Côte d'Ivoire : Bouna, « Capitaine Fourmi » écope de 20 ans de prison après une attaque contre un agent de l'OIPR
Tribunal de Bouna
Le verdict est tombé au Tribunal de première instance de Bouna. Som Sansan, plus connu sous le surnom de « Capitaine Fourmi », a été condamné à 20 ans de prison ferme pour des faits liés à l’orpaillage clandestin dans le Parc national de la Comoé et à l’attaque d’un agent chargé de protéger cette aire protégée.
L’homme a été reconnu coupable d’introduction frauduleuse dans le parc, d’orpaillage clandestin, de détention illégale d’une arme à feu et de tentative de meurtre sur un agent de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR).
Les faits remontent à 2024. Lors d’une patrouille dans la zone de Saye, les agents du Secteur Bouna de l’OIPR découvrent des orpailleurs clandestins installés au cœur du parc. L’opération, conduite par le Capitaine N’Guessan Emile, chef du Secteur Bouna, devait permettre de mettre fin à leurs activités.
Mais l’intervention prend une tournure beaucoup plus dangereuse. Alors que les agents tentent de procéder aux interpellations, Som Sansan, qui était armé d’un fusil de calibre 12, ouvre le feu sur le Sergent-Chef Ouattara Allas. L’agent échappe au tir. Ses collègues interviennent rapidement et parviennent à maîtriser le suspect, qui est arrêté avec son arme.
Après son interpellation, il est conduit devant le parquet puis placé sous mandat de dépôt. À son procès, SOM Sansan reconnaît les faits qui lui sont reprochés. À la barre, le Sergent-Chef Ouattara Allas raconte à son tour les circonstances de l’attaque, survenue alors qu’il était en mission dans le parc.
La justice ne s’est pas limitée à la peine de prison. Som Sansan devra également verser 1 million de francs CFA à l’OIPR au titre des dommages et intérêts.
L’enquête a également permis de mettre en évidence le rôle que le condamné aurait joué auprès de groupes d’orpailleurs clandestins présents dans le Parc national de la Comoé. Il aurait notamment assuré leur protection armée afin de leur permettre de poursuivre leurs activités illégales.
Au cours des débats, une autre affaire, plus ancienne, a refait surface. Som Sansan a reconnu son implication dans une attaque menée en 2013 contre une équipe de commandos de la Direction de Zone Nord-Est de l’OIPR. Plusieurs agents avaient alors été grièvement blessés. Des victimes et des témoignages de riverains avaient également fait état de son implication.
Ces faits de 2013 n’ont cependant pas été retenus dans la décision rendue par le tribunal, qui s’est prononcé uniquement sur les infractions commises en 2024.
Du côté de l’OIPR, le verdict est accueilli comme un signal à l’endroit des personnes qui continuent d’exploiter illégalement les ressources du Parc national de la Comoé. Le Colonel Kouadio Yao Roger, Directeur de Zone Nord-Est, a salué la décision et réaffirmé la détermination de l’institution à poursuivre la lutte contre l’orpaillage clandestin et les violences visant ses agents.
Cette condamnation intervient alors que la protection des aires protégées reste confrontée à la présence de groupes d’orpailleurs clandestins. À Bouna, le tribunal vient ainsi de rappeler que l’exploitation illégale du parc peut aussi conduire ses auteurs devant les tribunaux lorsqu’elle s’accompagne d’actes de violence.
Jean Chresus, Abidjan
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