Côte d'Ivoire : Faux comptes Facebook, un escroc se faisait passer pour des hôtels pour soutirer des acomptes aux clients
Le présumé malfrat (Ph Koaci)
Une réservation d’hôtel peut aujourd’hui se faire en quelques clics. Mais derrière un compte Facebook, un numéro WhatsApp ou une belle photographie de chambre peut aussi se cacher un piège. Une chaîne hôtelière de la place en a récemment fait les frais, après avoir découvert qu’un individu utilisait son identité pour proposer de fausses réservations à des clients.
L’affaire commence lorsqu’un client alerte B.B., directrice d’un établissement hôtelier. Il lui transmet la capture d’écran d’un compte Facebook reprenant le nom, le logo et les visuels de l’hôtel. Le compte propose des chambres et invite les internautes à effectuer des réservations.
La responsable comprend rapidement qu’elle est face à une usurpation d’identité. L’objectif du faux compte serait de profiter de la notoriété de l’établissement pour attirer des clients et leur soutirer de l’argent. Pour éviter que d’autres personnes ne tombent dans le piège et protéger l’image de son établissement, B.B. saisit la Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité (PLCC).
Les investigations conduites par les enquêteurs aboutissent à l’interpellation de D.M. Au cours de son audition, le suspect reconnaît être derrière plusieurs comptes frauduleux. Il aurait mis en place un procédé similaire en ciblant différents établissements hôteliers.
Pour donner une apparence officielle à ses comptes, D.M. reprend les noms, logos, photographies et autres éléments visuels des hôtels concernés. Il associe ensuite ces faux profils à des numéros WhatsApp présentés comme des contacts destinés aux réservations.
Le stratagème repose sur une mise en scène destinée à rassurer les clients. Les publications présentent les chambres, leurs équipements, les tarifs et diverses offres. Lorsqu’un internaute se montre intéressé, les échanges se poursuivent par téléphone et sur WhatsApp. Le suspect fournit alors des informations sur l’établissement, les chambres disponibles et les conditions de séjour, tout en utilisant des photographies réelles pour rendre la fausse réservation crédible.
Le client est ainsi progressivement convaincu qu’il échange avec le véritable hôtel. Une fois la confiance installée, D.M. lui demande de verser un acompte correspondant à la moitié du prix de la réservation. Pensant avoir affaire à l’établissement choisi, la victime effectue le paiement.
C’est après l’encaissement que le piège se referme. Le faux interlocuteur cesse de répondre aux messages et devient injoignable. Les victimes se retrouvent alors sans réservation et sans possibilité de récupérer les sommes versées.
Les comptes utilisés dans cette opération auraient déjà fait l’objet de plusieurs plaintes. Pour l’heure, le montant total du préjudice financier n’a pas encore été établi.
À l’issue de l’enquête, D.M. a été présenté au parquet pour des faits présumés d’utilisation frauduleuse d’éléments d’identification d’une personne morale et d’escroquerie. Les faits sont poursuivis sur le fondement de l’article 19 de la loi n° 2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité et de l’article 61 du Code pénal.
Jean Chresus, Abidjan
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