Côte d'Ivoire : Autoroute du Nord, le gouvernement en ordre de bataille au PK24 pour éviter le chaos en saison des pluies
Sur le bitume encore sec de l’autoroute du Nord, les regards sont déjà tournés vers le ciel. À l’approche de la grande saison des pluies, le gouvernement ivoirien ne veut plus subir. Ce vendredi 10 avril 2026, au PK24, point névralgique régulièrement paralysé par les inondations, une mission conjointe de haut niveau s’est déployée pour prendre la mesure des risques et annoncer des solutions immédiates. L'Objectif est d'éviter le scénario redouté d’une autoroute coupée, avec son lot de désagréments économiques et sociaux.
Conduisant la délégation, le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Amédé Koffi Kouakou, a donné le ton. « Chaque année, certaines portions de l’autoroute sont submergées, allant jusqu’à interrompre la circulation. Nous devons agir en amont pour éviter ces désagréments », a-t-il martelé.
Face à l’urgence, plusieurs mesures ont été arrêtées. Parmi elles, la construction de bassins d’orage pour capter les eaux de ruissellement, le dégagement des passages naturels obstrués par des remblais anarchiques, ainsi qu’un renforcement du système de drainage dans les zones les plus exposées. Des actions ciblées qui devraient produire des effets visibles avant les premières fortes pluies.
Mais pour le ministre, il ne s’agit pas seulement de colmater des brèches. « Nous allons engager des études approfondies afin de bâtir une stratégie globale et durable de gestion des eaux pluviales dans cette zone », a-t-il précisé, insistant sur la nécessité d’anticiper plutôt que de subir.
Aux côtés de son homologue, le ministre des Infrastructures et de l’Entretien routier, Hien Sié Yacouba, a mis en lumière les causes profondes des inondations. « Le bassin versant naturel a été profondément dégradé par des aménagements humains non maîtrisés », a-t-il expliqué.
Selon lui, ces transformations ont perturbé l’écoulement normal des eaux, provoquant l’an dernier une coupure de la circulation durant plusieurs heures. Une situation que les autorités entendent désormais éviter à tout prix.
Tout en reconnaissant que certains occupants disposent de titres fonciers réguliers, il a tenu à rappeler une exigence essentielle : « Les aménagements privés ne sont pas interdits, mais ils doivent être coordonnés et validés par les services compétents de l’État. » Un message clair adressé aux riverains et aux opérateurs économiques.
Au-delà des actions techniques, le gouvernement appelle à une prise de conscience collective. Le respect des règles d’urbanisme et d’assainissement apparaît comme un levier incontournable pour préserver la fonctionnalité de cette infrastructure stratégique.
« Chacun doit jouer sa partition pour éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets », a insisté un membre de la délégation technique.
En ligne de mire, une ambition : garantir la fluidité du trafic, sécuriser les usagers et protéger un corridor économique majeur pour la Côte d’Ivoire.
À court terme, les autorités promettent des résultats tangibles avant les premières pluies. À moyen et long terme, des solutions structurelles seront mises en œuvre pour corriger durablement les déséquilibres constatés.
Une mobilisation qui traduit la volonté de l’État de faire de la prévention un pilier de sa politique d’infrastructures, dans un contexte où les aléas climatiques imposent anticipation et rigueur.
Jean Chresus, Abidjan
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