Côte d'Ivoire : Concessions forestières, le ministère des Eaux et Forêts démonte les "allégations" du SYLIA et dresse un bilan rassurant
Face aux informations jugées approximatives et aux allégations relayées par le Syndicat libre des agents de la Société de développement des Forêts (SYLIA) le 8 janvier 2026, le ministère des Eaux et Forêts est monté au créneau. Dans un communiqué officiel rendu public le 10 janvier 2026 à Abidjan, le département ministériel a tenu à rétablir les faits et à apporter des clarifications sur le processus de gestion des conventions de concession forestière en Côte d’Ivoire.
Le ministère rappelle que la politique de concession forestière s’inscrit dans un contexte de dégradation alarmante du couvert forestier national. Dès 1999, un bilan diagnostic de la forêt ivoirienne avait tiré la sonnette d’alarme et formulé des recommandations fortes, parmi lesquelles l’ouverture de la gestion des forêts classées au secteur privé, afin de compenser l’insuffisance des ressources financières publiques et de garantir une gestion durable des espaces forestiers.
Si cette orientation stratégique a initialement rencontré des difficultés dans sa mise en œuvre, elle a été réaffirmée avec insistance lors des États généraux de la forêt, de la faune et des ressources en eau organisés en 2015. Ces assises nationales ont confirmé la nécessité d’impliquer d’autres acteurs, notamment privés, dans la gestion des forêts classées.
Un cadre juridique et institutionnel bien défini
Cette vision a été consolidée en 2018 avec l’adoption par le Gouvernement de la Politique de Préservation, de Réhabilitation et d’Extension des Forêts, dont l’objectif est de porter la couverture forestière nationale à 20 % à l’horizon 2030. Le Code forestier promulgué en 2019 constitue le socle juridique de cette politique. En son article 56, il autorise explicitement l’État à concéder la gestion de son domaine forestier privé aux collectivités territoriales, aux personnes morales de droit privé et aux communautés rurales.
Pour rendre cette disposition opérationnelle, le décret n°2021-437 du 23 septembre 2021 a fixé le cadre général de gestion des forêts classées éligibles au régime de concession. À ce jour, 86 forêts classées ont été déclarées éligibles à ce dispositif, avec pour finalité leur réhabilitation.
Le ministère précise que l’examen des demandes de concession relève de la Commission consultative d’analyse des demandes de concessions forestières, instituée par arrêté interministériel n°00578 MINEF/MATD/MINADER/MEF/MINEF du 3 juillet 2020. Cette commission réunit des représentants des ministères en charge des Eaux et Forêts, de l’Agriculture, des Finances, de l’Intérieur et de l’Environnement. Elle se réunit chaque fois que de besoin pour analyser les dossiers soumis.
À l’issue de ces travaux, les projets de conventions de concession sont transmis aux ministres compétents pour signature. Leur exécution mobilise l’ensemble des parties prenantes, notamment la Société de développement des forêts (SODEFOR), placée sous la tutelle technique du ministère des Eaux et Forêts.
S’agissant de la mise en œuvre des plans d’aménagement, le ministère souligne qu’elle est assurée par les concessionnaires, en étroite collaboration avec la SODEFOR. Cette dernière apporte son expertise technique dans le cadre de protocoles d’accords portant sur la surveillance forestière, la production de plants, les opérations de reboisement et l’entretien des parcelles.
Deux ans après le démarrage effectif du processus de concessions forestières, le bilan présenté par le ministère se veut résolument positif. Dix-sept plans d’aménagement de forêts classées et d’agroforêts ont été validés, représentant un investissement de plus de 300 milliards de francs CFA sur une période de dix ans. Ces investissements bénéficient à la fois à la réhabilitation des forêts et aux communautés riveraines, à travers la construction d’écoles, de centres de santé, des adductions d’eau potable et la réhabilitation de pistes rurales.
Sur le terrain, plus de 5 000 hectares ont déjà été reboisés, la surveillance des forêts sous concession a été renforcée et les capacités opérationnelles de la SODEFOR améliorées grâce à l’acquisition de véhicules, de motos et de matériels techniques financés par certains concessionnaires. Le processus a également permis la création de 3 000 emplois directs, principalement au profit des femmes et des jeunes issus des communautés riveraines.
« Au total, la mise en œuvre des conventions de concession a permis de freiner significativement la déforestation et d’amorcer efficacement la réhabilitation des forêts », souligne le communiqué signé par la directrice de cabinet du ministère, le Conservateur général Zouzou épouse Mailly Elvire-Joëlle.
Le ministère des Eaux et Forêts réaffirme enfin sa disponibilité pour fournir tout complément d’information et assure que la Stratégie de Préservation, de Réhabilitation et d’Extension des Forêts évolue conformément aux orientations de la politique forestière nationale.
Wassimagnon
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