Côte d'Ivoire : Crise du cacao, l'OIA appelle à l'évacuation urgente des 100 000 tonnes de stocks pour apaiser les tensions
Réunie en Conseil d’administration, l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) Café-Cacao a fait le point sur la situation préoccupante de la filière, marquée par la question sensible des stocks résiduels et la baisse du prix du cacao. À l’issue de cette rencontre, les responsables de l’organisation ont tenu à rassurer les producteurs tout en appelant à une action rapide des autorités.
Prenant la parole en ouverture, le Secrétaire général Bouabré Marc a expliqué le retard de la rencontre par la tenue du Conseil d’administration, consacré notamment à la gestion des défis actuels du secteur.
Au nom de l’OIA, le troisième vice-président Doua Obed a détaillé les conclusions des travaux. L’ordre du jour portait sur la validation du budget de fonctionnement, le recrutement d’un directeur exécutif et surtout la gestion des stocks résiduels, sujet au cœur des inquiétudes.
L’organisation se veut toutefois rassurante : « Nous travaillons pour que le climat social demeure apaisé et que les producteurs poursuivent sereinement leurs activités », a-t-il déclaré.
Selon les chiffres communiqués, sur les 100 000 tonnes de cacao recensées dans les coopératives, environ 37 774 tonnes ont été effectivement enlevées, tandis que près de 13 000 tonnes sont en cours d’acheminement. Il resterait donc entre 55 000 et 60 000 tonnes encore stockées. Une situation qui alimente la grogne de nombreuses coopératives, certaines détenant encore plusieurs milliers de tonnes invendues.
L’OIA affirme néanmoins avoir reçu des assurances des autorités ivoiriennes, y compris du président Alassane Ouattara, quant à l’évacuation totale des stocks dans les prochains jours.
Autre point sensible : le prix de la campagne intermédiaire, fixé à 1 200 FCFA/kg, contre 2 800 FCFA/kg lors de la précédente campagne. Si cette chute a suscité des frustrations, les producteurs semblent s’en accommoder dans un esprit de responsabilité. « Les 1 200 FCFA restent au-dessus des 60 % du prix du marché mondial, estimés à 947 FCFA », a précisé Doua Obed.
La petite campagne a d’ailleurs déjà démarré, avec des ventes effectives observées sur le terrain.
L’OIA a également pointé du doigt certaines irrégularités dans la gestion des stocks. Elle évoque notamment, 15 000 tonnes attribuées à l’exportateur Transcao 30 000 tonnes captées par un opérateur privé, la Sitapa. Selon l’organisation, ces volumes devraient être réorientés vers les coopératives initialement bénéficiaires, afin de permettre aux producteurs d’entrer en possession de leurs revenus.
L’OIA insiste sur son rôle institutionnel et privilégie le dialogue avec les pouvoirs publics. Elle a saisi l’Assemblée nationale et la Primature afin d’accélérer la résolution du problème.
Par ailleurs, face à des rumeurs de destruction de plantations, l’organisation appelle les producteurs à la retenue : couper les cacaoyers ne saurait être une solution durable.
En conclusion, l’OIA plaide pour une gestion plus équitable et rapide des stocks résiduels afin de garantir la stabilité sociale dans les zones de production. Si des avancées sont constatées, l’urgence reste entière pour solder les 100 000 tonnes en attente et restaurer la confiance des producteurs.
Wassimagnon
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
