Côte d'Ivoire : Performance des entreprises publiques, Mariatou « la gouvernance n'est pas une notion abstraite », le GUCE-CI transforme les mots en actes et décroche le Super Prix
Le suspense a pris fin sous les applaudissements. Mercredi 9 septembre 2026, au Palais des Congrès du Sofitel Hôtel Ivoire de Cocody, le Guichet Unique du Commerce Extérieur de Côte d'Ivoire (GUCE CI) a remporté le Super Prix de la Gouvernance, la plus haute distinction de la 8ᵉ édition du Prix d'Excellence de la Gouvernance et de la Performance des Entreprises Publiques.
Le trophée est assorti d'un chèque de 10 millions de FCFA. Une consécration qui vient récompenser les efforts engagés en matière de gouvernance, d'efficacité et de performance.
Organisée par le Ministère du Portefeuille de l'État et des Entreprises Publiques (MPEEP), la cérémonie a réuni les principaux acteurs du secteur économique et financier ivoirien autour d'un objectif : valoriser les entreprises publiques qui se distinguent par la qualité de leur gestion et l'efficacité de leurs missions.
Plusieurs structures ont été distinguées dans différentes catégories. Dans la catégorie « Performance économique et financière des entreprises non commerciales », l'AIGF a décroché le 1ᵉʳ Prix, devant l'ONECI et la SODEFOR. Pour les entreprises commerciales du secteur marchand, le GUCE PME s'est classé premier, suivi de la SIR et de la BNI. Dans la catégorie consacrée à l'efficacité dans l'exécution des missions de service public, Air Côte d'Ivoire a obtenu le 1ᵉʳ Prix, devant le GUCE CI et l'OIC. La BHCI a, pour sa part, reçu un Prix d'encouragement pour ses efforts de restructuration et de performance. Au total, ce sont dix entreprises lauréates sur cinquante-et-une structures évaluées, auxquelles s'ajoutent quatre agents d'exécution, répartis à travers quatre distinctions. Un processus d'évaluation rigoureux, conduit par un jury composé de membres issus de diverses institutions, reconnus pour leurs compétences et leur indépendance, gage de crédibilité pour ce prix.
Prenant la parole, la ministre du Portefeuille de l'État et des Entreprises Publiques, Professeur Mariatou Koné, a rappelé que la gouvernance se mesure dans les actes. « La gouvernance n'est pas une notion abstraite », a-t-elle déclaré, citant notamment la transparence, la maîtrise des risques, la fiabilité des états financiers et l'efficacité des organes de décision. Elle a annoncé un réexamen des critères d'évaluation afin de mieux prendre en compte les indicateurs sociaux, la perception des populations, la responsabilité sociétale, l'éthique et le dialogue avec les parties prenantes. Elle a également rendu hommage au Ministre Moussa Sanogo, initiateur du prix en 2019.
Pour le Directeur général du Portefeuille de l'État, Bamba Seydou, cette distinction constitue un véritable « instrument de transformation ». « Il ne s'agit pas simplement de savoir qui est le lauréat, mais plutôt qui adhère aux principes de mieux gouverner, de créer plus de valeur et de maîtriser au mieux ses risques », a-t-il souligné.
Dans son allocution, le Directeur général du Portefeuille de l'État a tenu à saluer l'engagement de la ministre Mariatou Koné, dont la vision repose sur une conviction forte : la performance durable des organisations repose avant tout sur la gouvernance. Il a rappelé les initiatives majeures engagées quelques mois seulement après sa prise de fonction, notamment l'atelier régional sur la gouvernance et la performance des entreprises publiques avec les pays de la CEMAC, ainsi que l'atelier national de validation de la stratégie de gestion du Portefeuille de l'État.
« Ces initiatives majeures témoignent de votre volonté de construire une vision partagée de l'avenir, fondée sur une gouvernance moderne, une création accrue de valeur et une meilleure contribution des entreprises publiques à la transformation économique de notre pays », a-t-il déclaré. Le Directeur général a également souligné la dimension profondément humaine de la gouvernance : « Au-delà des aspects techniques, la gouvernance est une responsabilité sociale et sociétale, car derrière les chiffres des entreprises publiques, il y a la collectivité, des emplois, le quotidien et le service public. »
La ministre Mariatou Koné a rappelé les cinq piliers sur lesquels reposent les réformes engagées par le gouvernement sous le leadership du Président Alassane Ouattara : la responsabilisation accrue des organes sociaux, le renforcement du suivi des entreprises, l'amélioration de la qualité de l'information financière, la prévention des risques budgétaires et la promotion des meilleures pratiques de gouvernance. « Grâce aux réformes engagées, les entreprises publiques ivoiriennes ont enregistré une amélioration de leurs performances économiques et financières. Ces résultats illustrent les progrès accomplis et confirment la pertinence des efforts déployés pour renforcer davantage la performance du portefeuille de l'État », s'est-elle félicitée. Elle a également annoncé que son département finalise actuellement la Stratégie de gestion du portefeuille de l'État pour la période 2026-2030, qui définira les grandes orientations et traduira l'ambition de renforcer durablement la performance, la gouvernance et la responsabilité des entreprises publiques.
« La performance ne se réduit pas à un résultat comptable », a insisté la ministre. « Elle se mesure aussi par la capacité d'une entreprise à atteindre les objectifs fixés, à remplir ses missions d'intérêt général, à améliorer la qualité de ses services, à innover, à préserver ses équilibres financiers et à produire un impact concret pour nos concitoyens. » Cette vision globale, le Prix d'Excellence l'incarne à travers les distinctions dédiées à la performance économique et financière, à l'efficacité du Conseil d'Administration et à l'encouragement des entreprises engagées sur une trajectoire de progression.
La ministre a lancé un appel à la mobilisation de tous les acteurs : les administrateurs, qui doivent exercer pleinement leur rôle d'orientation et de contrôle ; les dirigeants, qui doivent conjuguer vision stratégique, discipline de gestion et exigence de résultats ; et l'État, qui doit continuer à assurer une tutelle moderne, rigoureuse et propice à la création de valeur. Elle a également salué la présence des dirigeants du secteur privé et des partenaires au développement, y voyant « un signal fort : celui d'une communauté d'acteurs qui, malgré la diversité de leurs statuts et de leurs missions, partagent une exigence commune, celle de construire des organisations performantes, responsables et dignes de la confiance des parties prenantes ». À l'attention de la Banque Mondiale et de l'ensemble des partenaires techniques et financiers, la ministre a réaffirmé la disponibilité de son département à poursuivre le dialogue sur les meilleures pratiques en matière de gouvernance, de performance et de transformation des entreprises publiques.
Dans son discours, le Directeur général du Portefeuille de l'État a tenu à rendre un hommage appuyé à la ministre, saluant « la dimension sociologique et profondément humaine de sa vision ». Il a exprimé, au nom de l'ensemble des agents et des acteurs du Portefeuille de l'État, « une profonde gratitude » et réaffirmé leur fidélité. Citons cette sagesse africaine qu'il a partagée avec l'assemblée : « La rivière qui brise la roche n'est pas la plus forte, mais la plus persévérante. » Une métaphore qui résume l'esprit de ce prix : récompenser non seulement ceux qui atteignent des objectifs, mais ceux qui démontrent que l'excellence est une exigence quotidienne.
La ministre a tenu à rendre un hommage particulier à son prédécesseur, le Ministre Moussa Sanogo, initiateur du prix en 2019, lorsqu'il exerçait les fonctions de Ministre auprès du Premier Ministre, chargé du Budget et du Portefeuille de l'État. « Par la distinction des meilleures entreprises publiques, les objectifs visés apparaissaient très clairement : encourager la transparence dans la gestion financière des sociétés d'État, améliorer la rentabilité des entreprises publiques, valoriser le travail des mandataires sociaux », a-t-elle rappelé. « Monsieur le Ministre, merci pour l'héritage que vous nous avez laissé. Merci infiniment », a-t-elle déclaré, avant d'inviter la salle à l'ovationner chaleureusement.
Au GUCE CI, le Super Prix sonne donc comme une reconnaissance, mais aussi comme une obligation de résultat. Le trophée peut désormais trôner fièrement sur une étagère. Mais le véritable défi commence après les applaudissements : transformer cette consécration en performance durable au service de la Côte d'Ivoire. Comme l'a si bien formulé le Directeur général du Portefeuille de l'État : « Le véritable succès de ce prix que nous célébrons aujourd'hui ne réside pas uniquement dans les trophées qui seront remis, mais dans le changement de culture afin d'évoluer vers une culture où l'excellence devient la norme. »
Une ambition que la ministre Mariatou Koné a résumée en une formule limpide : « La gouvernance n'est pas une notion abstraite. Elle se traduit par la régularité du fonctionnement des Conseils d'Administration, la transparence dans la prise de décision, la fiabilité des états financiers, la maîtrise des risques, l'atteinte des objectifs économiques et l'utilisation responsable des ressources. » À toutes les entreprises qui ont pris part à cette édition, à celles qui sont montées sur le podium comme à celles qui poursuivent leur chemin vers l'excellence, le message est clair : l'excellence se construit dans la durée.
Jean Chresus
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