Côte d'Ivoire : Ministère de la santé, 808 milliards pour 2026 et cap sur une gestion plus rigoureuse pour un système sanitaire plus performant
Le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle a procédé à sa rentrée budgétaire 2026 à l’Institut national de santé publique (INSP). Cette rencontre stratégique a réuni les principaux acteurs de la chaîne financière autour d’un objectif commun : améliorer l’efficacité de la gestion budgétaire pour renforcer durablement le système de santé ivoirien.
Ouvrant la série des allocutions, le Directeur général de l’INSP, le Professeur William Yavo, a salué le choix porté sur son institution pour abriter cette activité majeure. Il y voit une marque de confiance des autorités sanitaires, mais aussi un signal fort en faveur de la modernisation du système de santé. Dans son allocution, il a insisté sur un point central : un système de santé performant ne peut exister sans une gestion budgétaire rigoureuse et intelligente.
« Nous devons allier la rigueur à l’intelligence de gestion budgétaire afin de sauver des vies », a-t-il affirmé, soulignant que les investissements en infrastructures et en équipements doivent s’accompagner d’une utilisation optimale des ressources.
Le DG de l’INSP a également évoqué les efforts de modernisation en cours, notamment la réhabilitation des infrastructures et l’amélioration du plateau technique, traduisant la volonté des autorités de hisser le système de santé ivoirien aux standards internationaux.
Présentant la situation financière, le Directeur des Affaires financières (DAF), Silué Sionfoungo Dramane, a dressé le bilan de l’exercice 2025. Avec un taux global d’exécution de 90,71 %, les résultats sont jugés satisfaisants, bien que perfectibles.
Le budget 2026 s’élève à 808,99 milliards de FCFA, soit une hausse de 5,79 % par rapport à 2025. Cette augmentation vise principalement à renforcer la lutte contre les grandes maladies, notamment :
la tuberculose, avec un triplement des ressources, le paludisme, le VIH/Sida ainsi que les programmes de santé et de nutrition de la petite enfance.
Malgré ces avancées, le DAF a mis en lumière plusieurs insuffisances, lenteurs dans la passation des marchés, retards dans l’engagement des dépenses, faible maîtrise des procédures et insuffisance du dialogue entre les acteurs.
« L’idéal est d’atteindre un taux d’exécution de 100 %, synonyme d’activités réalisées et d’objectifs atteints », a-t-il expliqué.
Il a également insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des acteurs à travers des formations continues et d’améliorer le dialogue de gestion, considéré comme un levier essentiel pour une exécution budgétaire efficace.
Représentant le ministre de la Santé, le Directeur de cabinet adjoint, Soro Kountelé Gona, a replacé cette rencontre dans le cadre de la réforme du budget-programme adoptée par la Côte d’Ivoire. Selon lui, les difficultés observées ces dernières années, notamment le nombre élevé de rejets et de différés dans le traitement des dossiers justifient la tenue de ce dialogue budgétaire.
« Il était nécessaire de réunir tous les acteurs pour comprendre les causes de ces dysfonctionnements et y apporter des solutions concrètes », a-t-il indiqué.
Il a souligné que cette rencontre vise à mieux outiller les responsables de programmes, grâce à l’appui des spécialistes en finances publiques, en passation de marchés et en contrôle budgétaire.
Transmettant le message du ministre Pierre Demba, il a insisté sur les attentes fortes des autorités : les recommandations issues de ces travaux devront servir de feuille de route pour une gestion plus efficiente en 2026.
Au-delà des chiffres, tous les intervenants ont convergé vers un même constat : la performance du système de santé dépend autant des ressources mobilisées que de leur gestion.
L’amélioration du cadre de collecte des données, la rationalisation des effectifs, le respect des procédures et le renforcement de la coordination entre acteurs apparaissent comme des priorités.
Pour le DAF, le rôle du responsable financier ministériel est justement de faciliter cette synergie : « La dépense publique est un circuit qui nécessite l’implication de tous, du gestionnaire de crédits jusqu’au paiement. »
En définitive, cette rentrée budgétaire marque une étape importante dans la consolidation de la gouvernance financière du secteur santé. Elle traduit la volonté des autorités ivoiriennes de bâtir un système plus résilient, capable de répondre efficacement aux besoins des populations.
Wassimagnon
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