Côte d'Ivoire : la HABG renforce le contrôle, 90,99 % de déclarations de patrimoine enregistrées en 2024
La Haute Autorité pour la bonne gouvernance (HABG) veut tirer les enseignements des résultats enregistrés en 2024 dans la lutte contre la corruption en Côte d’Ivoire. Du 31 août au 2 septembre 2026, elle réunit à Grand-Bassam les différents acteurs concernés pour examiner et valider l’avant-projet du rapport d’évaluation de la stratégie nationale de lutte contre la corruption.
Ouvert lundi à l’Hôtel Le Suprême de Grand-Bassam, l’atelier doit permettre aux participants de passer en revue le document préparé par la HABG, d’y apporter d’éventuelles corrections avant sa validation et sa transmission au Conseil de l’institution.
Représentant le président de la HABG, Zoro Bi Ballo Épiphane, le membre du Conseil Yao Kouakou Daniel a rappelé que l’évaluation régulière des politiques de lutte contre la corruption est indispensable pour mesurer les progrès réalisés et repérer les faiblesses qui nécessitent des ajustements.
« La prévention et la lutte contre la corruption ne sauraient se limiter à l’adoption de textes ou à la mise en place d’institutions spécialisées », a-t-il déclaré, soulignant que les évaluations doivent permettre d’orienter les réformes et d’améliorer les mécanismes existants.
Les données présentées au cours de la rencontre font état de plusieurs avancées en 2024. Le taux de déclaration de patrimoine est passé de 83,03 % en 2023 à 90,99 % un an plus tard. Dans le même temps, 256 services publics ont été digitalisés et 5 510 marchés publics, représentant un volume financier de 403 milliards de FCFA, ont fait l’objet de contrôles.
La HABG a également enregistré une importante activité au niveau des mécanismes de dénonciation. Selon Yao Kouakou Daniel, 902 plaintes et dénonciations ont été traitées par l’institution au cours de la période, auxquelles s’ajoutent plusieurs milliers de signalements reçus par d’autres structures spécialisées.
Ces résultats ne doivent cependant pas masquer les difficultés qui persistent. La coordination entre les différentes structures engagées dans la lutte contre la corruption, la protection des lanceurs d’alerte, la poursuite de la digitalisation, le renforcement des compétences spécialisées et le financement de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption 2024-2028 restent parmi les principaux défis identifiés.
Pour le secrétaire général de la HABG, Diamoutene Oumar Doh, la rencontre de Grand-Bassam ne doit pas être réduite à un simple exercice administratif. Il y voit un cadre destiné à confronter les résultats aux réalités du terrain et à dégager des engagements communs.
« Il est des ateliers qui ne sont pas de simples rencontres, mais de véritables plateformes de vérité, de responsabilité et d’engagement collectif. Celui-ci en est une », a-t-il déclaré à l’ouverture des travaux.
Le Sénat prend également part à la réflexion. Représentant l’institution, Bouadou Ahouassa Alexandre, secrétaire de la Commission des Affaires économiques et financières (CAEF), a assuré que le Sénat entend contribuer aux efforts engagés par l’État pour renforcer la bonne gouvernance.
Selon lui, la lutte contre la corruption doit surtout viser une réduction durable du phénomène plutôt que nourrir l’illusion de pouvoir le faire disparaître complètement.
« Nous voulons que l’Ivoirien comprenne qu’on peut aller de l’avant, on peut émerger sans forcément passer par la corruption », a-t-il déclaré, appelant à l’émergence d’une nouvelle manière de concevoir l’action publique et les pratiques professionnelles.
Les travaux prévoient des échanges en commissions sur les volets prévention et répression. Ils permettront également d’amorcer la préparation du prochain rapport d’évaluation, consacré à la période 2025-2026, avec un accent particulier sur la qualité de la collecte, de la transmission et de l’exploitation des données.
À travers cet exercice, la HABG entend donc aller au-delà du simple constat statistique. L’objectif affiché est de transformer les résultats obtenus et les insuffisances relevées en mesures concrètes pour renforcer durablement la transparence et la responsabilité dans la gestion publique en Côte d’Ivoire.
Jean Chresus, Abidjan
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