Côte d'Ivoire : CMU et RSTI, depuis Abengourou, Adama Kamara mobilise commerçants et transporteurs pour sécuriser leur avenir social
Le ministre de l'Emploi et de la Protection sociale, Maître Adama Kamara, a mené une vaste campagne de sensibilisation à Abengourou à l'endroit des commerçants du grand marché et des acteurs du transport routier. Objectif : encourager les travailleurs indépendants à adhérer à la Couverture Maladie Universelle (CMU) et au Régime Social des Travailleurs Indépendants (RSTI), deux dispositifs que le gouvernement présente comme des piliers de la protection sociale en Côte d'Ivoire.
Accompagné notamment du ministre du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana, ainsi que du Général Philippe Mangou, le ministre a multiplié les échanges avec les populations afin d'expliquer les bénéfices de ces réformes sociales initiées par le Président de la République.
« Le Président a voulu que tous les travailleurs bénéficient de la protection sociale »
S'adressant aux commerçants du grand marché d'Abengourou, Adama Kamara a rappelé que les engagements pris par le Chef de l'État visaient à améliorer les conditions de vie de toutes les couches sociales, en particulier les travailleurs du secteur informel.
« Pendant longtemps, beaucoup enviaient les fonctionnaires parce qu'ils bénéficiaient d'une assurance maladie, d'une retraite et d'une protection sociale. Le Président de la République a voulu que ces avantages ne soient plus réservés uniquement aux agents de l'État, mais qu'ils profitent également aux commerçants, artisans, chauffeurs, apprentis, coiffeurs, vendeurs de poisson, de viande, de manioc ou encore de condiments », a-t-il expliqué.
Selon lui, ces métiers constituent le moteur de l'économie nationale et méritent une véritable protection sociale.
Le ministre est revenu sur les fondements de la Couverture Maladie Universelle, qui permet à chaque Ivoirien, quel que soit son statut social, de bénéficier d'une assurance maladie.
« La CMU est un système de solidarité. Le Président de la République cotise, le Vice-président cotise, le Premier ministre cotise. Moi-même, ainsi que tous ceux qui sont ici, nous cotisons », a-t-il insisté.
Depuis plusieurs années, a-t-il rappelé, les autorités, avec l'appui d'artistes, d'influenceurs, de journalistes et d'autres acteurs engagés, sillonnent marchés, gares routières, villages et quartiers afin de sensibiliser les populations à l'importance de cette réforme.
Adama Kamara a ensuite présenté les avantages du Régime Social des Travailleurs Indépendants.
« Avant, lorsqu'un commerçant cessait son activité, il n'avait aucune garantie de revenu. Aujourd'hui, après une période minimale de cotisation, il peut bénéficier d'une pension de retraite, mais aussi d'un accompagnement en cas d'incapacité temporaire de travail ou de maternité », a-t-il expliqué.
Le ministre a également insisté sur la souplesse du système de paiement, qui permet des cotisations progressives, comparables au fonctionnement des tontines.
« Dans la vie, il faut préparer son avenir. Après plusieurs années de travail, chacun doit pouvoir vivre dignement, profiter de ses petits-enfants et des fruits de ses efforts », a-t-il déclaré.
Il a exhorté les commerçants à devenir des relais de sensibilisation autour d'eux afin d'encourager les inscriptions à la CMU et au RSTI ainsi que le paiement régulier des cotisations.
Prenant la parole au nom des commerçantes du grand marché, Anoh Marie-Laure a souhaité la bienvenue à la délégation ministérielle.
Elle a exprimé la reconnaissance des commerçants envers le Président de la République et les membres du gouvernement pour leur déplacement à Abengourou.
« Nous avons entendu parler du Régime Social des Travailleurs Indépendants et trouvé cette initiative très intéressante. Toutefois, nous souhaitons mieux comprendre son fonctionnement afin de savoir concrètement comment en bénéficier », a-t-elle déclaré, sollicitant des explications complémentaires du ministre.
Face aux transporteurs, chauffeurs, apprentis et balanceurs, Adama Kamara a adopté un ton plus direct afin de susciter une prise de conscience.
Comparant la cotisation sociale au carburant indispensable au fonctionnement d'un véhicule, il a expliqué que la santé et la retraite nécessitent également des contributions régulières.
« Pour que votre santé fonctionne, il faut payer vos cotisations. Celui qui est enrôlé doit cotiser chaque mois. Celui qui ne l'est pas encore doit s'inscrire », a-t-il lancé.
Le ministre a insisté sur l'allongement de l'espérance de vie et la nécessité de préparer financièrement la vieillesse.
« Aujourd'hui, vous avez de la force. Mais à 60 ans, ce ne sera plus la même chose. Grâce au RSTI, vous pouvez obtenir une pension après seulement dix années de cotisation, alors que les fonctionnaires cotisent beaucoup plus longtemps », a-t-il expliqué.
Il a également rappelé qu'en cas d'accident entraînant une incapacité temporaire de travail, les affiliés peuvent percevoir une indemnité équivalente à 50 % du revenu déclaré.
Dans un langage imagé, le ministre a invité les transporteurs à privilégier leurs cotisations sociales plutôt que certaines dépenses de loisirs.
Selon lui, chacun doit investir dans sa propre sécurité sociale afin d'éviter de devenir une charge pour ses proches ou pour la collectivité au moment de la retraite.
Il a également averti que l'absence de cotisations pèserait, à terme, sur les finances publiques et pourrait conduire à une hausse de la pression fiscale.
« Cotiser, c'est investir pour soi-même, pour sa famille et pour le développement de la Côte d'Ivoire », a-t-il conclu.
Au nom des transporteurs, leur président a reconnu que le faible niveau d'adhésion relevait davantage de la négligence que d'une incapacité financière.
« Le ministre a raison. Mille francs par mois sont à la portée d'un chauffeur ou d'un apprenti. À commencer par moi-même, je reconnais avoir été négligent », a-t-il déclaré.
Il a annoncé son engagement personnel ainsi que celui de l'ensemble des transporteurs, chauffeurs et apprentis à se faire enrôler à la CMU, à payer régulièrement leurs cotisations et à adhérer au Régime Social des Travailleurs Indépendants.
Pour lui, ces dispositifs constituent une avancée majeure pour améliorer durablement les conditions de vie des travailleurs du secteur informel.
À travers cette étape d'Abengourou, le gouvernement entend renforcer la sensibilisation des travailleurs indépendants afin de faire progresser l'adhésion à la CMU et au RSTI. Un enjeu majeur pour étendre la protection sociale à l'ensemble des acteurs économiques, longtemps exclus des mécanismes classiques de couverture maladie et de retraite.
Wassimagnon
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