Côte d'Ivoire : Finances publiques, le pays valide une évaluation PEFA++ globalement positive, mais doit encore corriger des points critiques
La Côte d’Ivoire a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de sa gestion des finances publiques. Réunis à Abidjan ce lundi, autorités gouvernementales, partenaires techniques et financiers ainsi que des experts internationaux ont pris part à un atelier de restitution des résultats de la quatrième évaluation du système national, conduite selon la méthodologie PEFA (Public Expenditure and Financial Accountability).
Présidée par Vassogbo Bamba, représentant le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, cette rencontre a permis de présenter les conclusions d’un diagnostic approfondi couvrant l’ensemble du cycle de gestion budgétaire.
Dans son intervention, Fiacre Adopo, point focal du gouvernement, a salué « un processus rigoureux, méthodique et objectif » ayant abouti à des résultats certifiés conformes aux standards internationaux en mars 2026. Cette évaluation, quatrième du genre après celles de 2008, 2013 et 2019, s’inscrit dans une dynamique continue de réforme engagée depuis plusieurs années.
Fait marquant de cette édition dite « PEFA++ », l’intégration de deux dimensions désormais incontournables : le genre et le climat. Une évolution qui traduit la volonté des autorités ivoiriennes d’adapter la gestion des finances publiques aux enjeux contemporains de développement durable et d’inclusion.
Trois rapports distincts ont été produits, un rapport global sur la performance du système, un rapport sur les finances publiques sensibles au genre, un rapport intégrant les enjeux climatiques.
Représentant l’Union européenne, Marc Buchmann a souligné « une dynamique largement positive », caractérisée par des progrès dans la majorité des domaines évalués. Toutefois, il a relevé certaines faiblesses, notamment la gestion des arriérés de paiement, qui reste un point de vigilance.
« L’absence d’un système centralisé et régulièrement mis à jour limite la visibilité de l’État sur ses engagements et fragilise la trésorerie », a-t-il indiqué.
Pour l’Union européenne, partenaire clé de cette évaluation aux côtés d’institutions comme la Banque mondiale et le FMI, un système de finances publiques performant est essentiel pour renforcer la confiance des investisseurs et soutenir la croissance économique.
Dans son discours d’ouverture, Vassogbo Bamba a insisté sur le rôle central de la gestion des finances publiques dans la crédibilité de l’action de l’État. Selon lui, cette évaluation constitue « un levier stratégique pour transformer la croissance en bien-être durable pour les populations ». Il a également mis en avant trois enseignements majeurs issus du diagnostic, les progrès réalisés, notamment avec l’introduction du budget-programme, les défis persistants, tels que la mobilisation des ressources et le contrôle de l’exécution budgétaire, les pistes de réformes pour renforcer l’efficacité du système.
Les conclusions de cette évaluation serviront de base à l’élaboration du prochain schéma directeur des réformes des finances publiques pour la période 2026-2028, en cohérence avec les ambitions de développement du pays.
Les autorités ivoiriennes entendent ainsi consolider les acquis tout en accélérant les transformations nécessaires pour répondre aux exigences de transparence, de performance et de résilience économique.
En clôturant la cérémonie, Vassogbo Bamba a invité l’ensemble des acteurs à « s’approprier pleinement les résultats » et à les traduire en actions concrètes.
Wassimagnon
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
