Côte d'Ivoire : Femmes et aviation, Dominique Ouattara ouvre grand les portes du ciel à 20 jeunes Ivoiriennes
Vingt jeunes Ivoiriennes, âgées de 15 à 18 ans, ont été officiellement mises en route, jeudi 10 septembre 2026, pour le Maroc, dans le cadre de la deuxième cohorte du Programme de bourses d’excellence « Dominique Ouattara » pour les femmes dans l’aviation civile. À la SODEXAM, à Port-Bouët, la cérémonie a également permis de célébrer les excellents résultats de la première cohorte, composée de 11 lauréates, et de réaffirmer l’ambition de renforcer la présence des femmes dans les métiers scientifiques et techniques de l’aéronautique.
Le ciel ivoirien se conjugue désormais davantage au féminin. Vingt jeunes filles, sélectionnées parmi 567 candidatures, s’apprêtent à poursuivre au Maroc un parcours de cinq années destiné à les préparer aux métiers techniques et d’ingénierie de l’aviation civile.
La cérémonie de mise en route de cette deuxième cohorte du Programme de bourses d’excellence « Dominique Ouattara » pour les femmes dans l’aviation civile s’est tenue, jeudi 10 septembre, dans la salle polyvalente de la Société d’exploitation et de développement aéroportuaire, aéronautique et météorologique (SODEXAM), à Port-Bouët.
Présidée au nom de la Première Dame, Dominique Ouattara, par la ministre du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques, Mariatou Koné, la rencontre a réuni les responsables de la SODEXAM, les partenaires du programme, les familles et les bénéficiaires.
Au-delà de la mise en route des nouvelles lauréates, la cérémonie a été l’occasion de célébrer la réussite de la première cohorte et de mettre en lumière la continuité d'une initiative qui entend faire émerger une nouvelle génération de femmes ingénieures, techniciennes et expertes dans l’aviation civile.
Une première cohorte couronnée de succès
Lancée en 2024, la première édition avait retenu 11 jeunes filles parmi 328 candidates. Après deux années de formation à l’Université Internationale de Rabat, au Maroc, toutes les bénéficiaires ont été admises, soit un taux de réussite de 100 %.
Deux d’entre elles se sont particulièrement distinguées. Touré Sitta Adja et Kamara Anne-Marie ont terminé respectivement première et deuxième de leur promotion.
Pour Mariatou Koné, ces résultats constituent une source de fierté et témoignent du sérieux des bénéficiaires. « Vous avez démontré par votre sérieux et vos excellents résultats que vous étiez dignes de la confiance placée en vous », a-t-elle déclaré à l’endroit des lauréates de la première cohorte.
Ces 11 jeunes filles s’apprêtent désormais à franchir une nouvelle étape de leur parcours en rejoignant l’Académie Internationale Mohammed VI de l’Aviation Civile de Casablanca, où elles poursuivront pendant trois années leur cycle d’ingénieur.
La formation, d’une durée totale de cinq ans, prévoit ainsi deux années à l’Université Internationale de Rabat, suivies de trois années de spécialisation à Casablanca.
Encouragée par les performances de la première cohorte, la Première Dame Dominique Ouattara a décidé de donner davantage d’ampleur au programme.
Lancée le 8 juillet 2025, la deuxième édition avait pour objectif de porter le nombre de bénéficiaires à 20 lauréates. Cet objectif a notamment été rendu possible grâce à l’engagement du ministère délégué chargé de l’Enseignement technique, qui a contribué à l’octroi de dix bourses supplémentaires.
Au total, 20 jeunes filles ont finalement été sélectionnées parmi les 567 candidatures enregistrées. Les bénéficiaires, issues d’établissements d’Abidjan et de plusieurs villes de l’intérieur du pays, ont été retenues sur la base de critères d’excellence académique. Leurs moyennes générales s’échelonnent entre 15,08 et 16,41/20.
Les critères de sélection ont par ailleurs été élargis aux séries C, D et E, avec une moyenne pondérée minimale de 14/20. Pour la première fois, les candidatures ont également pu être déposées entièrement en ligne sur une plateforme dédiée.
Pour Mariatou Koné, cette évolution traduit la volonté de moderniser le programme et de toucher un plus grand nombre de jeunes filles à travers le pays.
Prenant la parole, le ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, Jean-Louis Moulot, a insisté sur l’enjeu de la formation technique et professionnelle dans le développement de la Côte d’Ivoire.
Il a rappelé que la faible représentation des jeunes filles dans certaines filières industrielles demeure un défi. Selon lui, seulement 18 % des jeunes filles s’orientent vers les filières industrielles, ce qui souligne la nécessité de multiplier les initiatives permettant aux femmes d’investir davantage les secteurs scientifiques et technologiques.
« Votre place est partout où votre compétence vous permet d’aller », a lancé le ministre aux nouvelles bénéficiaires, les invitant à ne pas se laisser enfermer par les représentations traditionnellement associées aux métiers techniques.
Les jeunes filles seront notamment formées dans des domaines tels que le génie industriel et productique, le génie informatique, l’électronique, l’électrotechnique et les télécommunications, mais également le contrôle de la navigation aérienne et l’électronique appliquée à la sécurité aérienne.
Pour Jean-Louis Moulot, leur sélection constitue déjà « une première victoire ». Le plus important, a-t-il toutefois souligné, sera de transformer cette opportunité en réussite grâce à la rigueur, à la persévérance, à la curiosité et au travail.
Au nom de la SODEXAM, son directeur général par intérim, Abdul Adam Sylla, a salué une initiative qui répond à une conviction forte : « l’excellence n’a pas de genre ».
Selon lui, l’objectif est de contribuer à préparer dès aujourd’hui les compétences féminines dont l’aviation civile ivoirienne aura besoin demain.
« Cette cérémonie vient consacrer une ambition que la SODEXAM porte avec conviction : contribuer à préparer les compétences féminines dont l’aviation civile ivoirienne aura besoin demain », a-t-il déclaré.
Le responsable a encouragé les 20 lauréates à saisir pleinement leur chance et à faire preuve de discipline, de curiosité et d’exigence. Il leur a également rappelé que les métiers de l’aviation sont fondés sur la rigueur, la précision, l’intégrité et le sens des responsabilités.
S’adressant aux familles, Abdul Adam Sylla a également salué leur accompagnement et les sacrifices consentis pour permettre à leurs filles de poursuivre leur formation loin de la Côte d’Ivoire.
Le programme représente un investissement global de 520 millions de FCFA sur cinq ans. Il bénéficie du soutien du Cabinet de la Première Dame et du financement conjoint de la SODEXAM, de TONGON SA, du ministère délégué chargé de l’Enseignement technique et de plusieurs autres partenaires.
La SODEXAM a salué l’arrivée de nouveaux partenaires institutionnels et privés, estimant que cette mobilisation illustre l’importance d’une collaboration entre l’État, les entreprises et les établissements de formation pour répondre aux besoins futurs en compétences.
Pour Mariatou Koné, cette dynamique est également la preuve que la réussite du programme repose sur un engagement collectif.
Les bénéficiaires de la deuxième cohorte ont, elles aussi, pris la parole à travers leur porte-parole, Konan Mouayé Deborah.
Conscientes de la responsabilité qui leur incombe, les jeunes filles ont promis de porter haut les couleurs de la Côte d’Ivoire durant leur séjour au Maroc.
« Nous ne sommes pas 20 filles qui partent en vacances au Maroc, nous sommes 20 ambassadrices de la Côte d’Ivoire », a-t-elle déclaré.
Au nom de la première cohorte, Kouamenan Grâce a, pour sa part, encouragé ses cadettes à rester soudées et à persévérer face aux difficultés qui pourraient jalonner leur parcours.
Un véritable passage de flambeau s’est ainsi opéré entre les deux promotions : les 11 premières lauréates prennent la direction de Casablanca pour entamer leur cycle d’ingénieur, tandis que les 20 nouvelles bénéficiaires s’apprêtent à rejoindre Rabat pour commencer leur formation.
Au-delà des performances scolaires, le programme porte une ambition plus large : accroître durablement la présence des femmes dans les métiers de l’aviation civile.
Pour les responsables de l’initiative, les parcours de ces jeunes filles doivent servir de modèles à d’autres générations et contribuer à déconstruire les stéréotypes qui éloignent encore certaines jeunes femmes des filières scientifiques, industrielles et technologiques.
« Une jeune fille qui réussit dans un métier technique ne change pas seulement son propre destin. Elle élargit l’horizon de toutes celles qui viendront après elle », a souligné Jean-Louis Moulot.
Le programme « Dominique Ouattara » entend ainsi faire de l’excellence féminine un levier de transformation du secteur aéronautique ivoirien.
En clôturant la cérémonie, Mariatou Koné a annoncé, au nom de la Première Dame, une enveloppe de 5 millions de FCFA destinée aux 20 lauréates de la deuxième cohorte.
Un geste qui vient renforcer le message adressé aux jeunes bénéficiaires : elles partent au Maroc pour apprendre, se former et construire leur avenir, mais aussi avec la responsabilité de contribuer, demain, au développement de l’aviation civile ivoirienne.
Le ciel, comme l’a rappelé Abdul Adam Sylla, n’est plus une limite. Il devient leur horizon.
Wassimagnon
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