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Cameroun : Mort à 91 ans de Marcel Niat Njifenji, premier président du sénat camerounais
 

Cameroun : Mort à 91 ans de Marcel Niat Njifenji, premier président du sénat camerounais

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 11 avril 2026 - 12:42


Ingénieur, directeur général de société, puis ministre, vice-premier ministre, premier président du Sénat du Cameroun : l'homme qui aura incarné pendant plus d'une décennie la deuxième fonction de la République est décédé ce samedi à Yaoundé.


Marcel Niat Njifenji, le tout premier président du sénat camerounais est décédé. L’annonce de son décès a été confirmée ce samedi 11 avril à Koaci par un proche de la famille. Selon notre interlocuteur, Monsieur Niat est décédé ce samedi après plusieurs jours de maladie.


Toujours selon notre contact, Marcel Niat Njifenji était rongé par la maladie depuis plusieurs années.


Pour rappel, Niat est né le 26 octobre 1934 à Bangangté, dans la région de l'Ouest. 


Ingénieur des ponts et chaussées, il aura occupé de très hautes fonctions donc celles de président du sénat de 2013 à 2026.


Rien, dans les premières années de Marcel Niat Njifenji, ne laissait présager une destinée aussi institutionnelle. Formé en France comme ingénieur des ponts et chaussées, il rentre au Cameroun avec un bagage technique solide et une discipline d'esprit qui marquera toute sa carrière. C'est dans le secteur de l'énergie qu'il forge d'abord sa réputation : directeur général de la Société nationale d'électricité (SONEL) de 1974 à 2001, il dirige pendant vingt-sept ans l'entreprise chargée d'alimenter le pays en courant électrique. Un poste stratégique, exercé avec une discrétion qui deviendra sa marque de fabrique.


Il s'est éteint ce samedi 11 avril 2026 à Yaoundé, à l'âge de 91 ans, aux alentours de midi. Celui qui aura été, pendant treize ans, la deuxième personnalité de la République camerounaise, range définitivement son écharpe de président du Sénat — l'institution qu'il avait contribué à faire naître et à incarner depuis sa création en 2013.


La nouvelle de son décès plonge le pays dans le deuil, quelques semaines seulement après qu'il avait été officiellement relevé de ses fonctions à la tête de la chambre haute du Parlement, cédant le perchoir à son successeur Aboubakary Abdoulaye. Une coïncidence qui confère à sa disparition une particularité, comme si, libéré du poids de la charge, il avait choisi de partir.


 

Au tournant des années 1990, alors que le Cameroun s'ouvre au multipartisme sous la pression des revendications démocratiques, Niat Njifenji entre en politique au plus haut niveau. Il est nommé ministre du Plan et de l'Aménagement du territoire entre 1990 et 1991, puis vice-Premier ministre chargé des Mines, de l'Eau et de l'Énergie en 1992 — un portefeuille taillé sur mesure pour cet ingénieur du secteur public. Ces années de transition marquent son ancrage définitif dans l'appareil d'État et dans la galaxie du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), le parti au pouvoir.


Premier président d'un Sénat 


Prévu par la Constitution de janvier 1996, le Sénat n'est effectivement mis en place qu'en 2013, dix-sept ans plus tard. C'est Marcel Niat Njifenji qui en prend la tête dès sa création, élu à la présidence de la chambre haute lors des premières sénatoriales de l'histoire du pays. Il a alors 79 ans. Cette longévité au service de l'État force le respect, même chez ses adversaires politiques.


Pendant treize années consécutives, il préside aux destinées d'une institution encore jeune, dont il s'attache à construire l'autorité et la visibilité. En tant que président du Sénat, il est constitutionnellement la deuxième personnalité de la République, celle à qui revient l'intérim du pouvoir en cas d'empêchement du président de la République. Une responsabilité considérable, assumée avec la même sérénité méthodique qui avait caractérisé son passage à la SONEL.


Fin de mandat dans la discrétion 


Les dernières années de son mandat sénatorial sont marquées par le poids de l'âge et la fragilité de la santé. Son état préoccupant est régulièrement évoqué dans les médias nationaux et les cercles politiques. Sa présence se fait plus rare dans l'hémicycle, et c'est souvent son vice-président qui assure la conduite des travaux. La question de sa succession devient progressivement inévitable, jusqu'à ce que le remplacement officiel intervienne en 2026, quelques semaines seulement avant sa mort.


Cette fin d'itinéraire dit quelque chose de la trajectoire de toute une génération de commis de l'État camerounais : des hommes formés dans la rigueur technique et administrative, qui ont traversé les indépendances, les crises d'ajustement, les ouvertures démocratiques, et qui ont accompagné le pays dans ses mutations parfois douloureuses. Marcel Niat Njifenji en fut l'un des témoins les plus durables.


De Bangangté au perchoir : l'image d'un pilier


Au-delà des fonctions et des titres, c'est une certaine image de l'État que Marcel Niat Njifenji aura incarnée : celle d'un homme d'appareil, loyal, patient, peu enclin à la polémique frontale. Né dans la région de l'Ouest -bastion historique de l'opposition mais aussi terre de grands commis de l'État -il a su naviguer dans les méandres du pouvoir sans jamais perdre pied, conservant la confiance du président Paul Biya sur plusieurs décennies.


 

Il laisse derrière lui un Sénat qu'il aura façonné de ses mains, une institution encore jeune dont il aura posé les premières pierres. Son successeur Aboubakary Abdoulaye hérite d'un édifice en construction, et d'une mission : lui donner la stature que Niat Njifenji n'a pas eu le temps d'achever.


Le Cameroun perd ce samedi l'un de ses grands témoins institutionnels.



-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com




 
 
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