Niger : Le Parlement européen exige la libération de Bazoum , Niamey dénonce une ingérence
Le ministre des Affaires étrangères du Niger, Bakary Yaou Sangaré, a convoqué jeudi la chargée d’affaires par intérim de la délégation de l’Union européenne, Nicoletta Avella, pour lui remettre une lettre officielle de protestation.
Cette démarche fait suite à l’adoption d’une résolution du Parlement européen réclamant la libération immédiate de l’ancien président Mohamed Bazoum, renversé lors du coup d’État de juillet 2023 et détenu depuis.
Le texte a été adopté à une très large majorité : 524 voix pour, deux contre et 29 abstentions. Les eurodéputés dénoncent notamment l’absence d’accès de Mohamed Bazoum et de son épouse à un avocat ainsi que les restrictions concernant les visites familiales.
La résolution appelle également la communauté internationale à intensifier les efforts diplomatiques en faveur de sa libération. Le mandat présidentiel de l’ancien chef de l’État doit officiellement prendre fin le 2 avril prochain.
Les autorités nigériennes ont rejeté cette résolution, la qualifiant d’« ingérence » dans les affaires intérieures du pays et dénonçant une attitude « paternaliste et condescendante » de l’Union européenne.
Notons que les relations entre Niger et l’Union européenne se sont nettement détériorées depuis le coup d’État de juillet 2023. Bruxelles avait suspendu sa coopération avec Niamey et refusé de reconnaître les autorités issues du putsch.
Depuis, les autorités nigériennes ont mis fin aux missions civile et militaire de l’UE sur leur territoire et ont également annulé les accords migratoires conclus avec l’Union.
En novembre 2024, Niamey avait par ailleurs demandé le remplacement de l’ambassadeur européen, accusé de mauvaise gestion d’un fonds humanitaire.
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