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Côte d'Ivoire : Finances publiques, Adama Coulibaly défend le bilan 2025 et les nouvelles orientations budgétaires de 2026
 

Côte d'Ivoire : Finances publiques, Adama Coulibaly défend le bilan 2025 et les nouvelles orientations budgétaires de 2026

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 05 novembre 2026 - 18:09



Réunis le jeudi 5 novembre 2026 au Palais de l’Assemblée nationale, les membres de la Commission des affaires économiques et financières (CAEF) ont adopté à l’unanimité les projets de loi portant règlement du budget de l’État pour 2025 et modification du budget 2026. Au terme d’échanges nourris avec le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, les parlementaires ont notamment abordé les enjeux de l’endettement, de l’exécution des investissements publics et de la préservation du pouvoir d’achat des ménages.


Les finances publiques ivoiriennes franchissent une nouvelle étape sur le plan parlementaire. Les deux principaux textes soumis à l’examen de la Commission des affaires économiques et financières (CAEF) ont reçu, jeudi 5 novembre 2026, l’approbation unanime des députés présents. Il s’agit du projet de loi portant règlement définitif du budget de l’État pour l’exercice 2025 et du projet de loi de finances rectificative pour l’année 2026.


Sur les 43 membres que compte la commission, 41 ont pris part au vote. Tous ont donné leur accord aux deux textes, à l’issue d’une séance marquée par des échanges sur les performances économiques du pays, mais également sur les défis liés à la gestion de la dette, à l’efficacité des dépenses publiques et aux conséquences de la conjoncture internationale sur les finances de l’État.


Présent devant les commissaires, le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a défendu le bilan de l’exercice budgétaire 2025, mettant particulièrement en avant la résilience de l’économie ivoirienne. Malgré un environnement international difficile, le pays a enregistré un taux de croissance de 6,5 %.


Ces performances ont été saluées par les députés du RHDP. Toutefois, les représentants du PDCI-RDA et du groupe parlementaire Agir ont soulevé plusieurs préoccupations, notamment sur le niveau d’endettement de la Côte d’Ivoire et le suivi de l’exécution des projets financés par les ressources publiques.


Loin de remettre en cause l’adoption du texte, ces observations n’ont pas empêché les députés de l’opposition de voter en faveur du projet de loi, dans un esprit de responsabilité institutionnelle.


Interrogé sur les divergences entre les chiffres du déficit budgétaire présentés par le gouvernement et ceux relevés par la Cour des comptes, Adama Coulibaly a expliqué cet écart par une différence de méthodologie et de périmètre de calcul.


« Il s'agit d'une question de méthode et de champ », a-t-il précisé, soulignant que l'approche gouvernementale prend en compte l'ensemble des catégories de recettes, y compris celles qui sont affectées à des dépenses spécifiques.


Le ministre a également rassuré les parlementaires sur la maîtrise de la masse salariale, affirmant que la Côte d'Ivoire respecte le plafond communautaire fixé à 35 % des recettes fiscales.


S'agissant des retards constatés dans la réalisation de certains investissements publics, il les a notamment attribués aux procédures de sauvegarde environnementale et sociale ainsi qu'aux opérations d'indemnisation des populations concernées.


 

Sur la question de la dette publique, le ministre a défendu la stratégie gouvernementale, évoquant une gestion active et stratégique de l'endettement qui aurait permis à la Côte d'Ivoire de passer d'un risque de surendettement modéré à un risque faible.


Le second volet des travaux a porté sur le projet de loi de finances rectificative pour l'exercice 2026. Devant les députés, Adama Coulibaly a justifié la révision des prévisions budgétaires par les évolutions de la conjoncture économique internationale.


Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations enregistrées dans le détroit d'Ormuz ont notamment contribué à la hausse des cours du pétrole. À l'inverse, le marché du cacao a connu un repli, entraînant de nouvelles contraintes sur les perspectives économiques et budgétaires du pays.


Pour tenir compte de ces évolutions, le gouvernement a procédé à un réajustement du budget général, qui augmente de plus de 22,5 milliards de FCFA pour s'établir à 17 372,68 milliards de FCFA. Malgré cette révision, le déficit budgétaire est maintenu à 3,8 % du produit intérieur brut (PIB).


Cette nouvelle configuration budgétaire intervient également dans un contexte de ralentissement des perspectives de croissance économique, désormais estimées à 6,2 %.


Le ministre a reconnu que cette évolution pourrait affecter les recettes de l'État, notamment les prélèvements fiscaux. « Si le niveau d'activité baisse, forcément les impôts, ça va baisser subséquemment », a-t-il fait observer.


Au cours des échanges, les députés ont également voulu connaître les conséquences de la conjoncture internationale sur les conditions de vie des populations, particulièrement face à la hausse des prix des hydrocarbures.


En réponse, Adama Coulibaly a défendu les mécanismes de soutien mis en place par le gouvernement pour limiter les répercussions de la flambée des cours du pétrole sur les consommateurs et les différents secteurs d'activité.


« Un gouvernement responsable prend des mesures », a-t-il déclaré, estimant que le dispositif de soutien au prix du carburant à la pompe a permis d'éviter des conséquences économiques et sociales plus importantes.


Selon lui, sans cette intervention de l'État, la hausse du baril aurait provoqué des répercussions en chaîne sur plusieurs secteurs, notamment le transport, les activités économiques et les prix des biens et services.


Pour préserver les ressources publiques et soutenir la croissance, le gouvernement entend par ailleurs poursuivre plusieurs réformes structurelles. Le ministre a notamment cité l'accélération de l'industrialisation, la modernisation des services douaniers et la mise en œuvre du plan de rationalisation des dépenses publiques.


Concernant ce dernier dispositif, il a assuré que la quasi-totalité des mesures prévues est déjà effective.


 

Autre annonce importante de cette séance : la vocation du nouveau Fonds souverain ivoirien. Présenté comme un instrument stratégique, ce mécanisme devrait contribuer à renforcer la capacité de résistance de l'économie nationale face aux chocs extérieurs.


Pour Adama Coulibaly, la constitution de réserves financières constitue un impératif pour permettre à l'État de mieux anticiper les crises, de protéger les populations et de disposer de ressources supplémentaires pour soutenir les investissements structurants.


À terme, ce fonds devrait également contribuer au financement des projets inscrits dans le Plan national de développement (PND), tout en renforçant la capacité de l'État à faire face aux éventuelles turbulences économiques internationales.


Au terme de l'examen des deux projets de loi, les 41 députés présents ont unanimement donné leur approbation. Cette adoption marque ainsi une double validation parlementaire : celle de l'exécution budgétaire de l'année 2025 et celle des ajustements apportés à la programmation financière de 2026.


Au-delà de ce vote, les discussions ont mis en évidence les principaux défis auxquels reste confrontée la gestion des finances publiques ivoiriennes : préserver les équilibres macroéconomiques, contenir l'endettement, améliorer l'efficacité des investissements et protéger le pouvoir d'achat des ménages.


Dans un contexte international marqué par les incertitudes géopolitiques et les fluctuations des marchés des matières premières, le gouvernement entend maintenir le cap de la croissance tout en renforçant les mécanismes de résilience économique du pays.


Wassimagnon





 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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