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Côte d'Ivoire : Affaire des paiements occultes pour le déchargement de cacao, le SYNARFA-CI exige un audit indépendant sur la gestion des stocks résiduels
 

Côte d'Ivoire : Affaire des paiements occultes pour le déchargement de cacao, le SYNARFA-CI exige un audit indépendant sur la gestion des stocks résiduels

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 28 octobre 2026 - 17:39



La crise de confiance qui secoue la filière café-cacao en Côte d’Ivoire continue de susciter des réactions au sein des organisations de producteurs. Dernière en date, celle du SYNARFA-CI, qui exprime sa profonde préoccupation face aux informations relatives à la saisine de la Police économique et financière contre des responsables de coopératives, ainsi qu’à la suspension conservatoire de Thibault Yoro annoncée par l’OIA Café-Cacao CI.


En effet, dans son communiqué du 25 octobre 2026, l’organisation interprofessionnelle fait état de contreparties financières qui auraient été exigées pour faciliter le déchargement de cacao. Elle évoque également des courriers de coopératives affirmant avoir versé de l’argent sans obtenir les déchargements qui leur auraient été promis. Selon ce même communiqué, Thibault Yoro n’aurait reçu aucun mandat pour mener de telles démarches.


Face à ces révélations, le SYNARFA-CI appelle à la prudence et au respect de la présomption d’innocence. Pour autant, le syndicat estime que les investigations doivent aller au-delà du seul cas de la personne concernée, afin de déterminer si les faits rapportés relèvent de comportements isolés ou révèlent des dysfonctionnements plus larges dans la gestion de la filière.


« Sans préjuger de sa culpabilité », l’organisation considère que les témoignages recueillis auprès des coopératives justifient des investigations approfondies sur les conditions dans lesquelles les opérations d’enlèvement des stocks résiduels ont été conduites.


Au cœur des préoccupations du SYNARFA-CI figure la gestion des stocks résiduels de cacao, un dossier qui, selon l’organisation, nécessite depuis longtemps davantage de transparence.


Le syndicat rappelle avoir déjà interpellé l’opinion publique, à travers plusieurs interventions dans la presse et des déclarations publiques, sur la nécessité de soumettre ces opérations à un audit indépendant. Les récents développements renforcent, à ses yeux, le caractère urgent de cette démarche.


Au cours de tournées effectuées dans l’ouest du pays, des présidents de coopératives auraient notamment rapporté que des sommes pouvant atteindre 100 millions de francs CFA auraient été perçues par des personnes présentées comme appartenant à l’OIA, en échange du déchargement de leurs cargaisons de cacao.


Ces allégations, qui restent à vérifier, appellent, selon le SYNARFA-CI, des investigations rigoureuses permettant d'établir les faits et de situer les responsabilités éventuelles.

L'organisation demande ainsi à l'État de diligenter un audit indépendant portant sur l'ensemble de l'opération de traitement des stocks résiduels. Cet audit devrait notamment permettre de vérifier les volumes concernés, de retracer les fonds mobilisés et d'identifier les responsabilités à chaque niveau de la chaîne de gestion.


Pour le syndicat, la démarche ne saurait se limiter à un simple exercice de contrôle administratif. Les conclusions de l'audit devront être rendues publiques et déboucher sur des mesures correctives. Des sanctions appropriées devront également être prises lorsque des fautes auront été formellement établies.


À travers cette exigence, le SYNARFA-CI entend faire de la transparence un principe incontournable dans la gouvernance de la filière café-cacao.


Outre les soupçons de pratiques financières irrégulières, le syndicat pointe également l'absence de bilan public détaillé sur le traitement des stocks résiduels.


Selon sa déclaration, le Conseil du Café-Cacao et l'OIA Café-Cacao ont mis fin au processus d'enlèvement avant l'ouverture de la nouvelle campagne, au début du mois de septembre, sans qu'un état détaillé des opérations ait été porté à sa connaissance.


Cette situation alimente les interrogations des organisations de producteurs, qui souhaitent disposer d'informations précises sur les quantités de cacao concernées et sur les conditions dans lesquelles les opérations ont été réalisées.

Le SYNARFA-CI réclame donc la publication des volumes de stocks inventoriés, des quantités effectivement enlevées et des montants payés. Il demande également que soit rendue publique la liste des coopératives bénéficiaires.


Pour l'organisation, ces informations sont indispensables pour apprécier objectivement le déroulement des opérations, vérifier le respect des engagements pris et dissiper les soupçons qui pèsent sur la gestion du dossier.


 

Le syndicat insiste sur un principe. Pour cette organisation, le lancement d'une nouvelle campagne ne doit en aucun cas effacer les obligations héritées de la précédente. Les engagements financiers et administratifs encore en suspens doivent être traités avec diligence, dans l'intérêt des coopératives et des producteurs.


Environ 300 coopératives toujours dans l'attente de leurs codes


Autre sujet de préoccupation soulevé par le SYNARFA-CI, les retards dans la délivrance des codes aux nouvelles coopératives ayant déposé leurs dossiers auprès du Conseil du Café-Cacao.


Selon les informations dont dispose l'organisation, environ 300 coopératives resteraient dans l'attente du code nécessaire à l'exercice de leurs activités.


Le syndicat dénonce une situation qui pénalise directement les organisations concernées et les producteurs qu'elles représentent. Il juge difficilement compréhensible que des coopératives ayant entrepris les démarches de formalisation exigées demeurent bloquées au stade de l'obtention de leur code.


Parmi les formalités évoquées figurent notamment l'immatriculation au registre du commerce, les déclarations auprès de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) et les démarches auprès de l'administration fiscale.


Pour le SYNARFA-CI, ces retards risquent de décourager les initiatives de structuration du monde agricole et de fragiliser les efforts entrepris pour inscrire les coopératives dans un cadre légal et administratif conforme aux exigences de la filière.


L'organisation appelle donc le Conseil du Café-Cacao à accélérer le traitement des dossiers et à délivrer, dans les meilleurs délais, les codes aux coopératives dont les dossiers sont complets et conformes.


Elle estime que la formalisation des acteurs agricoles doit s'accompagner d'une administration efficace, transparente et réactive. Les producteurs qui font l'effort de se conformer aux règles ne devraient pas subir les conséquences de lenteurs administratives prolongées.


La question de la rémunération des producteurs occupe également une place centrale dans la déclaration du SYNARFA-CI.


Selon le syndicat, le traitement des stocks résiduels devait contribuer à soulager les producteurs confrontés aux difficultés d'écoulement de leur cacao. Or, les dysfonctionnements signalés et les paiements en attente auraient, au contraire, accentué leur désarroi.


À ces difficultés s'ajoute l'annonce d'un nouveau prix bord champ, jugé insuffisant par l'organisation, notamment au regard des prix évoqués dans d'autres pays producteurs.

Le SYNARFA-CI estime qu'une gestion transparente des stocks résiduels, accompagnée du règlement des sommes dues et de la publication d'un bilan détaillé, aurait permis de créer un climat plus favorable à la compréhension et à l'acceptation du nouveau prix.


En l'absence de telles garanties, l'accumulation des difficultés fragilise davantage la confiance des producteurs dans les mécanismes de gestion de la filière et complique, selon le syndicat, les efforts du Gouvernement pour maintenir un climat apaisé dans le secteur.


Face à cette situation, l'organisation plaide pour des prix bord champ justes, rémunérateurs et effectivement respectés, qui tiennent compte des coûts de production supportés par les planteurs.


Elle demande également que les écarts de prix avec les autres pays producteurs fassent l'objet de comparaisons documentées et d'explications claires. Pour le SYNARFA-CI, les décisions relatives à la rémunération des producteurs doivent reposer sur des éléments objectifs, compréhensibles et accessibles aux acteurs de la filière.


 

Au-delà du montant annoncé, c'est donc la question de la viabilité économique des exploitations agricoles et de la capacité des producteurs à vivre dignement de leur travail qui se trouve posée.


Pour le SYNARFA-CI, la résolution des difficultés actuelles passe nécessairement par une amélioration de la gouvernance des structures intervenant dans la filière café-cacao.

L'audit indépendant réclamé devrait, selon l'organisation, fournir au Gouvernement les éléments nécessaires pour prendre, dans le cadre de ses prérogatives, les décisions qui s'imposent.


Le syndicat souhaite que les structures de la filière soient dirigées par des responsables compétents, intègres et suffisamment attentifs aux réalités vécues par les producteurs.

Il rappelle que la mission des institutions agricoles doit se traduire par des améliorations concrètes des conditions de vie et de travail des planteurs, conformément aux objectifs de la politique agricole du Chef de l'État.


Dans cette perspective, le SYNARFA-CI préconise une concertation entre l'État, les structures de la filière et les représentants des producteurs. Cette démarche devrait aboutir à des engagements écrits, assortis d'échéances précises et vérifiables, afin que les décisions annoncées soient effectivement suivies d'effets.

L'organisation entend ainsi privilégier une approche fondée sur le dialogue, la responsabilité et l'obligation de rendre compte, tout en exigeant des réponses concrètes aux préoccupations exprimées par les coopératives et les producteurs.


Un appel au calme, mais aussi à des réponses concrètes


Dans sa déclaration, le SYNARFA-CI appelle les producteurs à rester unis, responsables et pacifiques. Un message qui traduit sa volonté de préserver la stabilité de la filière, sans pour autant renoncer à ses revendications.

Pour le syndicat, l'apaisement ne peut toutefois se résumer à des appels au calme. Il suppose des mesures concrètes, un traitement diligent des dossiers en attente, le règlement des sommes dues et une véritable transparence dans la gestion des opérations concernant les stocks résiduels.


L'organisation insiste également sur le sens de son engagement, qu'elle présente comme une défense des intérêts collectifs du monde agricole plutôt qu'une mise en cause personnelle de tel ou tel responsable.

« Notre combat ne vise aucune personne. Il défend la transparence, la juste rémunération et la dignité des producteurs », affirme le SYNARFA-CI.


À travers cette déclaration signée par son président, Vamara Bakayoko, le syndicat adresse ainsi un message aux pouvoirs publics et aux responsables des structures de la filière. La restauration de la confiance passe par la vérité sur les opérations passées, la résolution des difficultés administratives et financières des coopératives et la mise en place de mécanismes de rémunération plus équitables.


Car, au-delà des différends institutionnels et des controverses actuelles, le SYNARFA-CI rappelle une réalité fondamentale selon laquelle la filière café-cacao repose avant tout sur le travail des producteurs. Leur rémunération, leur dignité et leurs conditions de vie doivent, selon lui, demeurer au centre des décisions.

« Sans producteurs, il n'y a ni café-cacao, ni Conseil du Café-Cacao, ni interprofession, ni industrie. Celui qui travaille la terre doit pouvoir vivre dignement de son travail. »


C'est sur cette conviction que le SYNARFA-CI fonde son appel à une réforme des pratiques de gouvernance et à un engagement renouvelé en faveur des producteurs ivoiriens.



Wassimagnon




 
 
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