamné ces propos, les qualifiant d'« abjects, indignes et d'autant plus inacceptables qu'ils émanent d'une responsable politique ». Elle a ajouté : « En s'en prenant à Kylian Mbappé, la sénatrice s'attaque à tout ce que notre capitaine incarne et à tout ce que notre pays défend : la liberté, l'égalité et la fraternité. »
Et du côté du Cameroun ?
À l'heure où ces lignes sont écrites, aucune réaction officielle n'a encore émané des autorités camerounaises ni des instances footballistiques africaines. Une question se pose pourtant : le pays natal du père de Mbappé, directement visé par ces propos, doit-il, lui aussi, faire entendre sa voix ?
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com
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