Burkina Faso : AES-CEDEAO, "l'idéal, c'est une très bonne cohabitation", plaide le capitaine Traoré
Le président Ibrahim Traoré, (ph)
Le president du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré a appelé à une bonne cohabitation entre la Cedeao et l’AES, dont il assure la présidence tournante.
"L'idéal c'est une cohabitation, une très bonne cohabitation parce que tout ça, on n'aurait pas dû arriver à ça. C'est parce que malheureusement, il y a eu des esclaves de salon, des vrais nègres qui ont gâté les relations entre les pays", a declaré le capitaine Traoré lors d’un entretien télevisé.
«Sinon comment est-ce qu'un Président français va sortir et dire 'je vais faire ça', et des gens qui ne réfléchissent pas bandent les muscles pour dire qu'on va attaquer nos frères. C'est ça qui a amené ce problème de scission. Des frères noirs entre nous, et on vous amène à vous entretuer pour le plaisir du Blanc. On n'aurait jamais dû arriver à cette situation, on pouvait s'asseoir, parler et tout», a declaré le capitaine Traoré.
« Mais le fait est là. Maintenant, c'est de travailler pour cohabiter ensemble. Parce qu'une chose est sûre, nous les dirigeants, on n'est rien en fait. Ce sont les peuples qui travaillent ensemble», a poursuivi le president burkinabè.
«On a intérêt à ce qu'on cohabite de manière pacifique, coordonnée. Et c'est pourquoi nous avons dit de mettre un mécanisme en place pour les négociations, pour qu'il y ait des coopérations bilatérales entre les deux entités (Aes et Cédeao) sur les questions d'intégration, de transport, de développement et tout. On a intérêt à ce que ce soit ainsi»,a-t-il souligné.
Cohabitation ou cohabi-tension
«Mais à l'impossible nul n'est tenu. S'il y en a qui ne veulent pas le comprendre, ma posture est assez simple : s'il faut qu'on passe par des étapes violentes pour arriver au respect, on va y aller et qu'on y aille le plus vite possible d'ailleurs. Nous on est déjà dedans, on n'a pas peur de ça. Il faut que les gens comprennent qu'on n'a pas besoin de ces choses-là. S'ils le font, on le fera.
«Donc cohabitation ou cohabi-tension, on est preneur. Mais nous préférons la cohabitation pour le bonheur de nos populations. Ce sont nous les dirigeants, les populations n'ont pas grand-chose. Certes, certains travaillent à créer la haine. On verra là où ça va aboutir. Mais nous espérons que les gens vont revenir à la raison pour qu'on puisse se parler sereinement», a conclu le capitaine Ibrahim Traoré.
Se prononcant sur la force conjointe de l’AES, le président en exercice de l’AES a indiqué que le processus est en route.
«C'est l'opérationnalisation qui prend du temps seulement. Parce que quand je dis opérationnalisation, je suppose qu'on est sur la même longueur d'onde : avoir une armée totalement autonome avec ses hommes, ses moyens logistiques, ses moyens aériens, son commandement vraiment parfait, nous n'en sommes pas encore là», a-t-il déclaré.
«Ça prend du temps et ça peut se comprendre, vu que toutes nos armées sont en restructuration, en reconstruction, et peut-être que c'est pour ça que ça traîne un peu. Mais j'espère que ça viendra. (...) je pense que c'est en route, j'espère bien que ça ne va pas trop traîner», a-t-il indiqué.
Boa,Ouagadougou
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