Côte d'Ivoire : Essais nucléaires, risques naturels, sécurité..., Adama Diawara appelle l'Afrique à renforcer sa capacité à analyser et exploiter ses données stratégiques
La Côte d’Ivoire accueille, du 8 au 12 juin 2026, le premier atelier régional de renforcement des capacités des Centres nationaux de données (CND) des pays francophones d’Afrique, organisé par l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE). À l’ouverture des travaux, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Professeur Adama Diawara, a souligné l’importance stratégique de la maîtrise des données scientifiques pour la sécurité collective, la prévention des risques et le développement durable.
Réunissant à Abidjan des experts, techniciens et responsables institutionnels issus de plusieurs pays francophones africains, cette rencontre est consacrée à l’accès, à l’analyse et à l’exploitation des données du Système de surveillance international (IMS) ainsi que des produits du Centre international de données (IDC) basé à Vienne, en Autriche.
Dans son discours d’ouverture, le ministre Adama Diawara a rappelé que cet atelier constitue une étape importante dans le développement des capacités scientifiques, techniques et institutionnelles des pays africains.
« Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à accéder aux données de l’IMS ou à exploiter les produits de l’IDC. Il s’agit également de renforcer la capacité de nos Centres nationaux de données à analyser, interpréter et utiliser ces informations de manière autonome, rigoureuse et opérationnelle », a-t-il déclaré.
Selon lui, la maîtrise des outils scientifiques et des données stratégiques représente aujourd’hui un enjeu majeur pour les États, tant en matière de sécurité que de recherche scientifique et de gestion des risques naturels ou environnementaux.
Le ministre a insisté sur la nécessité pour les pays africains de développer leur expertise locale, afin de participer pleinement au système mondial de surveillance et de vérification mis en place dans le cadre du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.
Adama Diawara a également mis en lumière l’engagement de la Côte d’Ivoire dans le dispositif international de vérification à travers ses stations certifiées PS15 et IS17 ainsi que son réseau sismique complémentaire.
La gestion scientifique de ces infrastructures est assurée par la Station géophysique de Lamto, créée en 1962, qui joue un rôle central dans la collecte, l’analyse et l’interprétation des données géophysiques, climatiques et environnementales.
« Notre pays dispose de stations certifiées, à savoir PS15 et IS17, ainsi que d’un réseau sismique complémentaire. La gestion scientifique de ces infrastructures est assurée par la Station géophysique de Lamto, qui joue un rôle essentiel dans la collecte, l’analyse, l’interprétation et la valorisation des phénomènes géophysiques et environnementaux », a-t-il souligné.
Institution scientifique de référence, la Station géophysique de Lamto contribue depuis plus de six décennies à la surveillance des phénomènes naturels et à la production de connaissances dans les domaines de la sismologie, de la climatologie et de l’environnement.
Prenant la parole au nom de l’OTICE, Yassine Chaari, responsable du renforcement des capacités, a salué l’engagement des autorités ivoiriennes dans l’organisation de cette formation régionale.
Il a expliqué que l’objectif principal de cet atelier est de permettre aux Centres nationaux de données de disposer des ressources humaines, techniques et institutionnelles nécessaires pour remplir efficacement leur mission dans le cadre du régime mondial de vérification du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.
« L’objectif de cette semaine est à la fois stratégique et pratique. Il s’agit de discuter des éléments nécessaires à l’établissement, au fonctionnement et au développement durable d’un Centre national de données, mais aussi de permettre aux participants de renforcer leurs compétences à travers des sessions pratiques consacrées aux logiciels, outils et produits mis à disposition des CND », a-t-il indiqué.
Selon lui, le renforcement des capacités repose sur deux axes complémentaires : le développement des compétences individuelles des experts et le renforcement des capacités organisationnelles des institutions nationales.
Durant cinq jours, les participants suivront des formations spécialisées portant notamment sur l’exploitation des données sismiques, hydroacoustiques et infrasonores, ainsi que sur l’utilisation des logiciels et outils mis à disposition par l’OTICE.
Le programme prévoit également des visites techniques de la Station géophysique de Lamto ainsi que des stations ivoiriennes PS15 et IS17, afin de permettre aux participants de mieux comprendre le fonctionnement des infrastructures nationales de surveillance et leur contribution au dispositif mondial de vérification.
Au-delà des aspects techniques, cet atelier se veut également un cadre de coopération et de partage d’expériences entre les Centres nationaux de données des pays francophones d’Afrique.
Le ministre Adama Diawara a exprimé le souhait que les connaissances acquises durant cette formation soient réinvesties au sein des institutions nationales afin d’améliorer l’efficacité et la visibilité des CND africains.
Il a réaffirmé la volonté de la Côte d’Ivoire de poursuivre et de renforcer sa collaboration avec l’OTICE, les partenaires scientifiques régionaux et les institutions internationales.
À travers cette initiative, les pays francophones d’Afrique entendent consolider leur participation au système mondial de surveillance et de vérification des essais nucléaires tout en renforçant leur autonomie scientifique et technologique face aux défis sécuritaires et environnementaux contemporains.
Wassimagnon
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