Côte d'Ivoire: Hypertension artérielle, près de 40 % des adultes ivoiriens touchés !
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’hypertension artérielle célébrée ce lundi 18 mai 2026 au foyer des jeunes de Marcory, autorités sanitaires, Organisation mondiale de la santé (OMS), élus locaux et organisations de la société civile ont lancé un appel fort à la prévention, au dépistage précoce et au changement des comportements face à une maladie qui touche désormais près de 40 % des adultes ivoiriens.
Placée sous le thème : « Connaissez vos chiffres tensionnels », cette cérémonie a été marquée par des interventions engagées autour d’un même constat : l’hypertension artérielle constitue aujourd’hui un véritable défi de santé publique en Côte d’Ivoire.
Prenant la parole au nom de la société civile, M. Loukou a insisté sur l’urgence d’agir face aux ravages de cette maladie qualifiée de « fléau silencieux».
« L’hypertension artérielle n’est plus seulement un sujet de conférence médicale ou de statistiques. Ce sont des pères, des mères et des jeunes travailleurs qui voient leur vie basculer », a-t-il déclaré.
Pour lui, la société civile doit jouer pleinement son rôle d’interface entre les politiques de santé et les populations à travers trois missions essentielles : informer, dépister et conseiller. Il a notamment dénoncé la prolifération des fausses informations autour des maladies non transmissibles et exhorté les médias à vulgariser davantage les messages de prévention.
« Les AVC, l’insuffisance rénale ou l’insuffisance cardiaque ne sont ni des fatalités ni des sorts mystiques. Ce sont des complications évitables », a-t-il martelé.
M. Loukou a également salué l’intégration, depuis novembre 2025, des médicaments antihypertenseurs et antidiabétiques dans le panier de soins de la Couverture maladie universelle (CMU), qualifiant cette mesure d’« avancée historique » et de « véritable acte de justice sociale ».
Il a enfin mis en garde contre les médicaments non homologués et les traitements improvisés diffusés sur internet ou vendus sur les marchés.
« Un médicament sans contrôle ni garantie peut devenir un poison potentiel », a-t-il averti.
Représentant le Représentant résident de l’OMS en Côte d’Ivoire, le Dr Ané Ambroise a, pour sa part, insisté sur la nécessité de transformer les comportements et les habitudes des populations face aux maladies chroniques.
Selon lui, malgré les efforts consentis par le gouvernement ivoirien dans le renforcement des unités de prise en charge de l’hypertension et du diabète, le principal défi demeure l’adhésion des populations aux soins médicaux.
« Il faut changer notre manière de penser la santé et notre itinéraire thérapeutique », a-t-il indiqué, regrettant que certaines personnes continuent d’abandonner les soins hospitaliers au profit d’explications mystiques ou spirituelles.
Le représentant de l’OMS a rappelé que l’Afrique cumule aujourd’hui un double fardeau sanitaire : les maladies infectieuses et les maladies non transmissibles.
« En Côte d’Ivoire, un adulte sur trois souffre d’hypertension artérielle et beaucoup l’ignorent encore », a-t-il souligné.
Il a également révélé qu’environ 36 % des décès prématurés dans le pays sont liés aux maladies non transmissibles, dont les maladies cardiovasculaires représentent une part importante.
Le Dr Ané Ambroise a salué l’organisation prochaine d’une nouvelle enquête STEP, conduite avec l’appui de l’OMS, plus de vingt ans après celle réalisée en 2005.
Cette enquête permettra, selon lui, de disposer de données actualisées afin de mieux orienter les politiques publiques de prévention et de prise en charge. Il a aussi rappelé les « Best Buys » recommandés par l’OMS : réduction de la consommation de sel, pratique régulière d’une activité physique, lutte contre le tabagisme et amélioration de l’accès aux traitements.
« Il faut mesurer pour connaître, connaître pour agir et agir pour sauver des vies », a-t-il insisté.
Représentant le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba, le Directeur général adjoint de la Santé, Tia Mamadou, a salué l’implication des collectivités locales, notamment la mairie de Marcory, dans la lutte contre l’hypertension artérielle.
Il a rappelé que selon les estimations disponibles, près de 40 % des adultes ivoiriens seraient hypertendus, soit environ 12 millions de personnes, dont près de 9 millions ignoreraient leur état de santé.
« L’hypertension artérielle représente aujourd’hui l’une des principales maladies non transmissibles dans notre pays », a-t-il déclaré.
Le représentant du ministre a mis en avant les efforts déjà engagés par l’État ivoirien à travers le Programme national de lutte contre les maladies métaboliques et de prévention des maladies non transmissibles.
Parmi les acquis cités figurent, l’intégration des maladies non transmissibles dans le Plan national de développement sanitaire, la mise en œuvre de la méthodologie STEP de l’OMS, la formation continue des agents de santé, le renforcement des campagnes de sensibilisation et de dépistage ainsi que la promotion de l’activité physique et d’une alimentation saine.
Il a également exhorté les populations à adopter de meilleures habitudes de vie.
« La santé ne dépend pas uniquement des hôpitaux. Elle dépend aussi de nos assiettes, de nos habitudes quotidiennes et de notre vigilance personnelle », a-t-il soutenu.
La cérémonie a été ponctuée de séances de fitness, de sensibilisation communautaire et de démonstrations culinaires axées sur une alimentation équilibrée.
En clôturant les échanges, les différents intervenants ont unanimement appelé les Ivoiriens à faire du contrôle de la tension artérielle un réflexe quotidien afin de réduire les complications liées à cette maladie silencieuse.
Wassimagnon
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