Côte d'Ivoire : Korhogo, plus de 300 opérateurs économiques mobilisés pour relever les défis de la compétitivité
Le Comité de Concertation État/Secteur Privé (CCESP) intensifie le dialogue public-privé dans la région du Poro afin d’identifier des solutions concrètes aux obstacles qui freinent le développement économique local.
Korhogo a accueilli, une importante mission d’animation du Comité Local de Concertation État/Secteur Privé (CLCESP), conduite par le Secrétariat exécutif du Comité de Concertation État/Secteur Privé (CCESP). Cette initiative a permis de réunir plus de 300 opérateurs économiques autour des principaux enjeux de compétitivité qui concernent la région du Poro.
Pendant cinq jours, acteurs publics, représentants du secteur privé, autorités administratives et partenaires techniques ont multiplié les échanges afin de dégager des pistes de solutions durables aux contraintes qui affectent le tissu économique local.
La mission a débuté par un atelier consacré aux défis de la compétitivité du secteur industriel et aux mécanismes d’accompagnement des petites et moyennes entreprises (PME). À cette occasion, l’Agence pour le Développement de la Compétitivité des Industries en Côte d’Ivoire (ADCI) ainsi que l’Observatoire National pour la Compétitivité des Entreprises (ONCE) ont présenté les différents dispositifs mis à la disposition des entreprises pour améliorer leur performance et leur capacité de croissance.
La deuxième journée a porté sur la thématique de la zone industrielle comme levier de compétitivité des PME. Les responsables locaux de la Société de Gestion et de Développement des Infrastructures Industrielles (SOGEDI) ont dressé un état des lieux de la situation, révélant notamment que l’ancienne zone industrielle de Korhogo est aujourd’hui largement occupée par des habitations. Ils ont également évoqué un différend foncier opposant les communes de Tioro et de Napié sur une parcelle destinée au développement industriel.
Les échanges entre les différentes parties prenantes du dialogue public-privé — administrations, collectivités territoriales, autorités préfectorales, chefs de villages et chefs de canton — ont permis de formuler plusieurs recommandations. Une feuille de route a ainsi été élaborée afin de clarifier les responsabilités de chaque acteur et d’accélérer la mise en œuvre des solutions identifiées.
La troisième journée a été consacrée à l’une des problématiques majeures de la région : les conflits entre éleveurs et agriculteurs, considérés comme un frein au développement économique local.
Les directions régionales du ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH) ainsi que du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières (MINADERPV) ont présenté un diagnostic détaillé de la situation. Les discussions ont permis d’identifier plusieurs mesures susceptibles de réduire les tensions entre les acteurs des filières agricoles et pastorales.
À l’issue des travaux, les participants ont adopté une série de recommandations et élaboré une feuille de route assortie d’actions prioritaires. La création d’un comité de veille chargé du suivi de la mise en œuvre de ces recommandations a également été proposée.
La dernière journée a été marquée par la réunion statutaire du Comité Local de Concertation État/Secteur Privé de Korhogo. Cette rencontre a permis de dresser le bilan des activités menées au cours du premier semestre 2026 et de présenter les actions prévues à court et moyen termes.
Parmi les initiatives annoncées figurent notamment des sessions d’information et de formation sur la Facture Normalisée Électronique (FNE), des rencontres dédiées aux Centres de Gestion Agréés (CGA), ainsi que la mise en place de cadres de concertation entre l’administration fiscale et les filières saisonnières, notamment celles de la mangue et de l’anacarde.
Représentant la secrétaire exécutive du CCESP, Mariam Fadiga Fofana, le conseiller technique Yacouba Cissé a rappelé l’importance du dialogue public-privé dans le développement économique régional.
« Nous avons pour mission d’organiser et d’encadrer le dialogue entre les structures étatiques et les opérateurs économiques. C’est dans cette dynamique que la Plateforme locale du dialogue public-privé de la région du Poro a été mise en place le 24 avril 2024. Nous poursuivons régulièrement des activités visant à trouver des réponses aux défis qui affectent l’activité économique de cette région », a-t-il souligné.
Cette mission a bénéficié de l’appui du Programme d’Appui à l’Amélioration du Climat des Affaires pour une Transformation Structurelle de l’Économie Ivoirienne (PACA-CI), cofinancé par la Banque africaine de développement (BAD) et l’État de Côte d’Ivoire.
Créé en 2024 dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de dialogue public-privé adoptée en 2017, le CLCESP de Korhogo constitue un cadre privilégié de concertation entre les entreprises locales et les administrations publiques.
Région à fort potentiel économique, le Poro s’affirme aujourd’hui comme l’un des pôles de croissance les plus dynamiques du pays. Sa capitale, Korhogo, occupe une place stratégique dans l’économie nationale grâce à la vitalité de ses secteurs agricole, industriel et artisanal, notamment dans les filières coton, mangue, anacarde et agro-transformation.
Wassimagnon
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