Cameroun : Fecafoot, derrière les accusations contre Samuel Eto'o, les aveux troublants d'un ancien cadre du Mrc
L'affaire prend une tournure inattendue. Ce vendredi 18 septembre 2026, le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Samuel Eto'o, a relayé sur son compte Facebook officiel une interview qui vient éclairer d'un jour nouveau la vague de critiques dont il fait l'objet depuis plusieurs semaines. Dans un message au ton offensif, l'ancien capitaine des Lions Indomptables dénonce un groupe d'individus qui, selon lui, « détruisent méthodiquement » le Cameroun au profit d'intérêts qu'il dit connaître, sans les nommer directement.
Aveux qui changent la donne
La vidéo relayée par Eto'o est celle d'un entretien accordé par Salomon Beas, ancien cadre du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), le parti de Maurice Kamto, qu'il a officiellement quitté il y a quelques jours. Le témoignage est sans ambiguïté : Beas affirme avoir assisté, de l'intérieur du parti, à des réunions tenues « au directoire » et dont l'unique objet était de « détruire Samuel Eto'o ». Plus grave encore, il accuse nommément son ancienne formation d'avoir « payé des influenceurs sur la toile à l'effet de salir son image et sa réputation ».
Loin d'un simple règlement de comptes, Beas situe précisément l'origine de cette hostilité : 2018, année où Samuel Eto'o avait choisi d'afficher publiquement son soutien à la candidature de Paul Biya. « Son seul péché, c'était d'avoir dit qu'il soutient le président Paul Biya », résume-t-il, avant d'assumer sans détour ses déclarations : « Je le dis et je l'assume. » Un témoignage qui, s'il se confirme, jette une lumière crue sur l'origine réelle des attaques répétées visant le président de la Fecafoot.
Accusations financières qui peinent à convaincre
Ce témoignage intervient alors que plusieurs médias accusent Samuel Eto'o d'avoir détourné à son profit les 500 000 euros perçus lors d'un match amical contre la Russie. Or, ces accusations restent à ce jour dépourvues du moindre document probant. Leur calendrier interpelle : elles ont émergé au lendemain même de la prise de position publique d'Eto'o en faveur de la candidature de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA — une concomitance qui, mise en perspective avec les révélations de Salomon Beas, nourrit l'hypothèse d'une campagne concertée plutôt que d'une simple polémique spontanée.
Cabale
Le Comité exécutif de la Fecafoot n'a pas tardé à réagir. Dans une déclaration datée du 15 septembre 2026 et signée par ses quatre vice-présidents, l'instance dénonce fermement les « insinuations », les « accusations non étayées », la « désinformation » et la « manipulation de l'opinion » dont son président fait l'objet. Elle rappelle au passage l'existence de mécanismes internes de contrôle et d'audit, garants de la transparence financière de la Fédération, et évoque un lien possible entre cet acharnement et le soutien affiché d'Eto'o à Gianni Infantino. La Fecafoot annonce enfin se réserver le droit de saisir les instances compétentes pour défendre ses dirigeants.
On notera que ce communiqué ne détaille pas dans le menu la nature exacte du paiement contesté — une réserve qui devra sans doute être levée pour couper définitivement court aux spéculations. Mais à l'heure où les accusations portées contre Samuel Eto'o ne reposent sur aucune preuve tangible, et où un témoin de l'intérieur vient corroborer l'existence d'une stratégie de dénigrement organisée, le récit d'un simple différend financier peine à s'imposer face à celui, plus documenté, d'une opération politique visant à affaiblir un homme qui a librement choisi de soutenir un candidat comme cela se passe en démocratie.
L'affaire, à ce stade,Samuel Eto'o semble davantage relever de la bataille d'influence que du scandale financier.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com
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