Côte d'Ivoire Politique
 
Cliquez pour agrandir l'image  
Côte d'Ivoire : Depuis Paris, Simone Gbagbo « le passé reste le passé », mais l'ex-Première dame livre ses vérités et veut rebattre les cartes de l'opposition
 

Côte d'Ivoire : Depuis Paris, Simone Gbagbo « le passé reste le passé », mais l'ex-Première dame livre ses vérités et veut rebattre les cartes de l'opposition

 
 
 
 330 Vues
 
  0 Commentaire(s)
 
 Il y a 3 heures
 
 
 
 
 
© Koaci.com - samedi 19 septembre 2026 - 08:42

Simone Gbagbo (Ph Koaci)



De retour à Paris après de longues années d’absence, Simone Gbagbo a choisi de parler. Invitée vendredi 18 septembre 2026 de l’émission « Tête-à-Tête » sur France 24, la présidente du Mouvement des générations capables (MGC) s’est exprimée sur plusieurs sujets qui dominent l’actualité politique ivoirienne. Arrestations de proches de Laurent Gbagbo, bilan de la présidentielle de 2025, réforme du système électoral, rapprochement entre partis d’opposition, avenir du MGC, éventuelle candidature à une prochaine présidentielle, mais aussi relations avec la France : pendant près d’une heure, l’ancienne Première dame n’a éludé aucun des sujets qui lui ont été soumis.


Dès le début de l’entretien, Simone Gbagbo a réagi aux procédures judiciaires visant des figures proches de Laurent Gbagbo, notamment Justin Koné Katinan et Habiba Touré. Le procureur de la République a annoncé le 16 septembre des poursuites et un mandat d’arrêt contre cette dernière dans le cadre d’une procédure liée aux violences survenues pendant la période électorale de 2025. Koné Katinan avait, lui, été placé sous mandat de dépôt quelques jours auparavant.


Pour Simone Gbagbo, ces nouvelles procédures ne contribuent pas à apaiser le climat politique. « Je suis toujours très attentive à la manifestation de la démocratie dans le pays », a-t-elle déclaré. Selon elle, la démocratie suppose également que les citoyens puissent exprimer leurs opinions, y compris lorsqu’elles sont opposées à celles du pouvoir en place.


« À chaque fois qu’il y a des arrestations de ce genre-là, l’atmosphère se détraque », a-t-elle poursuivi, avant de dire regretter que les interpellations se poursuivent après les élections. Elle affirme que plus de 1 500 personnes arrêtées dans le contexte électoral sont encore détenues. À ses yeux, ces personnes doivent être considérées comme des « prisonniers politiques ».


« Quand on a fini les élections, je souhaitais que la question soit réglée et que ces prisonniers-là soient libérés », a-t-elle expliqué. Elle regrette donc que cette situation perdure et que de nouvelles arrestations viennent, selon elle, prolonger les tensions politiques.


L’entretien a ensuite porté sur sa propre participation à la présidentielle de 2025. Quelques mois avant le scrutin, Simone Gbagbo affichait son ambition de l’emporter. Elle avait alors assuré qu’elle pouvait gagner. Le résultat final, avec 2,4 % des suffrages selon les chiffres évoqués durant l’émission, a constitué un sérieux revers pour la candidate du MGC.


Elle ne le nie pas. « C’est une très grosse déception », a-t-elle reconnu. Une campagne présidentielle représente, selon elle, un engagement particulièrement lourd, aussi bien sur le plan politique que physique. « Participer à une campagne électorale présidentielle, c’est dur, même physiquement », a-t-elle expliqué.


Pour autant, Simone Gbagbo refuse de considérer sa participation comme une erreur. Elle affirme que son parti avait identifié plusieurs difficultés avant le scrutin et avait demandé des réformes qui, selon elle, n’ont pas été réalisées. Elle cite notamment les questions liées à la liste électorale ainsi que sa demande d’échanges avec le gouvernement.


« Nous avions demandé une discussion avec le gouvernement. Nous n’avons pas obtenu cela non plus », a-t-elle déploré.


Malgré ces réserves, le MGC avait choisi de prendre part à la compétition électorale. Une décision que Simone Gbagbo continue d’assumer. « Quand on va à des élections, c’est toujours pour gagner », a-t-elle rappelé, tout en soulignant que son parti considérait la pluralité des candidatures comme un principe important du jeu démocratique.


La question de l’organisation des futures élections a ensuite occupé une place centrale dans l’entretien. Après la dissolution de la Commission électorale indépendante, Simone Gbagbo défend désormais une nouvelle architecture électorale. Elle propose notamment la mise en place d’un organe qu’elle souhaite indépendant à la fois des partis politiques et du gouvernement.


Son exigence est claire : « Dans l’organe qui préside à la préparation de toutes les élections dans notre pays, il n’y ait plus du tout de représentants des partis politiques et qu’il n’y ait plus du tout de représentants du gouvernement. »


Elle reconnaît ne pas savoir quelle orientation sera finalement retenue par les autorités. « Je ne peux pas dire ce que l’exécutif va faire », a-t-elle déclaré, tout en affirmant avoir entendu des informations qui ne vont pas dans le sens de sa proposition.


 

La présidente du MGC entend néanmoins poursuivre les consultations. Elle a indiqué avoir rencontré plusieurs formations politiques afin de parvenir à une proposition commune. Le PDCI, le PPA-CI et l’ADCI d’Assalé Tiémoko font notamment partie des partis contactés.


« Nous sommes en train de discuter », a-t-elle expliqué. Plusieurs propositions seraient actuellement sur la table et les différentes formations cherchent à rapprocher leurs positions.


Cette démarche ramène naturellement Simone Gbagbo vers le PPA-CI, le parti de son ancien mari Laurent Gbagbo. Le 1er septembre, elle s’était rendue au siège de cette formation avec d’autres responsables politiques de gauche. Elle affirme que cette rencontre avait notamment pour objectif de présenter sa proposition et de discuter d’une éventuelle démarche commune.


Laurent Gbagbo n’était pas présent lors de cette rencontre. Simone Gbagbo précise ne pas avoir échangé directement avec lui à propos de cette initiative. Elle estime que les relations entre formations politiques peuvent fonctionner par l’intermédiaire de leurs structures et responsables.


« Le passé reste le passé. Aujourd’hui, j’estime qu’il faut que nous allions de l’avant », a-t-elle lancé lorsqu’elle a été interrogée sur les relations avec son ancien mari et sur les épisodes ayant marqué leurs retrouvailles après son retour en Côte d’Ivoire.


Elle assure que la démarche engagée ne dépend pas nécessairement d’un contact personnel avec Laurent Gbagbo. « Ce n’est pas nécessaire. On fait un courrier, on envoie le courrier et puis le parti nous répond », a-t-elle expliqué.


Le rapprochement avec le PPA-CI s’inscrit donc, selon elle, dans une réflexion plus large sur la recomposition de l’opposition ivoirienne. Simone Gbagbo affirme vouloir dépasser les divisions du passé pour travailler sur des objectifs politiques communs.


Interrogée sur la situation de son propre parti, alors que des démissions ont été enregistrées dans ses rangs, la présidente du MGC a rejeté l’idée d’une formation en danger. « Non, absolument pas », a-t-elle répondu.


Elle explique que le MGC avait déjà entrepris une restructuration après les élections. Son séjour en France et en Europe s’inscrit également dans cette dynamique. Elle entend rencontrer les militants, installer officiellement les responsables du parti et échanger sur les prochaines étapes de son organisation.


« Depuis plusieurs années, les camarades de France et d’Europe m’avaient proposé de venir parler avec eux, partager avec eux et c’est dans ce cadre-là que je suis là », a-t-elle expliqué.


La question de son avenir personnel ne pouvait évidemment pas être éludée. Simone Gbagbo serait-elle prête à briguer une nouvelle fois la présidence de la République après le revers enregistré en 2025 ?


L’ancienne Première dame n’a pas fermé la porte. Elle a simplement demandé du temps. « On verra bien », a-t-elle répondu, estimant qu’il était encore trop tôt pour parler d’une nouvelle candidature.


Elle affirme surtout vouloir inscrire son action dans une perspective plus large : « Moi, ce que je souhaite, c’est que la nation ivoirienne, elle soit complètement transformée. »


Son retour en France a également donné une dimension particulière à l’entretien. Simone Gbagbo n’avait plus mis les pieds dans le pays depuis de nombreuses années, après les événements de 2011. Elle est revenue sur les circonstances de son arrestation et sur les accusations qu’elle avait déjà formulées à l’encontre de militaires français présents au moment des faits.


 

Elle affirme avoir été victime de violences lors de son arrestation et reproche aux militaires français présents sur place de ne pas être intervenus.


« J’ai été agressée. Il y en a qui ont essayé même de me coucher, de me violer et tout », a-t-elle déclaré, avant d’affirmer que des militaires français étaient présents et auraient filmé la scène sans intervenir.


« Ils n’ont pas levé les petits doigts pour aider qui que ce soit parmi nous », a-t-elle encore affirmé.


Malgré la gravité des souvenirs associés à cette période, Simone Gbagbo assure avoir pardonné à la France. Elle explique que son expérience de détention l’a conduite à travailler sur cette question du pardon.


« Vous savez, je l’ai écrit dans mon livre, quand j’étais à Odienné, en prison, j’ai été amenée à pardonner au président Alassane Ouattara », a-t-elle déclaré. Avant d’ajouter : « Alors pourquoi lui, je lui pardonnerais ? Et puis à la France, je lui pardonnerais pas. »


Son séjour parisien, assure-t-elle, n’est donc pas motivé par une volonté de revenir sur les blessures du passé. Elle dit être avant tout en France pour rencontrer ses militants et poursuivre le travail de structuration de son mouvement.


Au terme de l’entretien, Simone Gbagbo a ainsi affiché une ligne qui mêle défense de ses positions politiques, volonté de réorganiser son parti et recherche de convergences avec d’autres formations. Sur la question électorale comme sur celle de l’avenir de l’opposition, elle affirme vouloir poursuivre les discussions.


Quant à une éventuelle nouvelle candidature à la présidentielle, elle laisse la porte ouverte sans prendre d’engagement. « On verra bien », répète-t-elle.


Une réponse volontairement prudente, mais qui laisse ouverte la question de la place que l’ancienne Première dame entend occuper dans la vie politique ivoirienne dans les prochaines années.




Jean Chresus



 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
RESTEZ CONNECTÉ
 
En téléchargeant l'application KOACI.
  
 
 

SONDAGE

Côte d'Ivoire : Affaire Koumassi campement, les zones d'ombres élucidées après la sortie du procureur ?
 
 
   + Voir les resultats
 
 
DERNIER SONDAGE
 
Côte d'Ivoire : Katinan est-il tombé dans un piège judiciaire ?
 
2086
Oui
61%  
 
1240
Non
36%  
 
121
Sans avis
4%  
 
 
 
 
 
 
 
  0 Commentaire(s)
Côte d'Ivoire : Depuis Paris, Simone Gbagbo « le passé reste le passé », mais l'ex-Première dame livre ses vérités et veut rebattre les cartes de l'opposition
 
 
Veuillez vous connecter pour commenter ce contenu.
 
Votre avis nous intéresse.
 
 
 
Soyez le premier à commenter cet article
 
 
 
 
 
Divertissements
 
 
 
 
Réseaux sociaux
 
+164k
+110,7k
 
Pays
 
 
 
 
Télécharger l'application KOACI
 
   
NOUS CONTACTER
 
contact@koaci.com
koaci@yahoo.fr
+225 07 08 85 52 93
 
 
NEWSLETTER
 
Restez connecté via notre newsletter