Cameroun : Procès Martinez Zogo, la défense d'Eko Eko plaide l'innocence sur la base des témoignages
Selon un communiqué, le collectif d'avocats de l'ancien Directeur général de la recherche extérieure (DGRE contre-espionnage camerounais), estime que les auditions devant le Tribunal Militaire de Yaoundé dédouanent leur client de toute implication dans l'enlèvement, la torture et l'assassinat du journaliste.
Le collectif des avocats de Léopold Maxime Eko Eko, l'un des principaux accusés dans l’affaire Martinez Zogo, affirme que les dépositions des témoins à charge plaident paradoxalement en faveur de l'innocence de leur client.
Selon la défense, sur la quarantaine de témoins du Ministère Public annoncés, plus d'une vingtaine ont déjà été entendus. Une constante émerge de ces auditions : l'absence d'éléments probants établissant la participation de Léopold Maxime Eko Eko dans l'opération criminelle ayant coûté la vie au directeur de la radio Amplitude FM.
Les trois dernières sessions d'audiences ont particulièrement marqué un tournant dans le procès. Les personnels de la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE), institution que dirigeait l'accusé, ont témoigné de manière unanime et concordante. Leurs déclarations convergent vers une conclusion troublante : l'opération ayant conduit à l'enlèvement, la séquestration, la torture et l'assassinat de Martinez Zogo était totalement inconnue des services officiels de la DGRE.
Réseau parallèle
Selon ces dépositions, les connexions ayant rendu possible cette opération criminelle ne relevaient pas d'un ordre institutionnel, mais de relations personnelles entre certains agents. Ces derniers auraient agi à l'insu de leur hiérarchie, motivés par des intérêts particuliers et des solidarités individuelles plutôt que par une directive officielle.
« Destruction systématique » dénoncée
Le collectif d'avocats, composé de Mes Ofomo Toueli Justin, Ngoumou Josiane Florence, Ndjah Joseph Désiré, Ndjana Ndjana Bernard Hossanna, Licken Junior, et des avocats au Barreau de Bruxelles Jean Pierre Buyle et Jeri Simplice Zokou, ne mâche pas ses mots dans son communiqué.
Les conseils de la défense dénoncent vigoureusement ce qu'ils qualifient de « collusions incestueuses et honteuses » entre d'une part les conseils des parties civiles et ceux de certains accusés, et d'autre part « une entreprise tenace » qui s'emploierait systématiquement à détruire les arguments du Ministère Public.
Plus grave encore, les avocats pointent du doigt l'incapacité de certaines parties à produire des arguments contraires aux dépositions des témoins pourtant désignés par l'accusation elle-même. Face à cette situation, certains se répandraient dans les médias, s'érigeant en juges de la compétence ou de l'incompétence de la DGRE, une institution qui bénéficie pourtant d'une reconnaissance internationale bien établie au-delà des frontières du Cameroun.
L'un des points les plus sensibles soulevés par la défense concerne le traitement médiatique de l'affaire. Avant même que la justice n'ait rendu son verdict, Léopold Maxime Eko Eko aurait été présenté comme un coupable idéal dans l'espace public. Cette désignation prématurée, selon ses avocats, aurait créé un climat de préjugé défavorable à leur client, entravant potentiellement sa présomption d'innocence.
Le procès Martinez Zogo dépasse largement le cadre d'une simple affaire criminelle. Il soulève des questions fondamentales sur la liberté de la presse au Cameroun, sur le fonctionnement des institutions de sécurité, sur les réseaux d'influence et de pouvoir, et sur la capacité de la justice à établir la vérité dans un dossier aussi sensible.
L'assassinat du journaliste Martinez Zogo, connu pour ses investigations sur la corruption et les détournements de fonds publics, avait provoqué une onde de choc au Cameroun et au-delà.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-oucameroun@koaci.com
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