Côte d'Ivoire : Djouroutou (Guiglo), le pont du fleuve Hana menace de céder, l'inquiétude monte
À chaque passage, la même inquiétude. Sous les roues des véhicules, le pont de la Nationale A7 qui enjambe le fleuve Hana à Djouroutou, dans le département de Guiglo, donne aujourd’hui l’image d’un ouvrage à bout de souffle. Fissures, chaussée fortement dégradée, garde-corps endommagés ou inexistants : depuis plusieurs années, le pont se détériore sans qu’une véritable solution ne vienne mettre fin aux inquiétudes des usagers.
Le danger est particulièrement visible sur la chaussée. À plusieurs endroits, l’asphalte a presque entièrement disparu. La route s’est transformée en une piste difficile à franchir, qui devient glissante dès que les pluies s’installent. Pour les motocyclistes et les piétons, chaque traversée impose davantage de prudence.
Mais c’est surtout l’état général de l’ouvrage qui inquiète. Le béton présente des fissures et les abords du pont ont été fragilisés au fil des années par les crues du fleuve Hana et l’érosion. Les dispositifs de protection n’ont pas échappé à cette dégradation. Certains garde-corps sont détériorés, d’autres ont tout simplement disparu.
La situation devient encore plus préoccupante lorsque les véhicules lourds s’engagent sur le pont. Leur passage est devenu une source d’inquiétude pour les populations riveraines, qui redoutent qu’un incident ne survienne sur cet ouvrage vieillissant.
« Les usagers risquent leur vie à chaque passage sur ce pont », alerte un chef de village voisin.
Pourtant, personne ne peut véritablement se permettre de l’éviter. Il n’existe pas, à ce jour, de voie alternative permettant de rejoindre facilement l’autre rive du fleuve. Alors, malgré les risques, les populations continuent de traverser. Pour aller travailler, transporter des marchandises, rejoindre une autre localité ou simplement poursuivre leurs activités quotidiennes.
Construit dans les années 1980 dans le cadre du développement de la Nationale A7, le pont est devenu au fil du temps bien plus qu’un simple ouvrage de franchissement. Il constitue une liaison essentielle entre Djouroutou, les villages riverains du fleuve Hana et plusieurs localités du Cavally.
Son éventuelle défaillance aurait donc des conséquences importantes pour toute la zone. Une coupure de cet axe compliquerait davantage les déplacements et pourrait accentuer l’enclavement de plusieurs communautés.
« Ce pont, c’est notre seule voie vers Guiglo et Tabou », témoigne un représentant d’une collectivité locale.
Derrière ces témoignages se dessine une même crainte : attendre qu’un drame survienne avant d’intervenir. Les populations souhaitent aujourd’hui une réhabilitation du pont, mais aussi une amélioration durable de la desserte routière.
Elles en appellent aux pouvoirs publics et aux partenaires au développement pour que cet ouvrage, qui supporte depuis plusieurs décennies le poids des déplacements entre Djouroutou et les autres localités, soit enfin réhabilité.
À Djouroutou, le temps presse. Chaque jour, le pont continue d’être emprunté malgré ses fissures, sa chaussée dégradée et ses protections défaillantes. Et avec chaque nouvelle crue, chaque pluie et chaque passage de véhicule lourd, la même question revient : combien de temps encore cet ouvrage pourra-t-il tenir ?
Jean Chresus, Abidjan
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