Cameroun : Body Filler, les autorités sanitaires et médicales resserrent l'étau autour des injections esthétiques clandestines
Au Cameroun, la prolifération des interventions esthétiques réalisées hors de tout circuit médical reconnu inquiète actuellement les autorités. Deux réactions, l'une du ministère de la Santé publique, l'autre de l'Ordre National des Médecins du Cameroun (Onmc), convergent pour dénoncer ces pratiques à risque et annoncer des poursuites contre leurs auteurs.
Dans un communiqué daté du 16 juillet, le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, tire la sonnette d'alarme sur la banalisation des injections dites de « Body Filler », ces produits de comblement destinés à galber fesses, poitrine ou d'autres parties du corps. De plus en plus proposées sur les réseaux sociaux, ces prestations échappent souvent à toute supervision médicale.
Le ministre le martèle : une injection de comblement corporel relève strictement de la médecine. Elle ne peut être pratiquée que par un professionnel de santé qualifié, au sein d'une structure sanitaire dûment autorisée. Se tourner vers un opérateur improvisé, officiant depuis un domicile ou recruté via une simple publication en ligne, revient à exposer sa santé à des dangers sérieux plutôt qu'à s'offrir un simple geste esthétique.
Le communiqué dresse une liste alarmante de complications possibles : infections graves, réactions allergiques, déformations corporelles, douleurs persistantes, déplacement du produit injecté dans l'organisme, nécrose tissulaire, voire des complications potentiellement mortelles.
Face à ce constat, le ministère invite la population à la vigilance vis-à-vis des offres circulant sur les réseaux sociaux ou proposées dans des lieux non homologués. Toute personne souhaitant recourir à un acte esthétique est invitée à s'adresser à un médecin ou un chirurgien qualifié, exerçant dans une formation sanitaire agréée. Des contrôles sont d'ores et déjà annoncés, avec à la clé des poursuites administratives et judiciaires contre les contrevenants. Le grand public est également encouragé à signaler aux autorités sanitaires toute pratique jugée suspecte.
Parallèlement, l'Ordre National des Médecins du Cameroun a décidé de porter l'affaire devant la justice, en se constituant partie civile, apprend-on. Le Président du Conseil de l'Onmc a engagé une procédure judiciaire visant deux personnes accusées d'exercice illégal de la médecine.
Le premier dossier concerne un certain Kingsly Nembo, qui se présenterait publiquement comme "docteur" et proposerait des actes médicaux et esthétiques sans être inscrit au tableau de l'Ordre. Le second vise Manuella Nimpa, plus connue sous le pseudonyme de « croqueuse de diamants », mise en cause pour la pratique d'actes esthétiques invasifs.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com
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