Côte d'Ivoire : SIADE 2026, Abidjan déclenche la bataille pour le contrôle technologique de l'Afrique
Des autorités ivoiriennes au SIADE 2026 au Plateau (Ph Koaci)
La capitale économique ivoirienne, Abidjan, a servi de point de convergence, ce lundi 13 avril 2026, pour des acteurs majeurs du monde politique, scientifique et industriel à l’occasion de l’ouverture de la deuxième édition du Salon international de l’intelligence artificielle, de la défense et de l’espace (SIADE).
Organisée au stade Félix Houphouët-Boigny, cette rencontre internationale s’inscrit dans une dynamique de réflexion stratégique autour de la place de l’Afrique dans la compétition technologique mondiale.
Axé sur la question de la souveraineté technologique à l’horizon 2030, le rendez-vous met en lumière les défis liés à l’indépendance numérique et à la maîtrise des technologies de pointe sur le continent. Représentant le vice-Premier ministre chargé de la Défense, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, a insisté sur l’évolution des rapports de force internationaux, désormais dominés par les capacités technologiques.
Selon lui, les enjeux sécuritaires contemporains se jouent autant dans les sphères numériques et cybernétiques que sur les terrains classiques, plaçant l’intelligence artificielle, la cybersécurité et le spatial au cœur des stratégies étatiques.
Dans la même veine, Amadou Coulibaly, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a souligné la nécessité pour les pays africains de bâtir des bases solides pour espérer atteindre cette souveraineté technologique.
Il a notamment évoqué le rôle déterminant des infrastructures numériques, de la formation des talents locaux, ainsi que la gestion et la valorisation des données. Tout en mettant en garde contre les dérives possibles de l’intelligence artificielle, notamment en matière de désinformation, il a rappelé le potentiel de ces outils pour améliorer la qualité de l’information produite sur le continent.
Pour sa part, le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel, Eugène Aka Aouélé, a replacé le débat sur un plan plus global, en appelant à une prise de conscience collective. Il a défendu l’idée d’une souveraineté qui ne se limite pas aux infrastructures ou aux technologies, mais qui englobe également une dimension intellectuelle et culturelle, invitant les nations africaines à croire en leur capacité d’innovation et de leadership.
Le président du comité d’organisation, Yaya Sylla, a quant à lui évoqué un contexte mondial en pleine mutation, marqué par une redistribution des puissances fondée sur la maîtrise des données et des technologies avancées. Il a encouragé l’Afrique à adopter une posture proactive, en passant d’un rôle de consommateur à celui de créateur de solutions technologiques, notamment grâce à des investissements ciblés dans les compétences et les infrastructures.
Prévu sur deux jours, le SIADE se positionne comme un cadre de concertation et d’innovation, réunissant acteurs publics et privés autour d’un objectif commun : faire émerger des stratégies concrètes pour renforcer l’autonomie technologique du continent. À travers conférences, panels et rencontres, l’événement ambitionne de poser les bases d’une Afrique capable de s’imposer comme un acteur clé dans les équilibres technologiques mondiaux.
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