Cameroun : Quand des responsables recourent à la torture des étudiants à l'université Saint Jean Paul II
Des étudiants interpellés pour un présumé vol de matelas ont subi des violences graves au sein du campus de l'Université Saint Jean Paul II. L’affaire soulève de vives questions sur les méthodes disciplinaires dans l’enseignement supérieur privé.
La scène décrite fait froid dans le dos et circule depuis plusieurs jours dans les réseaux et la communauté universitaire.
À l’Université Catholique Saint-Jean-Paul II, site de Mimboman, une affaire de vol présumé a viré à la torture et au règlement de compte.
Suspicion et violence
Tout serait parti de la disparition de matelas dans l’établissement. Plusieurs étudiants ont été pointés du doigt et interceptés par l’administration.
D’après les témoignages recueillis sur place, au lieu d’être remis aux autorités compétentes, les mis en cause auraient été humiliés, ligotés, dépouillés de leurs vêtements puis passés à tabac. Certaines sources évoquent même l’usage d’armes blanches sur instruction de l'évêque.
Pour justifier cette intervention musclée, la direction pointe un réseau de revente. Les étudiants seraient accusés d’avoir dérobé du matériel du campus pour ensuite l’écouler sur une page Facebook.
L'église en ligne de mire
Dans les récits qui circulent, trois noms reviennent avec insistance..il s'agit notamment de Land Samuel, présenté comme le surveillant général, cité comme l’exécutant direct des actes de torture filmés.
Ntam David, le recteur de l’université, désigné comme celui qui aurait donné les instructions.
Et, Mgr Barthélemy Yaouda, évêque de Yagoua, mentionné comme superviseur,. selon nos informations il est au courant des actes de torture contre les étudiants.
Des accusations que l’établissement peine à démentir. Mais pour de nombreux observateurs, l’université se serait substituée à la justice.
"Se faire juge et bourreau sous couvert d’autorité religieuse, est indigne", s'insurge un étudiant.
Jusqu’où peut aller la sanction ?
Cet incident remet au centre du débat la question de la sécurité et de la discipline dans les instituts privés.
Faut-il tolérer que des responsables d’établissement recourent à la force physique pour gérer des cas d’indiscipline ? Qui protège les étudiants ? Qui protège les biens de l’école ?
"On ne lutte pas contre un délit en commettant un crime", résume un autre étudiant sous couvert d’anonymat.
Pour la communauté universitaire, il est urgent que la lumière soit faite afin que de tels dérapages ne se répètent pas.
En attendant une réaction officielle de l’Université Saint-Jean-Paul II et une éventuelle saisine des autorités judiciaires, l’affaire continue d’alimenter la colère et l’incompréhension.
Une faute ne justifie pas l’autre. La loi doit s’appliquer à tous, y compris dans l’enceinte d’un campus.
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
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