Côte d'Ivoire : “Divam Ubuntu IA”, une initiative ivoirienne pour capter 2 900 milliards de dollars de l'Intelligence artificielle en Afrique
Lancé à Abidjan, ce programme ambitionne de former une nouvelle génération de talents capables d’intégrer l’IA dans les réalités économiques africaines.
Face à l’accélération mondiale de l’intelligence artificielle, une initiative ivoirienne entend changer la place de l’Afrique dans cette transformation. Le cabinet Divam a officiellement lancé, à Abidjan, le programme « Divam Ubuntu IA », un dispositif de formation conçu pour renforcer les compétences locales et réduire le retard du continent dans ce domaine stratégique. Organisé dans la commune de Marcory, l’événement a réuni acteurs institutionnels, professionnels et jeunes intéressés par les enjeux liés à l’intelligence artificielle.
Pour le fondateur de Divam, Mohamed V. Diaby, l’urgence est réelle : l’Afrique risque de rester en marge d’une révolution technologique majeure si elle n’accélère pas sa montée en compétences.
« Pendant que l’IA transforme les économies du Nord, l’Afrique reste spectatrice d’une révolution qui se joue sans elle », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de lancement.
Les chiffres illustrent ce décalage : le continent ne représente aujourd’hui qu’une part marginale de la production scientifique mondiale en IA, avec moins de 1 % des publications. Pourtant, son potentiel économique est estimé à près de 2 900 milliards de dollars à l’horizon 2030.
Plutôt que de considérer cette situation comme une fatalité, les initiateurs du programme y voient une opportunité stratégique. Les défis liés à l’intelligence artificielle dépendance technologique, biais algorithmiques ou inadéquation des solutions importées peuvent être surmontés par le développement de compétences locales.
L’objectif est clair : permettre aux Africains de concevoir, adapter et déployer des solutions d’IA répondant aux besoins spécifiques du continent.
Le programme « Divam Ubuntu IA » se présente comme une formation certifiante intensive de quatre semaines, ouverte aussi bien aux profils techniques qu’aux non-spécialistes.
« L’IA n’est pas uniquement un sujet technique, c’est aussi un enjeu organisationnel », a insisté Mohamed V. Diaby, appelant entreprises et institutions à s’approprier ces outils.
Le contenu pédagogique repose sur une approche hybride combinant capsules vidéo, sessions interactives, panels d’experts et projets collaboratifs. Une attention particulière est accordée aux cas d’usage concrets dans des secteurs clés tels que la santé, l’agriculture, l’éducation, les services publics et le commerce.
Au cœur du programme se trouve la volonté de contextualiser l’intelligence artificielle. Les promoteurs soulignent qu’une IA conçue à partir de données exogènes peut difficilement répondre efficacement aux besoins locaux.
« Divam Ubuntu IA » s’appuie ainsi sur une approche adaptée aux réalités socio-économiques africaines, tout en intégrant les enjeux d’éthique, de gouvernance et de responsabilité.
Le programme s’inspire notamment de la philosophie Ubuntu, qui valorise l’interdépendance et le développement collectif, avec l’ambition de replacer l’humain au centre de la technologie.
Présente lors du lancement, Leila Dosso, représentant le ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, a salué une initiative en phase avec les priorités nationales.
Elle a souligné l’importance de programmes structurés favorisant l’acquisition de compétences adaptées aux exigences du marché du travail, tout en contribuant à améliorer l’employabilité des jeunes.
À travers ce projet, Divam ambitionne de former plusieurs milliers de professionnels capables d’intégrer l’intelligence artificielle dans leurs pratiques quotidiennes.
Dans un contexte de compétition technologique mondiale accrue, l’initiative vise à poser les bases d’un écosystème africain de l’IA, capable de transformer les défis actuels en opportunités de développement durable.
« Les analphabètes de demain seront ceux qui ne sauront pas utiliser l’IA », a averti Mohamed V. Diaby, résumant l’enjeu d’une transition déjà en cours.
Wassimagnon
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