Côte d'Ivoire : Le COJEP interpelle Amadou Coulibaly et appelle à mettre fin aux discours qui divisent
Le Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (COJEP) est monté au créneau à la suite des récentes déclarations du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, relatives à la crise postélectorale de 2010-2011. Dans une déclaration rendue publique ce mercredi, le parti dirigé par Charles Blé Goudé appelle à davantage de retenue dans le discours des responsables publics et exhorte l'ensemble de la classe politique à privilégier l'apaisement et la cohésion nationale.
Près de quinze ans après la crise postélectorale qui a profondément marqué la Côte d'Ivoire, le COJEP estime que le processus de réconciliation nationale demeure « précieux mais fragile ». Selon le parti, les plus hautes autorités de l'État ont le devoir d'adopter une communication empreinte de responsabilité, de mesure et de respect de l'intérêt supérieur de la Nation.
Dans cette optique, le COJEP se dit préoccupé par les récentes prises de parole d'Amadou Coulibaly concernant les événements de 2010-2011. Sans remettre en cause la liberté d'expression ni le débat sur les faits historiques, le mouvement considère que la fonction de porte-parole du gouvernement impose une obligation particulière de réserve.
« La responsabilité particulière qui incombe au porte-parole du gouvernement commande une parole mesurée, rassembleuse et tournée vers l'avenir », souligne la déclaration.
Le COJEP rappelle également que l'ancien président Laurent Gbagbo a été définitivement acquitté par la Cour pénale internationale dans le dossier relatif à la crise postélectorale. Pour le parti, cette décision judiciaire constitue désormais un élément majeur du traitement institutionnel de cette période de l'histoire ivoirienne.
À ce titre, il estime que les responsables publics devraient inscrire leurs interventions dans le respect des décisions de justice et contribuer à renforcer le climat d'apaisement plutôt qu'à raviver les tensions du passé.
Au-delà de la polémique, le COJEP invite les autorités à recentrer le débat public sur les préoccupations quotidiennes des populations. Le parti cite notamment l'emploi des jeunes, la santé, l'éducation, la justice, le pouvoir d'achat, la sécurité, le développement économique et le renforcement des institutions comme les véritables priorités des Ivoiriens.
Selon le mouvement, ces enjeux doivent désormais occuper une place centrale dans les interventions des responsables politiques.
Dans sa déclaration, le COJEP invite explicitement Amadou Coulibaly à exercer pleinement sa mission de porte-parole du gouvernement « dans un esprit de mesure et de rassemblement ».
Le parti reconnaît que le ministre est libre de ses convictions politiques, mais rappelle que chacune de ses interventions publiques est perçue comme l'expression officielle du gouvernement. À ce titre, il estime qu'il lui revient d'incarner une parole de sérénité, d'équilibre et de responsabilité, particulièrement lorsqu'il s'agit de sujets aussi sensibles que la crise postélectorale.
Le COJEP élargit enfin son appel à l'ensemble de la classe politique ivoirienne, majorité comme opposition. Le parti insiste sur la nécessité de préserver un débat démocratique fondé sur le respect mutuel, la responsabilité et la recherche permanente de l'unité nationale.
« Les divergences politiques sont légitimes dans une démocratie ; elles ne doivent cependant jamais compromettre les efforts accomplis par les Ivoiriens pour reconstruire leur vivre-ensemble », souligne la déclaration.
Réaffirmant son engagement en faveur d'une Côte d'Ivoire réconciliée, stable et prospère, le COJEP appelle chaque responsable public à mesurer la portée de ses propos et à faire de la cohésion sociale une priorité dans l'exercice de ses fonctions.
Wassimagnon
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