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Côte d'Ivoire : Pharmacovigilance, l'AIRP mobilise les professionnels de santé pour mieux protéger les mères et les enfants
 

Côte d'Ivoire : Pharmacovigilance, l'AIRP mobilise les professionnels de santé pour mieux protéger les mères et les enfants

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 04 novembre 2026 - 18:25


À l’occasion de la 11ᵉ édition de la Semaine mondiale de la sécurité des médicaments (#MedSafetyWeek 2026), l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP) intensifie ses actions de sensibilisation sur le terrain. Le 3 novembre, à l’Hôpital Mère-Enfant Dominique Ouattara de Bingerville, elle a organisé une session de renforcement des capacités destinée aux professionnels de santé. Objectif : promouvoir la notification des effets indésirables des médicaments et renforcer la protection des populations les plus vulnérables, notamment les femmes enceintes, les nouveau-nés et les enfants.


Bingerville, 3 novembre 2026. La sécurité des médicaments constitue un enjeu majeur de santé publique. Pour renforcer la culture de la pharmacovigilance en Côte d’Ivoire, l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP) a lancé, mardi 3 novembre, sa campagne de sensibilisation de proximité dans le cadre de la #MedSafetyWeek 2026, qui se déroule du 2 au 8 novembre.


Première étape d’une tournée nationale dans cinq établissements de santé de référence, l’Hôpital Mère-Enfant Dominique Ouattara (HME) de Bingerville a accueilli une séance de formation et de sensibilisation consacrée à la pharmacovigilance. Cette initiative vise à outiller davantage les professionnels de santé sur les mécanismes de détection, de déclaration et de suivi des effets indésirables liés à l’utilisation des médicaments.


La cérémonie d’ouverture a été marquée par le mot de bienvenue de Daouda KOUYATÉ, Directeur général adjoint de l’HME. Représentant le Directeur général de l’AIRP, le Dr Audrey DINDJI KODIA, Cheffe du Service Vigilances et Essais Cliniques (SVEC), a souligné la volonté de l’institution de consolider les acquis de la précédente édition. Elle a notamment rappelé que l’AIRP retrouvait l’établissement près d’un an après une première session organisée dans le cadre de la #MedSafetyWeek 2025, avec l’ambition de renforcer davantage les pratiques de notification.


La sécurité médicamenteuse des mères et des enfants au cœur des préoccupations

Le thème de cette édition, « Effets indésirables : ne les ignorez pas, notifiez-les ! », revêt une importance particulière dans un établissement spécialisé dans la prise en charge des femmes et des enfants.


En effet, les femmes enceintes ou allaitantes, les nouveau-nés et les enfants demeurent des populations insuffisamment représentées dans les essais cliniques. Les connaissances relatives à la sécurité des médicaments chez ces patients reposent donc largement sur les données recueillies après leur commercialisation, notamment grâce aux déclarations des professionnels de santé.


Pour illustrer l’importance de cette démarche, le Dr Audrey DINDJI KODIA est revenue sur les origines historiques de la pharmacovigilance, marquées par le drame de la thalidomide au début des années 1960. Ce médicament sédatif, prescrit à des femmes enceintes, avait provoqué des milliers de malformations congénitales chez les enfants exposés in utero. Une tragédie qui a profondément marqué l'histoire de la sécurité médicamenteuse et renforcé la nécessité d'une surveillance permanente des médicaments.


Au cours de la session, les participants ont également été sensibilisés au dispositif réglementaire ivoirien encadrant la pharmacovigilance.


Le cadre juridique repose notamment sur la loi n° 2017-541 du 3 août 2017 portant création de l’AIRP et sur l’arrêté n° 000345 du 14 juillet 2026 relatif à l’organisation et à la mise en œuvre des vigilances en Côte d’Ivoire.


À ce titre, l’article 17 de cet arrêté fait obligation à tout professionnel de santé ayant connaissance d’un effet indésirable de le notifier immédiatement à l’AIRP, indépendamment de son implication dans la prescription, la délivrance ou l’administration du produit concerné.


L’article 9 prévoit, quant à lui, que les établissements sanitaires, publics comme privés, disposent d’un dispositif interne de vigilance. Ils sont également tenus de former et de sensibiliser leurs personnels, ainsi que de transmettre à l’autorité compétente les informations relatives aux événements de vigilance.


 

Un message essentiel a été rappelé aux participants : il n’est pas nécessaire d’avoir la certitude qu’un médicament est à l’origine d’un effet indésirable pour effectuer une déclaration. Le doute suffit. Il appartient ensuite à l’AIRP et à son comité d’experts d’évaluer le lien de causalité.


« Notifier n’est pas dénoncer », a insisté le Dr Audrey DINDJI KODIA, précisant que la pharmacovigilance n'a pas une vocation punitive. Elle vise avant tout à prévenir les risques, à améliorer la sécurité des traitements et à protéger les patients.


La sensibilisation a également porté sur les événements qui doivent faire l’objet d’une notification, même en l’absence de manifestations cliniques.

Il s’agit notamment des erreurs médicamenteuses, y compris celles interceptées avant l’administration du produit, des surdosages, de l’utilisation de médicaments en dehors de leurs indications autorisées, des défauts de qualité ainsi que de toute exposition à un médicament pendant la grossesse ou l’allaitement.

Cette dernière situation mérite une attention particulière, même lorsque la mère et l’enfant ne présentent aucun symptôme.


Pour faciliter l’assimilation de ces notions, huit cas pratiques inspirés de situations courantes en maternité et en pédiatrie ont été soumis aux participants. L'exercice a permis de mettre en évidence l'importance de la notification, sept des huit situations présentées nécessitant un signalement.


Les données nationales présentées au cours de la rencontre soulignent l’ampleur des efforts à fournir pour améliorer le système de pharmacovigilance en Côte d’Ivoire.

En 2024, l’AIRP a enregistré 2 122 notifications, dont 1 972 manifestations post-vaccinales indésirables (MAPI). En 2025, le nombre total de déclarations s’est établi à 878, parmi lesquelles 727 MAPI.

Ces statistiques mettent en évidence la faible proportion des notifications relatives aux effets indésirables des médicaments, qui demeure autour de 150 déclarations par an. Un niveau jugé insuffisant au regard de la population ivoirienne, estimée à près de 30 millions d’habitants.


Afin de faciliter les signalements, l’AIRP met à la disposition des professionnels de santé et des populations plusieurs canaux de notification : l’application mobile gratuite Med Safety, disponible sur Android et iOS, son site internet www.airp.ci ainsi que l’adresse électronique pharmacovigilance@airp.ci.


Les participants ont d’ailleurs bénéficié d’un accompagnement pratique pour installer l’application Med Safety et se familiariser avec cet outil de déclaration.

L’Hôpital Mère-Enfant, vers un futur centre de référence en pharmacovigilance

Au-delà de la formation, cette rencontre a permis de mettre en lumière les initiatives déjà engagées par l’Hôpital Mère-Enfant en matière de surveillance des médicaments.

Dr Viviane KOUASSI, Cheffe du service de pharmacie de l’établissement, a présenté le dispositif interne de vigilance ainsi que le circuit de notification mis en place au sein de l’hôpital. Une démarche qui traduit concrètement l’application des exigences réglementaires en matière de pharmacovigilance.


La session a été clôturée par la Professeure Sylvia DA SILVA-ANOMA, Directrice médicale et scientifique de l’HME.


La matinée s’est poursuivie par une séance de travail restreinte entre l’équipe chargée de la pharmacovigilance de l’établissement et les représentants du Service Vigilances et Essais Cliniques de l’AIRP.


Les échanges ont notamment porté sur la perspective de faire de l’Hôpital Mère-Enfant Dominique Ouattara un centre de référence en pharmacovigilance pour le couple mère-enfant. Cette ambition s'appuierait sur l'expérience acquise par l'établissement dans la mise en place de son système interne de vigilance. Les deux parties ont ainsi examiné les conditions et les différentes étapes nécessaires à la concrétisation de ce projet.


 

La Direction de l’HME a accueilli favorablement cette perspective, qui s’inscrit dans la stratégie de l’AIRP visant à renforcer le réseau national de pharmacovigilance et à impliquer davantage les structures sanitaires dans la surveillance de la sécurité des produits de santé.


Avec cette première étape à l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville, l’AIRP donne le coup d’envoi de sa campagne de sensibilisation de proximité, qui doit se poursuivre dans quatre autres structures sanitaires de référence jusqu’au 8 novembre 2026.


En parallèle, une campagne de communication est déployée sur les réseaux sociaux de l’institution afin de toucher un public plus large et d’encourager les comportements responsables en matière de sécurité médicamenteuse.


À travers cette 11ᵉ édition de la #MedSafetyWeek, l’AIRP entend faire de la notification des effets indésirables un réflexe partagé par les professionnels de santé et les patients. Car derrière chaque signalement se trouve une possibilité de détecter un risque, de prévenir un accident médicamenteux et, surtout, de sauver des vies.


Wassimagnon







 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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