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Côte d'Ivoire : Affaire Koumassi Campement, Stéphane Bahi et Assalé Tiémoko auditionnés pendant plus de 11 heures, malgré une décision favorable de l'ANP, le silence inquiétant de l'UNJCI
 

Côte d'Ivoire : Affaire Koumassi Campement, Stéphane Bahi et Assalé Tiémoko auditionnés pendant plus de 11 heures, malgré une décision favorable de l'ANP, le silence inquiétant de l'UNJCI

 
 
 
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© Koaci.com - mardi 04 août 2026 - 13:52

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Le directeur de publication de L'Éléphant déchaîné, Stéphane Bahi, et le directeur général du journal, Assalé Tiémoko, ont été entendus durant plus de onze heures, le lundi 3 août 2026, à la Préfecture de police d'Abidjan. À l'origine de cette audition : une plainte déposée personnellement par le ministre-gouverneur du District autonome d'Abidjan, Cissé Bacongo, à la suite de l'enquête publiée dans le hors-série du 8 juillet 2026 sur le déguerpissement de Koumassi Campement. Une affaire dans laquelle l'Autorité nationale de la presse (ANP) avait déjà donné raison au journal sur un point essentiel relatif au droit de réponse.


Lundi 3 août 2026, de 10 h 30 à 22 h, Stéphane Bahi, directeur de publication de L'Éléphant déchaîné, et Assalé Tiémoko, directeur général du journal, ont été auditionnés à la Préfecture de police d'Abidjan.


Les deux responsables de presse ont été entendus séparément, chacun assisté de son avocat. Les auditions, entrecoupées de plusieurs pauses, interviennent à la suite d'une plainte déposée par le ministre-gouverneur du District autonome d'Abidjan, Cissé Bacongo.


Les infractions invoquées sont les suivantes : diffusion de fausses nouvelles, injure commise par le biais d'un système d'information, diffamation et incitation à la révolte.


Les poursuites trouvent leur origine dans le hors-série de L'Éléphant déchaîné, publié le 8 juillet 2026, consacré au déguerpissement de Koumassi Campement.


Cette édition, intitulée « Exclusif Koumassi Campement : Un deal qui a mal tourné – Alloui Brou Jacques, le Député et le District – Comment le communiqué du Procureur a tout changé », revenait sur les circonstances de cette opération de déguerpissement et soulevait plusieurs interrogations.


À la suite de cette publication, le District autonome d'Abidjan a fait notifier au journal, par exploit de commissaire de justice en date du 14 juillet 2026, un document présenté comme un droit de réponse.


 

Estimant que ce document excédait largement le cadre légal du droit de réponse, L'Éléphant déchaîné avait refusé de le publier en l'état et saisi l'Autorité nationale de la presse (ANP), conformément à l'article 71 de la loi n°2017-867 du 27 décembre 2017 portant régime juridique de la presse.


Dans son courrier adressé au président de l'ANP, la direction du journal expliquait que le texte transmis ne se limitait pas à répondre aux éléments publiés. Il contenait également une mise en demeure de communiquer des preuves dans un délai de 48 heures, avec annonce de poursuites judiciaires éventuelles.


Pour le journal, ces demandes relevaient d'une procédure contentieuse distincte et ne pouvaient légalement être intégrées à un droit de réponse.


Par un courrier officiel daté du 31 juillet 2026, signé de son président Bakary Sanogo, l'Autorité nationale de la presse a donné suite à cette saisine.


Après examen du dossier, l'ANP a relevé que le droit de rectification comportait effectivement des développements étrangers au contenu de l'article incriminé, notamment ceux relatifs à la mise en demeure de communication de preuves adressée au journal et au Procureur de la République.


En conséquence, l'Autorité a invité le ministre-gouverneur à recadrer son droit de rectification, en supprimant ces passages, avant de le transmettre à nouveau à la rédaction pour publication, avec copie à l'ANP.


Cette décision confirmait ainsi que le document initial ne respectait pas entièrement les exigences de l'article 71 de la loi sur la presse.


 

Selon les éléments communiqués par le journal, il est également reproché à Assalé Tiémoko d'avoir réalisé un direct sur les réseaux sociaux pour présenter le contenu du hors-série consacré à Koumassi Campement.


La direction de L'Éléphant déchaîné souligne toutefois que cette pratique est habituelle au sein de la rédaction. À chacune de ses grandes enquêtes ou publications spéciales, le directeur général intervient régulièrement en direct afin de présenter le contenu du journal dans une logique de promotion éditoriale et de diffusion commerciale.


Au lendemain de ces auditions, l'Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI) ne s'était pas encore exprimée publiquement sur cette affaire.


Cette absence de réaction est relevée par plusieurs observateurs, d'autant plus que l'organisation publie habituellement des communiqués lorsqu'un journaliste ou un organe de presse fait l'objet de poursuites judiciaires ou d'auditions en lien avec l'exercice de sa profession.


Notons enfin que le vice-président chargé des Affaires juridiques, Theodore Sinzé, s'est rendu à la préfecture de police afin d'apporter son soutien aux deux confrères.


L'évolution de cette procédure judiciaire est désormais attendue, tant par les professionnels des médias que par les défenseurs de la liberté de la presse.


Wassimagnon


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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