Côte d'Ivoire : Bongouanou, cinq fillettes victimes d'excision, trois femmes déférées devant la justice
Une intervention rapide des forces de police a permis de mettre fin à une séance d'excision clandestine dans la commune de Bongouanou. Cinq fillettes âgées de 5 à 8 ans, récemment soumises à des mutilations génitales féminines, ont été secourues et prises en charge médicalement. Trois femmes ont été interpellées puis déférées devant la justice.
Selon un communiqué du Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Bongouanou, les faits remontent à la nuit du 1er juillet 2026. Le Commissaire de police de la ville a été alerté par une personne anonyme qui signalait un mouvement inhabituel de femmes d'un certain âge accompagnées de fillettes aux abords du domicile de Traoré Mariam, situé au quartier Kangandi. Les visiteurs entraient et ressortaient de cette habitation dans des circonstances jugées suspectes.
Saisi de l'information, le Procureur de la République a immédiatement ordonné l'intervention des forces de police. Dépêchés sur les lieux, les agents ont découvert cinq fillettes, âgées de 5 à 8 ans, qui venaient d'être excisées. Les victimes ont aussitôt été conduites dans un établissement de santé afin de bénéficier d'une prise en charge médicale appropriée.
Au cours de l'opération, les policiers ont procédé à l'interpellation de Sawadogo Assata, 60 ans, de Sawadogo Manata, 72 ans, ainsi que de Traoré Mariam, 31 ans, mère de l'une des victimes, une fillette de 5 ans, et nourrice de jumeaux.
Une enquête a été ouverte sans délai et les trois suspectes ont été placées en garde à vue. À l'issue des investigations, elles ont été déférées, ce mardi 7 juillet 2026, devant le parquet afin de répondre de leurs actes devant le Tribunal correctionnel des flagrants délits de Bongouanou.
Les faits qui leur sont reprochés sont qualifiés de mutilations génitales féminines, une infraction prévue et réprimée par les articles 394, 395, 396 et 397 du Code pénal ivoirien.
À travers ce communiqué, le Procureur de la République rappelle que l'excision demeure une pratique illégale en Côte d'Ivoire. Il exhorte les populations qui continuent de s'y adonner à y renoncer définitivement, soulignant que cette pratique, qualifiée de rétrograde, expose ses auteurs à des poursuites judiciaires ainsi qu'à de lourdes sanctions pénales.
Wassimagnon
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