Côte d'Ivoire : CMU, école, emploi, pouvoir d'achat..., la Banque mondiale veut se rapprocher des populations pour mieux impacter leur quotidien
À Abidjan, Marie Chantal Uwanyiligira, directrice de division à la Banque mondiale, a réaffirmé la volonté de l’institution de se rapprocher davantage des populations et du secteur privé. Elle a insisté sur l’accélération de la préparation des projets, l’écoute des bénéficiaires et la mobilisation de l’ensemble du Groupe de la Banque mondiale pour soutenir les réformes, l’investissement et la création d’emplois en Côte d’Ivoire.
La Banque mondiale veut changer son image et surtout sa manière d’agir. C’est le message porté par Marie Chantal Uwanyiligira, directrice de division de l’institution, lors d’une rencontre avec les bénéficiaires de ses programmes en Côte d’Ivoire.
Dès l’entame de son intervention, la responsable a placé l’ouverture et la proximité avec les populations au cœur de son propos. « Nous sommes une banque du peuple », a-t-elle martelé, présentant également le Groupe de la Banque mondiale comme une coopérative dont les pays membres sont les propriétaires.
Pour elle, cette réalité doit se traduire concrètement par une plus grande accessibilité de l’institution. Les bénéficiaires doivent pouvoir poser leurs questions, faire part de leurs préoccupations et surtout donner leur avis sur les programmes mis en œuvre.
Marie Chantal Uwanyiligira a également voulu répondre à une perception régulièrement associée à la Banque mondiale : celle d’une institution qui conçoit ses programmes depuis Washington et les impose ensuite aux pays bénéficiaires.
« On sait que beaucoup de gens pensent toujours que nous sommes une banque qui impose, une banque qui conçoit ses programmes à Washington », a-t-elle reconnu.
Elle assure toutefois que la Banque mondiale cherche désormais à partir des besoins exprimés par les bénéficiaires et à construire ses interventions avec eux.
« On est une banque qui commence par le bénéficiaire et qui finit par le bénéficiaire », a-t-elle affirmé, invitant les participants à observer directement le fonctionnement de l’institution durant les deux journées de rencontres.
Autre priorité mise en avant : la réduction des délais de préparation des projets. Marie Chantal Uwanyiligira a rappelé que le président du Groupe de la Banque mondiale avait fixé l’objectif de ramener la durée moyenne de préparation des programmes à 12 mois, contre 19 mois auparavant.
En Côte d’Ivoire, affirme-t-elle, cette ambition est déjà dépassée. « En moyenne, on prépare nos projets en neuf mois », a-t-elle indiqué.
Elle a notamment cité le programme consacré au gaz, préparé, selon elle, en cinq mois, comme exemple de la capacité de l’institution à accélérer ses procédures lorsque les conditions sont réunies.
La responsable a également évoqué la préparation d’un programme additionnel dans le domaine de la cohésion sociale, avec l’objectif de le finaliser dans un délai particulièrement court.
« Je ne dis pas qu’on est parfait. On a encore à apprendre, on a encore à améliorer », a-t-elle toutefois nuancé.
Derrière cette volonté d’accélération, la Banque mondiale entend garder une priorité : l’impact concret sur les populations, notamment sur les jeunes.
Pour Marie Chantal Uwanyiligira, la création d’emplois constitue ainsi l’une des principales boussoles de l’action de l’institution en Côte d’Ivoire. Elle estime que les jeunes, en quête d’opportunités, ne peuvent pas attendre indéfiniment la mise en œuvre des programmes.
Cette orientation explique, selon elle, l’importance accordée au secteur privé, considéré comme un acteur central de la création d’emplois.
La responsable a également insisté sur la nécessité de mobiliser l’ensemble du Groupe de la Banque mondiale plutôt que d’intervenir de manière fragmentée.
Elle a cité les différentes composantes du Groupe, notamment la Banque mondiale pour l’appui aux réformes et aux politiques publiques, la Société financière internationale (SFI) pour le financement et l’accompagnement du secteur privé, ainsi que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) pour les garanties destinées à réduire les risques liés aux investissements.
Dans le secteur de l’énergie, cette approche prend une importance particulière. Marie Chantal Uwanyiligira a rappelé que plus de 70 % de la production d’électricité en Côte d’Ivoire est assurée par le secteur privé.
L’enjeu consiste donc, selon elle, à créer un environnement permettant de sécuriser davantage les investissements privés et de soutenir la croissance des entreprises.
Pour illustrer la nécessité de mesurer l’impact réel des programmes, la responsable a livré une image particulièrement concrète.
Elle a expliqué avoir souhaité inviter sa femme de ménage à participer aux échanges afin de recueillir un regard direct sur les réalités vécues par les populations.
Est-ce que la Couverture maladie universelle (CMU) fonctionne ? Les enfants apprennent-ils à l’école ? La protection sociale permet-elle aux familles de faire face aux difficultés ? Le prix du poisson reste-t-il accessible ? Autant de questions qui, selon elle, permettent de mesurer l’efficacité réelle des politiques et des investissements.
« Derrière ces milliards, il y a une vie transformée », a-t-elle résumé.
Pour la Banque mondiale, l’évaluation d’un programme ne peut donc pas se limiter aux montants mobilisés ou aux infrastructures réalisées. Elle doit aussi permettre de déterminer si les conditions de vie des populations se sont effectivement améliorées.
La directrice de division a par ailleurs souligné l’importance des équipes locales. Le bureau de la Banque mondiale à Abidjan compte, selon elle, plus de 250 personnes.
Ces équipes travaillent avec 16 ministères ivoiriens et sont appelées à passer davantage de temps sur le terrain et aux côtés des équipes gouvernementales.
« Nous sommes votre banque, nous sommes votre coopérative », a-t-elle déclaré, appelant à renforcer la proximité entre l’institution, les pouvoirs publics, le secteur privé, les jeunes et les populations.
Marie Chantal Uwanyiligira a enfin invité les participants, notamment les étudiants et les jeunes, à faire preuve d’esprit critique à l’égard de la Banque mondiale.
Elle a reconnu que l’institution n’était pas parfaite et pouvait commettre des erreurs. L’essentiel, selon elle, est de pouvoir les identifier, écouter les critiques et améliorer les interventions.
« Si vous avez de meilleures idées, dites-le nous. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser », a-t-elle lancé.
En conclusion, la responsable a réaffirmé la volonté de la Banque mondiale de rester aux côtés de la Côte d’Ivoire pour accompagner ses transformations économiques et sociales.
« On voudrait être à vos côtés pour faire la différence, pour que l’éléphant marche. Parce que quand l’éléphant bouge, tout le monde bouge », a-t-elle déclaré, reprenant une image faisant écho à la place de la Côte d’Ivoire dans la dynamique économique régionale.
Wassimagnon
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
