Cameroun : Fin du gaz naturel liquéfié, l'état va perdre entre 250 et 300 milliards FCFA /an
Le Cameroun vient de perdre, du jour au lendemain, sa seule porte de sortie vers les marchés mondiaux du gaz. En ce mois de juillet 2026, l'armateur norvégien Golar LNG a définitivement retiré son navire-usine, le Hilli Episeyo, des eaux camerounaises, après huit années d'activité au large de Kribi. Résultat : plus aucune infrastructure nationale ne permet aujourd'hui de liquéfier le gaz naturel camerounais, et donc de l'exporter.
Usine flottante irremplaçable, partie sans successeur
Le Hilli Episeyo n'était pas un simple navire parmi d'autres : c'était l'unique maillon capable d'extraire le gaz, de le purifier, de le refroidir à moins 163 degrés pour le liquéfier, puis de le charger sur les méthaniers en partance pour l'international. Sans cette étape de transformation, le gaz camerounais reste, en l'état, invendable sur les marchés extérieurs.
Golar LNG a choisi de rediriger son navire, son personnel et son savoir-faire vers l'Amérique latine, jugée plus rentable. Aucune solution de remplacement n'a été annoncée à ce jour.
Signal ignoré
Pour plusieurs experts du secteur pétrolier et gazier, ce retrait n'a rien d'une surprise. Le consultant Robert Mouthe Ambassa affirme avoir alerté les autorités bien à l'avance sur la nécessité d'anticiper des solutions de compensation, un avertissement resté sans suite auprès de certains décideurs. Selon lui, les acteurs du milieu pétrolier avaient connaissance de ce départ imminent depuis près de deux ans déjà.
Entre 250 et 300 milliards de FCFA envolés chaque année
L'impact budgétaire s'annonce sévère. L'économiste Serge Alain Godong qualifie la situation de véritable catastrophe pour les finances publiques, dans un contexte déjà marqué par un endettement lourd et des difficultés de collecte fiscale interne. Il rappelle que la branche gazière représentait, ces dernières années, près de la moitié des revenus de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), soit entre 250 et 300 milliards de francs CFA par an.
Plus grave encore : la loi de finances actuelle a été bâtie sur l'hypothèse que cette activité se poursuivrait normalement, intégrant environ 250 milliards de recettes gazières attendues. Ces sommes ne rentreront tout simplement plus dans les caisses de l'État — et pas uniquement pour cette année.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com
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