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Côte d'Ivoire : Facturation normalisée électronique, la FENACCI lance l'ON-FNE et appelle à une véritable concertation
 

Côte d'Ivoire : Facturation normalisée électronique, la FENACCI lance l'ON-FNE et appelle à une véritable concertation

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 05 septembre 2026 - 16:15


Alors que la Direction générale des Impôts (DGI) a annoncé le démarrage, le 1er septembre 2026, des contrôles liés à la facturation normalisée électronique (FNE) et au reçu normalisé électronique (RNE), la Fédération nationale des acteurs du commerce de Côte d’Ivoire (FENACCI) monte au créneau. L’organisation réclame une suspension de l’opération et annonce la création de l’Observatoire national de la facturation normalisée électronique (ON-FNE), présenté comme une force de proposition destinée à accompagner les pouvoirs publics et les opérateurs économiques dans cette importante mutation fiscale et numérique.


La réforme de la facturation normalisée électronique entre dans une phase décisive en Côte d’Ivoire. Dans un communiqué publié le 21 août 2026, la Direction générale des Impôts a fixé au 1er septembre le début de l’opération de contrôle de la facturation normalisée électronique sur l’ensemble du territoire national.


Face à cette échéance, la Fédération nationale des acteurs du commerce de Côte d’Ivoire (FENACCI), centrale syndicale regroupant la majorité des organisations professionnelles de commerçants, a exprimé de vives préoccupations.


Dans un communiqué publié le 31 août, l'organisation a notamment sollicité la suspension de l'opération, afin de permettre l'ouverture d'une large concertation avec les acteurs concernés et de créer les conditions d'une meilleure appropriation du dispositif.


Pour la FENACCI, cette demande se justifie par les difficultés auxquelles le secteur du commerce est confronté depuis plusieurs années. Les effets cumulés de la pandémie de Covid-19, de la crise russo-ukrainienne, des tensions dans la zone du détroit d’Ormuz ainsi que les différentes hausses des prix du carburant ont fortement affecté l’activité économique.


Malgré ces contraintes, soutient l'organisation, les opérateurs économiques et les commerçants ont fait preuve de résilience et de solidarité en accompagnant les différentes mesures prises par le gouvernement pour faire face aux crises successives. La FENACCI estime toutefois que les sacrifices consentis par ces acteurs n’ont pas été suffisamment pris en compte.


Au-delà de la question du calendrier des contrôles, la FENACCI pointe surtout un déficit de préparation des contribuables à l’utilisation de la FNE et du RNE.


Pour l’organisation, le civisme fiscal ne peut être durablement assuré que si les contribuables comprennent parfaitement les mécanismes et les outils à travers lesquels leurs obligations fiscales sont mises en œuvre.


Or, estime-t-elle, cette condition n’est pas encore réunie dans le cadre de la facturation normalisée électronique. La FENACCI plaide ainsi pour une vaste campagne nationale de sensibilisation, de communication et de formation, particulièrement à l’endroit des commerçants. Une nécessité d’autant plus importante que le commerce ivoirien demeure largement marqué par l’informel et que nombre d’acteurs ne disposent pas encore des équipements ou des compétences numériques nécessaires.


Dans son propos liminaire, l’honorable Soumahoro Farikou, PCA de la FENACCI, a rappelé que la problématique de la facture normalisée n’est pas nouvelle en Côte d’Ivoire.


Selon lui, la facture normalisée est entrée dans la comptabilité ivoirienne en 2005, à la faveur de la loi de finances de cette année-là. Une réforme qu’il qualifie de véritable révolution, alors que les opérateurs économiques et les commerçants n’étaient pas suffisamment préparés à son application.


Il a notamment rappelé son engagement personnel dans cette première phase de la réforme. Alors secrétaire général de la section FENACCI d’Adjamé, il avait créé le Syndicat national des commerçants et opérateurs économiques de Côte d’Ivoire, communément appelé « le Collectif ».


 

Une grève menée par cette organisation avait alors conduit, selon son témoignage, à des avancées importantes, parmi lesquelles la possibilité de disposer de factures normalisées générées par des imprimeurs agréés, la facture normalisée pré-imprimée ainsi que la création des Centres de gestion agréés (CGA).


L’ancien combat demeure, à ses yeux, riche d’enseignements pour la transition actuelle vers le numérique.


C’est précisément la question de la préparation des acteurs qui constitue aujourd’hui l’une des principales préoccupations de la FENACCI.

L’électronisation de la facturation suppose en effet l’accès à l’électricité, aux équipements informatiques et à Internet. Or, relève l'organisation, les espaces marchands et les commerces ivoiriens ne disposent pas tous du même niveau d’équipement.


La question de la maîtrise de l’outil informatique par les commerçants se pose également avec acuité. « Nos commerçants sont-ils préparés à l’utilisation de l’outil informatique ? », s’interroge la FENACCI, qui répond par la négative.


Pour la centrale syndicale, le passage de la facture normalisée classique à sa version électronique ne doit donc pas être appréhendé uniquement sous l’angle du contrôle et de la sanction. Il doit également s’accompagner d’un dispositif d’information, d’accompagnement et de formation permettant aux contribuables de s’approprier progressivement le nouvel outil.


C’est dans ce contexte que l’honorable Soumahoro Farikou a annoncé la création de l’Observatoire national de la facturation normalisée électronique (ON-FNE).


Cette nouvelle structure ambitionne de réunir les compétences nationales et internationales liées à la facturation normalisée électronique et de constituer un cadre de réflexion sur les enjeux, les difficultés et les perspectives de cette réforme.


L’ON-FNE entend également permettre à la FENACCI de renforcer son rôle de force de proposition auprès du gouvernement ivoirien. « C’est pour se donner les moyens non seulement de maîtriser tout le processus lié à la mutation de la facture normalisée vers la version numérique, mais surtout de demeurer une force de proposition pour le gouvernement ivoirien », a expliqué le PCA de la FENACCI.


Pour conduire cette initiative, il a désigné Ouattara Lamine, président du Conseil fédéral des commerçants de Côte d’Ivoire (CFC-CI) et point focal de la facture normalisée, comme animateur de l’Observatoire.


La FENACCI estime par ailleurs avoir tenté, en amont, d’établir un dialogue avec les autorités gouvernementales. Selon l’honorable Soumahoro Farikou, deux courriers de demande d’audience ont été adressés au Premier ministre, Robert Beugré Mambé, les 23 janvier et 19 février 2026, afin de lui présenter les préoccupations de la fédération concernant la mise en œuvre de la facturation normalisée électronique.

À la date de la conférence de presse, ces demandes seraient restées sans réponse, affirme-t-il.


La FENACCI rappelle pourtant que le Premier ministre avait, lors de la cérémonie de clôture du lancement de cet instrument opérationnel, le 11 juillet 2025, insisté sur la nécessité de l’information et de la proximité avec les acteurs.


 

Pour la fédération, cette volonté d’ouverture et de concertation doit désormais se traduire concrètement sur le terrain.


À travers sa démarche, la FENACCI ne remet pas en cause le principe du civisme fiscal ni la nécessité pour les opérateurs économiques de se conformer à leurs obligations. Elle souhaite cependant que la transition numérique soit conduite avec suffisamment de pédagogie et de concertation.


La création de l’ON-FNE apparaît ainsi comme une volonté de structurer davantage la contribution des organisations professionnelles au débat sur la réforme.


À l’heure où la Côte d’Ivoire accélère sa transformation numérique et la modernisation de son administration fiscale, l’enjeu sera désormais de trouver un équilibre entre l’exigence de conformité fiscale, la lutte contre les pratiques frauduleuses et la réalité quotidienne des commerçants, notamment ceux évoluant dans les secteurs les plus faiblement numérisés.


Pour la FENACCI, une réforme aussi structurante ne saurait réussir sans l’adhésion de ceux qui sont appelés à l’appliquer au quotidien. La sensibilisation, la formation et le dialogue avec les acteurs économiques constituent, selon elle, les conditions indispensables à une mise en œuvre efficace et durable de la facturation normalisée électronique en Côte d’Ivoire.





Wassimagnon




 
 
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