Côte d'Ivoire : Moossou, après 16 ans de bataille foncière, l'île de Motobé retourne enfin à ses propriétaires historiques
Le porte parole devant la presse (Ph Koaci)
À l’aube de cette journée historique du jeudi 14 mai 2026, les berges de l’île de Motobé ont retrouvé des airs de fête et de délivrance. Après 16 ans années de tensions, de procédures et d’attente interminable, les populations de Moossou ont vu revenir entre leurs mains un patrimoine qu’elles considèrent comme l’héritage sacré de leurs ancêtres. Entre chants traditionnels, embrassades et larmes de soulagement, la rétrocession foncière de l’île a marqué la fin d’un long combat et le début d’un nouvel espoir pour toute une communauté.
Les chants de joie, les accolades et les larmes de soulagement ont rythmé la cérémonie d’inauguration et de rétrocession foncière de l’île de Motobé, organisée conjointement par l’Association des Propriétaires Terriens de l’Île de Motobé (APTIM) et la communauté villageoise de Moossou 1 et 2. Après plusieurs longues années de lutte, les populations ont enfin obtenu la restitution de cette terre considérée comme un héritage ancestral.
Sur le site même de l’île, autorités administratives, chefs coutumiers, guides religieux et riverains se sont réunis pour assister à cet événement qualifié d’historique par les populations Abouré Ehé de Moossou. Entre émotion et fierté, cette journée marque la fin d’un combat foncier qui aura profondément marqué plusieurs générations.
Prenant la parole devant une foule fortement mobilisée, le président de l’APTIM, N’guessan Ndoumi André, n’a pas caché son émotion. Pour lui, cette rétrocession dépasse largement le cadre administratif.
« Cette journée marque la fin de longues années de souffrance et d’incertitudes pour les populations. Aujourd’hui, grâce à l’implication des autorités administratives, coutumières et de toutes les personnes de bonne volonté, nos terres reviennent enfin à leurs ayants droit », a-t-il déclaré sous les applaudissements.
Le président de l’APTIM a salué l’engagement des différentes parties prenantes ayant permis l’aboutissement du processus. Selon lui, cette décision restaure non seulement les droits des familles concernées, mais aussi leur dignité et la paix sociale au sein de la communauté.
Dans son intervention, Kodjo Michel, secrétaire général des notables, a insisté sur la portée symbolique et historique de cette rétrocession foncière pour le village de Moossou.
Il a rappelé que pendant plusieurs années, les populations ont vécu dans l’incertitude en raison des différends liés aux limites territoriales et à la gestion des terres de l’île de Motobé.
« Aujourd’hui, la terre nous revient. C’est l’héritage de nos ancêtres qui est sécurisé pour les générations futures », a affirmé Kodjo Michel, visiblement ému.
Il a également traduit la reconnaissance des populations à l’endroit de l’opérateur foncier, dont il a salué le professionnalisme, l’intégrité et l’expertise durant tout le processus de règlement du litige.
Au cours de la cérémonie, plusieurs habitants ont livré des témoignages bouleversants sur les difficultés traversées durant ces seize années de bataille foncière. Certains ont évoqué les sacrifices consentis, les incompréhensions et les tensions qui ont longtemps fragilisé la cohésion sociale.
S’étendant sur environ 12,9 kilomètres, du pont de Moossou en direction d’Alépé jusqu’aux palmeraies de PALM-CI à la limite du village de Motobé, cette île représente un enjeu foncier majeur pour les populations locales.
Aujourd’hui, pour les habitants de Moossou, cette rétrocession ouvre une nouvelle page de leur histoire, porteuse d’espoir, de stabilité et de développement durable pour les générations futures.
Jean Chresus, Abidjan
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