Côte d'Ivoire : Culture, les agents sans prime relancent leur plaidoyer auprès du gouvernement
Le syndicat (Ph Koaci)
Le Syndicat national des agents de la culture (SYNA-CULTURE) remet sur la table la question de la prime réclamée depuis plusieurs années par les personnels du ministère de la Culture et de la Francophonie. Dans un communiqué transmis à la presse, son secrétaire général national, Ange Martial Nohonain, également porte-parole de la Coalition des syndicats des ministères sans prime (COSYMIS-Prime), appelle les autorités à apporter une réponse concrète à cette revendication qu'il juge légitime.
Selon le responsable syndical, près de 3 000 agents sont concernés. Il s'agit notamment des professionnels de l'action culturelle, parmi lesquels des muséologues, animateurs culturels, documentalistes, bibliothécaires et archivistes, mais aussi des enseignants des disciplines artistiques et culturelles, ainsi que des agents d'appui exerçant diverses fonctions administratives et techniques.
Le communiqué souligne que ces personnels contribuent quotidiennement au rayonnement culturel de la Côte d'Ivoire et au développement des industries culturelles et créatives, tout en percevant l'un des traitements salariaux les plus modestes de la fonction publique. Une situation que le syndicat estime en décalage avec les responsabilités assumées par ces agents.
Le SYNA-CULTURE insiste également sur les conditions particulières dans lesquelles ils exercent leurs missions. Les activités culturelles se déroulent souvent en soirée, les week-ends ou les jours fériés, obligeant ces agents à travailler bien au-delà des horaires habituels de l'administration. À cela s'ajoutent, selon le syndicat, des risques professionnels liés aux différents sites culturels tels que les musées, bibliothèques, centres culturels et autres espaces ouverts au public.
Ange Martial Nohonain rappelle que cette revendication remonte à juillet 2019. À l'origine, le syndicat sollicitait l'instauration d'une prime interne financée par le ministère de la Culture et de la Francophonie. Malgré plusieurs mouvements de protestation et des grèves organisés jusqu'en 2023, aucune issue favorable n'a été trouvée. Depuis cette période, explique-t-il, le gouvernement a décidé d'intégrer cette question dans une réflexion plus globale sur les primes au sein de la fonction publique, à travers le Comité consultatif de la fonction publique.
En attendant les conclusions de ce processus, le secrétaire général du SYNA-CULTURE lance un appel au président de la République, Alassane Ouattara. Il souhaite que le chef de l'État autorise la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remark, à accorder dès cette année 2026 une prime interne aux quelque 3 000 agents du ministère, en reconnaissance des contraintes et de l'engagement qui caractérisent leur travail au service de la culture ivoirienne.
Jean Chresus, Abidjan
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