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Cameroun : Ballon d'Or 2026, Eto'o et Yamal, le droit imprescriptible de choisir son camp
 

Cameroun : Ballon d'Or 2026, Eto'o et Yamal, le droit imprescriptible de choisir son camp

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 26 septembre 2026 - 08:17


Le débat était prévisible. Dès qu'un ancien grand du football camerounais prend position dans une course individuelle qui oppose, entre autres, un joueur aux origines camerounaises et un autre qui n'en a aucune, la polémique s'invite. Samuel Eto'o a choisi Lamine Yamal pour le Ballon d'Or 2026, saluant en lui un joueur « génie, audacieux, talentueux », et certains Camerounais le lui reprochent, estimant qu'il aurait dû soutenir Kylian Mbappé.


Mais faut-il vraiment s'offusquer qu'un homme exprime une préférence sportive fondée sur son vécu plutôt que sur sa nationalité - ou celle du joueur qu'il commente ?


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Eto'o n'a pas choisi Yamal au hasard. C'est au FC Barcelone qu'il est devenu une légende, c'est ce club qui l'a révélé au monde. Il y a soulevé 2 Ligues des champions (2006 face à Arsenal, 2009 face à Manchester United) et y a inscrit 131 buts en 199 matchs toutes compétitions confondues, avec 40 passes décisives à la clé. Au total, ce sont 8 trophées qu'il a remportés sous le maillot blaugrana, dont 2 Ligues des champions et 3 championnats d'Espagne. Plus largement, Samuel Eto'o reste le meilleur buteur africain de l'histoire de la Liga, avec 162 buts inscrits en Championnat d'Espagne toutes équipes confondues.


Que l'ancien numéro 9 blaugrana regarde aujourd'hui vers La Masia et vers le prodige qui en est sorti n'a rien d'une trahison : c'est la continuité logique d'une histoire personnelle. Il l'a d'ailleurs formulé sans exclure personne, associant dans le même message Yamal et Ousmane Dembélé -un joueur français - comme étant tous deux « le Ballon d'Or de nos cœurs ». Ce n'est donc pas un désaveu de Mbappé, mais un hommage à un joueur qu'il a vu grandir dans « sa » maison.


 

La nationalité, un cahier des charges ?


L'erreur de ceux qui critiquent Eto'o est de croire qu'un compatriote devrait automatiquement soutenir un autre compatriote, comme si l'origine nationale constituait une obligation morale plutôt qu'un simple fait biographique. Cette logique, poussée à l'extrême, transformerait chaque prise de parole publique en devoir identitaire - un carcan que peu de grandes figures du sport ont accepté de porter.

On se souvient que Pelé, malgré la rivalité historique entre le Brésil et l'Argentine, n'a jamais hésité à citer Diego Maradona parmi les plus grands joueurs de l'histoire, au grand dam de certains supporters brésiliens qui auraient préféré le voir ne défendre que des idoles nationales comme Garrincha ou Zico. Plus récemment, l'international belge Thomas Meunier a pris publiquement position sur le débat des joueurs binationaux, estimant que le choix d'une sélection relève avant tout de l'héritage familial et non d'un calcul sportif -une opinion à contre-courant, mais assumée, qui a nourri la polémique sans que personne ne songe à lui retirer sa légitimité à s'exprimer.


Dans chacun de ces cas, la controverse est née précisément parce que la personnalité concernée avait le courage de dire ce qu'elle pensait vraiment, plutôt que ce que son public attendait d'elle par réflexe communautaire.


Liberté, principe non négociable


Exiger d'Eto'o qu'il choisisse Mbappé au seul motif que ce dernier a des origines camerounaises reviendrait à nier toute autonomie de jugement à un homme qui a lui-même été l'objet, durant sa carrière, de jugements sportifs fondés sur le mérite et non sur l'origine. Le Ballon d'Or n'est pas un trophée communautaire : c'est une reconnaissance individuelle, et l'admiration qu'on porte à un joueur ne devrait jamais être conditionnée par des considérations extra-sportives.


 

Eto'o, en tant qu'ancien joueur, expert et désormais président de la Fédération camerounaise de football, a une légitimité particulière à commenter le jeu. Cette légitimité perdrait tout son sens si elle devait systématiquement s'aligner sur des logiques identitaires plutôt que sur une analyse sincère.

Le vrai danger n'est pas qu'Eto'o ait soutenu Yamal. Le vrai danger serait qu'il s'autocensure, qu'il taise ses convictions pour flatter un nationalisme sportif qui n'a jamais fait progresser personne. La liberté de préférer un joueur à un autre, fût-il d'une autre nationalité que la sienne, est un droit fondamental - celui de juger avec ses yeux et son cœur, et non avec son passeport.


-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.

-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com




 
 
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